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Mycose : causes, signes et traitements

Ce qu'il faut retenir
Les mycoses sont des infections fongiques courantes. Elles surviennent lorsque les champignons se multiplient de façon excessive. Elles provoquent des signes variés selon la région atteinte.
Mycose : causes, signes et traitements
Mis à jour le 10/07/2026 - Temps de lecture 8 min

Les mycoses font partie des infections superficielles les plus courantes dans le monde. Elles concernent surtout l’épiderme et ses annexes comme les ongles. Leur apparition dépend de nombreux éléments liés à l’hôte et à l’environnement.

Cet article permet de comprendre les différents types de mycoses, leurs causes, leurs manifestations, ainsi que leur prise en charge.

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Qu'est-ce qu'une mycose ?

Une mycose est une infection provoquée par un champignon microscopique. Lorsqu'elle touche la peau, les ongles ou les muqueuses, on parle d'infection fongique superficielle.

Les principaux agents responsables sont les dermatophytes. D’autres micro-organismes, comme les levures des genres Candida et Malassezia, colonisent également fréquemment l’organisme. Ils peuvent parfois être impliqués dans ces maladies [1].

Quels sont les différents types de mycoses ?

Ces maladies peuvent toucher différentes parties du corps. Elles donnent ainsi lieu à des tableaux cliniques variés selon la région atteinte.

Les mycoses cutanées

Les mycoses cutanées comptent parmi les infections fongiques les plus courantes. Elles sont principalement causées par des dermatophytes, des champignons capables d'utiliser la kératine présente dans l’épiderme comme source de nutriments.

Il en existe différentes formes, notamment :

  • La mycose du pied , aussi appelé pied de l’athlète ;
  • La mycose des plis ;
  • La mycose du cuir chevelu.

Chaque forme correspond à une atteinte spécifique des tissus kératinisés [2].

Les mycoses des ongles

La mycose de l’ongle (ou onychomycose) fait partie des problèmes d’ongles les plus courants et correspond à une atteinte progressive de leur structure.

Elle est le plus souvent causée par des dermatophytes, mais peut aussi être liée à d’autres micro-organismes comme certaines levures ou moisissures. Elle peut toucher différentes parties de l’ongle, notamment la plaque, son lit ou sa matrice [3].

Mycose des ongles

La mycose des muqueuses

Cette pathologie peut également toucher les muqueuses, c'est-à-dire les tissus qui tapissent naturellement certaines cavités de l'organisme. Elles sont le plus souvent causées par des levures du genre Candida.

Selon leur localisation, elles peuvent prendre différentes formes :

  • La mycose vaginale : elle touche la vulve et le vagin.
  • La mycose buccale : aussi appelée muguet (voire mycose de la langue), elle se développe dans la bouche et peut parfois s'étendre à la gorge.

Ces maladies sont généralement bénignes, mais elles peuvent devenir plus récurrentes ou plus sévères lorsque les défenses immunitaires sont affaiblies. Elles nécessitent une prise en charge adaptée afin d'éviter les récidives.

Quelles sont les causes des mycoses ?

Les mycoses apparaissent lorsque des champignons naturellement présents sur l’épiderme ou dans l’organisme prolifèrent de manière excessive. Ce déséquilibre peut être favorisé par différents éléments internes ou externes qui perturbent les défenses naturelles ou l’environnement cutané.

Voici les principaux facteurs pouvant expliquer ce déséquilibre :

  • La consommation d’antibiotiques : en perturbant le microbiote, ces traitements réduisent les bactéries protectrices et favorisent la multiplication des levures.
  • Les variations hormonales : notamment pendant la grossesse, le cycle menstruel ou l’utilisation d’une contraception hormonale.
  • Un système immunitaire affaibli ou immature : augmente la vulnérabilité aux infections.
  • Le stress chronique : stimule des mécanismes hormonaux et nerveux qui, à long terme, peuvent altérer la réponse immunitaire et diminuer les défenses de l’organisme.
  • L’humidité et la macération : constituent un terrain favorable, en particulier en cas de chaleur, de transpiration excessive, de vêtement serré ou de chaussures occlusives [2].
  • Les agents nettoyants : peuvent altérer la barrière cutanée en modifiant la couche superficielle de la peau lors du lavage, ce qui peut fragiliser sa fonction protectrice [1, 2, 4, 5].

Le lien entre alimentation et candidose est encore discuté. Certaines hypothèses évoquent un rôle du sucre, mais les preuves scientifiques restent limitées [4].

Quels sont les symptômes d’une mycose ?

Les signes d’une mycose varient en fonction de la région touchée, du micro-organisme responsable et de la réaction de l’organisme. Ils peuvent être discrets au début ou, au contraire, plus marqués selon la localisation et l’évolution de la maladie [1, 4].

Localisation de la mycose 

Signes les plus fréquents

Pied 

Démangeaison, desquamation et fissures entre les orteils. Parfois, épaississement de la peau sur les bords ou la plante du pied, avec rougeurs associées [6].

Plis

Lésions rouges bien délimitées, souvent prurigineuses, localisées dans des plis cutanés, notamment les cuisses et les plis inguinaux. Le scrotum est généralement épargné [7].

Cuir chevelu

Plaques avec chute de cheveux, squames, rougeurs ou pustules. Peut s’accompagner de douleurs, démangeaison et inflammation locale [7].

Ongles

Altération de la couleur de l’ongle (blanc, jaune, brun, parfois verdâtre ou noir), épaississement, décollement (onycholyse) et hyperkératose. Des bandes ou atteintes spécifiques peuvent apparaître, souvent sur les ongles des pieds [3].

Vagin

Démangeaison intense, rougeurs et brûlures, pertes blanches épaisses, douleurs à la miction et gêne lors des rapports sexuels [4].

Bouche 

Plaques blanchâtres dans la bouche, sensibilité ou sensation de brûlure, gêne à la déglutition, altération du goût ou fissure aux commissures des lèvres [4].

Comment diagnostiquer une mycose ?

Le diagnostic de cette maladie repose sur une démarche en plusieurs étapes, combinant l’examen clinique et, si nécessaire, des analyses en laboratoire. L’objectif est de confirmer l’origine fongique et d’écarter d’autres maladies pouvant présenter des signes similaires.

Le médecin commence par observer les lésions et interroger le patient sur ses manifestations (démangeaison, brûlures, douleurs, modification de l’état cutané). Cette première étape oriente le diagnostic.

Lorsque le tableau clinique n’est pas suffisant ou en cas de récidives, un prélèvement peut être réalisé selon la localisation. L’échantillon est ensuite analysé en laboratoire pour identifier la présence et le type de champignon.

L’examen microscopique direct permet de visualiser les éléments fongiques, tandis que la culture permet d’identifier précisément l’espèce responsable. Dans certaines situations, des techniques complémentaires peuvent être utilisées pour affiner le diagnostic, notamment en cas de formes atypiques ou persistantes.

Cette confirmation est particulièrement importante dans les dermatophytoses et l’onychomycose, car les signes cliniques seuls peuvent prêter à confusion. Elle permet d’adapter la prise en charge et d’éviter les erreurs de traitement [1, 2, 3].

Le diagnostic différentiel

Le diagnostic différentiel consiste à distinguer une mycose d’autres maladies pouvant donner des signes similaires. Certaines affections comme l’eczéma ou le psoriasis peuvent provoquer des rougeurs, des démangeaisons ou des atteintes cutanées proches de celles d’une infection fongique.

D’autres maladies comme le lichen vulvaire peuvent aussi être confondues avec une mycose. Il s’agit pourtant d’une maladie inflammatoire, sans lien avec un champignon, nécessitant une prise en charge différente. Cette étape est essentielle pour éviter les erreurs de diagnostic et adapter correctement le traitement.

Comment traiter les mycoses ?

Le traitement dépend principalement de la région touchée et du type de micro-organisme impliqué. Toutes les espèces fongiques ne réagissent pas de la même manière aux traitements antifongiques, certaines pouvant présenter une sensibilité réduite à certains traitements [1].

Voici les principales méthodes utilisées selon le type de mycose :

  • La mycose vaginale : est généralement traitée par des antifongiques, administrés localement ou, dans certains cas, par voie orale.
  • La mycose buccale : est le plus souvent guérie par des traitements antifongiques locaux. Un médicament par voie orale peut être envisagé dans certaines situations.
  • L’onychomycose : le traitement est plus long et plus complexe, en raison de la localisation et de la fréquence des récidives. Il peut associer des traitements locaux, des médicaments par voie orale et, dans certains cas, des techniques complémentaires. Les formes étendues nécessitent souvent une approche plus globale, parfois combinée.
  • Les mycoses cutanées : peuvent être traitées par des antifongiques locaux. En revanche, les formes étendues, chroniques ou récidivantes nécessitent un traitement par voie générale [2, 3, 4].
Dans tous les cas, il est nécessaire de consulter un médecin, car lui seul pourra établir un diagnostic précis et prescrire le traitement adapté à votre situation.

Comment prévenir les mycoses ?

Certaines mesures simples permettent de réduire le risque de mycoses et de limiter les récidives. En premier lieu, une utilisation raisonnée des antibiotiques est essentielle. Concrètement, ils doivent être consommés uniquement lorsqu’ils sont nécessaires et prescrits par un professionnel qualifié.

Le maintien d’une bonne hygiène, en particulier dans les zones humides du corps, contribue également à limiter le développement des champignons. Il est notamment important de bien sécher la peau après la douche ou le sport, surtout dans les plis, afin de limiter la macération.

Une bonne hygiène bucco-dentaire aide aussi à prévenir les candidoses buccales. Le nettoyage des prothèses dentaires est également important afin de réduire le risque de multiplication des micro-organismes.

Pour prévenir les mycoses vaginales, il est recommandé de porter des sous-vêtements en coton, d’éviter les vêtements trop serrés et de changer rapidement les vêtements humides après une activité physique. De manière générale, privilégier des vêtements amples et respirants permet de limiter l’humidité et la multiplication des champignons.

Enfin, pour la toilette quotidienne, il est préférable d’utiliser des soins doux, au pH adapté, afin de ne pas fragiliser la barrière cutanée et de préserver l’équilibre naturel de l’épiderme [4].

Les mycoses en résumé

Les mycoses sont des maladies courantes, le plus souvent bénignes, mais parfois inconfortables et récidivantes. Elles apparaissent lorsque l’équilibre naturel est perturbé, favorisant la multiplication de champignons déjà présents dans l’organisme ou l’environnement.

Leur prise en charge repose sur un diagnostic précis et un traitement adapté à la localisation et au type d’infection. Les mesures d’hygiène et de prévention jouent également un rôle clé pour limiter leur apparition et éviter les récidives.

Adopter des gestes simples au quotidien permet de réduire les éléments favorisants : limiter la macération en séchant soigneusement la peau, notamment dans les plis, porter des vêtements amples et respirants, et utiliser des soins doux au pH adapté pour préserver la barrière cutanée. Une attention particulière à l’hygiène bucco-dentaire, à la santé générale et à l’usage raisonné des antibiotiques contribue également à réduire les risques.

En cas de signes persistants, inhabituels ou récidivants, il est important de consulter un professionnel qualifié afin d’obtenir un diagnostic fiable et une prise en charge adaptée.

Les informations mentionnées dans cet article sont fournies à titre indicatif uniquement et ne peuvent se substituer à l'avis d'un professionnel qualifié.

FAQ sur la mycose

Une mycose est une infection causée par des champignons microscopiques. Elle peut toucher différentes parties du corps. 

Les mycoses apparaissent lorsque l’équilibre naturel est perturbé. Cela peut être lié à la consommation d’antibiotiques, aux changements hormonaux, à un affaiblissement immunitaire, à l’humidité ou encore à certains éléments environnementaux.

Les manifestations varient selon la région touchée : démangeaison, rougeurs, brûlures, desquamation de l’épiderme, pertes inhabituelles ou modifications des ongles peuvent être observés.

Références :
[5]

Alotiby, A. Immunology of Stress: A Review Article. J Clin Med 13, 6394 (2024).

[6]

Nigam, P. K., Syed, H. A. & Saleh, D. Tinea Pedis. in StatPearls (StatPearls Publishing, Treasure Island (FL), 2026).

[7]

Caplan, A. S., Gold, J. A. W., Smith, D. J. & Ely, J. W. Diagnosis and Management of Tinea Infections. Am Fam Physician 90, 702–710 (2014).

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