L’infection urinaire chez l’homme est moins fréquente que chez la femme. Toutefois, elle ne doit pas être sous-estimée. Quand les signes apparaissent, ils peuvent rapidement perturber le quotidien et nécessiter une prise en charge médicale.
Cet article fait le point sur les causes, les signes à connaître et les bons réflexes à adopter.
Qu’est-ce que l’infection urinaire ?
Une infection urinaire est l'invasion et la multiplication de bactéries dans votre appareil urinaire, qu'il s'agisse de la vessie, de l'urètre ou des reins. Ces infections touchent 150 millions de personnes chaque année dans le monde [1].
Cliniquement, on distingue deux grandes formes :
- Les infections non compliquées, qui atteignent les hommes en bonne santé, sans anomalie anatomique ni trouble neurologique. On parle alors de cystites (liées à une infection de la vessie) ou de pyélonéphrites (liée à une infection des reins).
- Les infections compliquées, qui surviennent lorsqu'un facteur compromet les défenses naturelles de l'hôte : obstruction urinaire, immunosuppression, cathéter, calcul rénal [1].
Cette distinction de type est importante, car elle influence à la fois le risque de complication, les examens cliniques nécessaires et le traitement proposé.
Quelles sont les causes d’une infection urinaire chez l’homme ?
Les infections urinaires masculines peuvent avoir des origines variées selon l'âge, le terrain et la partie de l'appareil urinaire touchée (cystite, pyélonéphrite…). Dans la grande majorité des cas, elles sont d'origine bactérienne. Certains facteurs de risque viennent fragiliser les voies urinaires et favoriser la prolifération des germes.
Le rôle central d'Escherichia coli
Dans la grande majorité des cas, c'est la bactérie Escherichia coli (E. coli) qui cause l'infection. Cette bactérie vit normalement dans l'intestin, sans poser de problèmes. Parfois, elle passe dans l'urètre et remonte jusqu'à la vessie. Là, elle se multiplie et crée l'infection [1].
Voici ce qui se passe à l'intérieur de votre corps :
- La bactérie s'accroche à la paroi de la vessie. Elle ne peut pas être évacuée simplement en urinant.
- Elle pénètre dans les cellules de la vessie et forme des « colonies protégées » à l'intérieur même de vos cellules.
- Elle peut se mettre en « veilleuse » : la bactérie se cache profondément dans la paroi vésicale et reste inactive pendant des semaines ou des mois. Ensuite, elle se réveille et provoque une nouvelle infection.
C'est pour cela que les infections urinaires peuvent récidiver, même après un traitement antibiotique [1].
Les autres bactéries en cause
Si E. coli domine largement, les infections urinaires peuvent également être provoquées par une grande variété d'autres bactéries et micro-organismes. Cette diversité explique en partie pourquoi l'identification précise du germe responsable est importante pour choisir le traitement le plus adapté au type de bactérie.
Parmi les agents les plus souvent retrouvés figurent notamment Klebsiella pneumoniae, Staphylococcus saprophyticus, Enterococcus faecalis et Proteus mirabilis. Les formes compliquées sont quant à elles plus fréquemment associées à des germes comme Enterococcus spp., Candida spp.ou Pseudomonas aeruginosa[1].
Le rôle de la prostate avec l’âge
Avec l’avancée en âge, certains problèmes prostatiques peuvent favoriser la survenue d’infections urinaires. Une étude menée chez des hommes atteints d’hypertrophie bénigne de la prostate ou d’un cancer de la prostate indique que plusieurs facteurs étaient associés à un risque accru d’infection urinaire :
- L’âge ;
- L’augmentation du volume de la prostate ;
- L’intensité des symptômes urinaires ;
- Une vidange incomplète de la vessie [2].
Cette association s'explique en partie par le fait qu'une prostate volumineuse peut gêner l'écoulement normal des urines. L'urine résiduelle qui demeure dans la vessie après la miction crée alors un environnement plus favorable à la prolifération bactérienne [2]
Les autres facteurs de risque reconnus
Au-delà des bactéries impliquées, certains facteurs peuvent favoriser l'apparition d'une infection urinaire chez les hommes :
- Le diabète ;
- L'obésité ;
- Un antécédent d'infection urinaire ;
- L’activité sexuelle ;
- Une prédisposition génétique pour les formes non compliquées.
Par ailleurs, les infections urinaires compliquées ont plus de risque de survenir en présence d'une anomalie ou d'une maladie affectant le fonctionnement normal des voies urinaires. Parmi les principaux facteurs de risque figurent l'obstruction urinaire, la rétention d'urine liée à un trouble neurologique, l'immunodépression, l'insuffisance rénale [1].
Les chercheurs ont également observé un risque plus élevé chez les hommes qui devaient porter une sonde urinaire, en particulier lorsque celle-ci restait en place pendant une longue période [2].
Zoom sur les hommes jeunes
Chez les hommes, particulièrement les jeunes, des brûlures urinaires ne sont pas toujours le signe d'une infection urinaire classique. Elles peuvent aussi être causées par une urétrite, une inflammation de l'urètre généralement liée à une infection sexuellement transmissible.
Cette affection est principalement provoquée par Chlamydia trachomatis ou Neisseria gonorrhoeaeet se manifeste souvent par des douleurs à la miction, parfois accompagnée d'un écoulement urétral [3].
Quels sont les symptômes chez l'homme ?
Les symptômes d'une infection urinaire varient selon la partie de l'appareil urinaire touchée. Lorsqu'elle concerne la vessie (cystite), les signes les plus fréquents sont :
- Des brûlures ou douleurs lors de la miction ;
- Une envie fréquente et urgente d'uriner (pollakiurie) ;
- Une douleur ou gêne dans le bas ventre ;
- La présence possible de sang dans les urines (hématurie).
Certaines études observationnelles rapportent également des urines mousseuses, troubles ou encore des urines foncées. Elles peuvent aussi présenter une odeur inhabituelle. Toutefois, ces caractéristiques sont considérées comme peu spécifiques et ne constituent pas un critère diagnostique fiable à elles seules [1, 4].
Lorsque l'infection atteint les reins (pyélonéphrite), des symptômes plus généraux peuvent apparaître, notamment de la fièvre, des douleurs au niveau des flancs, des nausées ou des vomissements [1].
Infection urinaire chez l’homme : que faire ?
La prise en charge d’une infection urinaire masculine repose impérativement sur une consultation médicale et un traitement adapté.
1. La consultation médicale immédiate et l’ECBU
En cas de signes évocateurs d’une infection urinaire chez l’homme, il est essentiel de consulter rapidement. Ce type d’infection doit être pris au sérieux dès les premiers symptômes, car il nécessite un diagnostic clinique précis afin de mettre en place un traitement adapté. Cela permet aussi de prévenir le risque de complication [1].
Le médecin commence généralement par confirmer l’infection urinaire, puis par identifier la bactérie responsable. Le diagnostic repose sur une bandelette urinaire. Il est systématiquement complété par un Examen Cytobactériologique des Urines (ECBU), qui permet de confirmer l’infection, de préciser le germe en cause et d’identifier les médicaments les plus adaptés. Le dosage du PSA (Antigène Spécifique de la Prostate) n’est pas utile pour poser ce diagnostic clinique [5].
2. Le traitement de l’infection urinaire chez l’homme
Le traitement de l’infection urinaire chez les hommes repose sur une antibiothérapie adaptée à la bactérie en cause. Les familles d’antibiotiques classiquement utilisées sont les fluoroquinolones. Toutefois, le choix du traitement doit toujours être guidé par l’antibiogramme afin d’optimiser l’efficacité et de limiter les échecs thérapeutiques [1].
La résistance aux bactéries complique de plus en plus la prise en charge des infections urinaires, ce qui rend essentiel les médicaments ciblés et adaptés au germe identifié par l’ECBU. Dans certains cas, la bactérie peut persister à l’intérieur des cellules de la vessie ou rester en sommeil dans la paroi urinaire, ce qui favorise les récidives et rend l’infection plus difficile à éliminer complètement [1].
En l’absence de fièvre, certaines recommandations proposent des durées plus courtes ou des alternatives sans fluoroquinolone, comme le triméthoprime, la nitrofurantoïne ou le pivmécillinam [5].
Comment prévenir les infections urinaires chez l'homme ?
La prévention des infections urinaires chez l’homme peut reposer sur l’identification et la prise en charge des facteurs favorisants. En effet, lorsqu’une infection urinaire chez l’homme est récidivante, il est parfois utile de rechercher une cause sous-jacente afin d’adapter le traitement médical et de réduire le risque de nouvelles infections urinaires.
En complément, des mesures hygiéno-comportementales simples peuvent contribuer à limiter la survenue d’une infection urinaire. Il est par exemple recommandé d’uriner régulièrement sans retenir ses urines et de favoriser une vidange complète de la vessie. Chez les personnes sexuellement actives, le fait d’uriner après un rapport sexuel peut également participer à la réduction de la persistance bactérienne dans les voies urinaires.
Par ailleurs, boire davantage d’eau (environ 2 à 3 litres par jour) augmente la production d’urine. Cela aide à “rincer” les voies urinaires, à diluer les bactéries présentes et peut ainsi réduire le risque d’infection urinaire [6].
L'infection urinaire chez l'homme en résumé
L’infection urinaire reste moins fréquente que chez la femme. Elle peut notamment être liée à une bactérie comme E. coli, à une urétrite d’origine sexuelle ou à un trouble urinaire favorisant la stagnation de l’urine.
Les signes évocateurs chez les populations masculines sont surtout les brûlures en urinant, les envies fréquentes d’uriner, les douleurs pelviennes et, dans les formes plus marquées, la fièvre ou les frissons.
Face à ces symptômes, la consultation médicale est indispensable. Le diagnostic repose sur un examen des urines (ECBU). Le traitement consiste le plus souvent en la prise de médicaments (antibiothérapie adaptée).
La prévention consiste surtout à limiter les facteurs favorisant les récidives, à boire suffisamment et à ne pas se retenir d’uriner. Il est également important de prendre au sérieux les troubles urinaires persistants et de consulter rapidement en cas de nouvel épisode.
Les informations mentionnées dans cet article sont fournies à titre indicatif uniquement et ne peuvent se substituer à l'avis d'un professionnel de santé.
FAQ sur l'infection urinaire chez l'homme
Les signes les plus courants sont les brûlures en urinant, l’envie d’uriner souvent et les douleurs urinaires. En cas de fièvre ou de frisson, consultez rapidement, car ils peuvent signaler une forme plus sévère.
L’examen clé est l’ECBU, c’est-à-dire l’examen cytobactériologique des urines. Il permet d’identifier la bactérie responsable et de choisir l’antibiotique le plus adapté.
Une consultation rapide permet de confirmer le diagnostic, de rechercher une cause associée et d’adapter le traitement dès le début.
L’examen clé est l’ECBU, c’est-à-dire l’examen cytobactériologique des urines. L’ECBU sert à identifier la bactérie responsable et à choisir l’antibiotique le plus adapté.
Le traitement des infections urinaires masculines repose le plus souvent sur des antibiotiques adaptés aux résultats de l'ECBU. La durée de traitement peut être plus longue si l'infection se situe au niveau rénal.
Soudais, B., Ribeaucoup, F. & Schuers, M. Guidelines for the management of male urinary tract infections in primary care: a lack of international consensus—a systematic review of the literature. Family Practice 40, 152–175 (2023).
Gill, R., Leslie, S. W. & Minter, D. A. Acute Cystitis. in StatPearls (StatPearls Publishing, Treasure Island (FL), 2026).