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Glycosurie : comprendre la présence de sucre dans les urines

Ce qu'il faut retenir
La glycosurie désigne la présence de sucre, notamment le glucose, dans les urines. Elle peut avoir différentes causes : diabète (dont gestationnel), mauvais fonctionnement du rein...
Glycosurie : comprendre la présence de sucre dans les urines
Mis à jour le 20/04/2026 - Temps de lecture 10 min

Lors d’un bilan de routine, il arrive qu’un examen révèle la présence de sucres dans vos urines, un phénomène appelé glycosurie. Si le glucose est un des carburants principaux de notre organisme, il n'est normalement pas censé se retrouver dans les urines. Cette situation n’est pas toujours synonyme de pathologie. Elle peut être passagère ou révéler un trouble métabolique plus global, comme un diabète, nécessitant des analyses complémentaires telles qu'une prise de sang.

Dans cet article, découvrez les différentes causes de la glycosurie, les moyens de la diagnostiquer ainsi que des conseils pour réguler votre glycémie.

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Qu'est-ce que la glycosurie ?

La glycosurie correspond à la présence de glucose, et parfois d’autres sucres comme le galactose ou le lactose, dans vos urines.

En temps normal, les urines ne contiennent quasiment aucune trace de sucre. Chez les personnes en bonne santé, on considère qu'un taux est normal lorsqu'il reste inférieur à 0,25 mg/ml, un seuil souvent indétectable lors d'un test d’urine classique. On parle alors de glycosurie physiologique, un phénomène qui peut survenir de manière très brève, par exemple après un repas particulièrement riche en glucides [1].

Pour comprendre pourquoi le sucre peut se retrouver dans vos urines, il faut regarder du côté de vos reins : ils agissent comme un filtre permanent pour votre sang. Normalement, le glucose est filtré puis intégralement réabsorbé par de minuscules canaux dans les reins pour être renvoyé dans la circulation sanguine.

Cependant, si ces canaux sont débordés (par un taux de sucre dans le sang trop élevé) ou ne fonctionnent pas correctement, le surplus de sucre est évacué par les voies urinaires, et crée la glycosurie [1].

Comment mesurer la glycosurie ?

La glycosurie se détecte facilement grâce :

  • à une bandelette urinaire : un test rapide qui indique si du glucose est présent dans vos urines.
  • à l’analyse des 24 heures en laboratoire : elle consiste à recueillir toutes vos urines sur une journée complète pour obtenir une mesure plus précise [2].
Glycosurie et test par bandelette urinaire

Pour bien comprendre vos résultats, vous devez savoir que chez une personne en bonne santé, non diabétique, le système rénal filtre environ 180 g de glucose par jour. Et comme expliqué au dessus, pour éviter que ce sucre ne soit perdu dans les urines, vos reins travaillent à le renvoyer intégralement dans le sang.

Toutefois, vos reins possèdent une capacité maximale de réabsorption, appelée le seuil rénal, qui se situe autour de 1,80 g/L :

  • Tant que votre glycémie reste en dessous de ce seuil, vos urines ne contiennent presque pas de glucose.
  • En revanche, si le seuil est dépassé, une partie du glucose n’est plus réabsorbée et apparaît dans les urines [1].

Quelles sont les causes de la glycosurie ?

La glycosurie peut survenir pour deux principales raisons : soit le taux de sucre dans le sang est trop élevé, soit vos tubules rénaux ne parviennent pas à réabsorber correctement le glucose. Parfois, ces deux facteurs se combinent [1].

Vous devez savoir qu’autant les femmes que les hommes peuvent être touchés.

La glycosurie liée à une hyperglycémie

L’hyperglycémie est l’une des causes courantes de la glycosurie. Elle est notamment le signe d’une maladie bien connue : le diabète :

  • Dans le diabète de type 1, les cellules qui produisent l’insuline sont détruites. L’organisme ne fabrique plus assez d’insuline pour réguler le sucre dans le sang, ce qui provoque une accumulation [3].

  • Dans le diabète de type 2, les cellules deviennent progressivement résistantes à l’insuline, et la production d’insuline n’est pas suffisante pour compenser. Cela entraîne une hyperglycémie chronique [4].

Dans les deux cas, le glucose dépasse la capacité des reins à le réabsorber, et une partie passe dans les urines, provoquant la glycosurie.

À long terme, cet excès de sucre peut aussi entraîner des complications, en endommageant les structures de filtration des reins et en réduisant leur efficacité [1].

Zoom sur le diabète gestationnel chez la femme enceinte

Pendant la grossesse, le seuil rénal du glucose diminue [1]. En parallèle, la sensibilité à l’insuline baisse. Le pancréas doit alors produire davantage d’insuline pour maintenir une glycémie normale.

Si le pancréas ne parvient pas à produire suffisamment d’insuline pour compenser, une hyperglycémie apparaît. On parle alors de diabète gestationnel [5].

Le diabète gestationnel chez la femme enceinte apparaît généralement à la fin du deuxième trimestre et disparaît le plus souvent à la fin de la grossesse, au cours du troisième trimestre [4].

La glycosurie rénale

Plus rare, la glycosurie rénale survient alors que la glycémie reste normale. Dans ce cas précis, ce n'est pas le taux de sucre qui est en cause, mais le fonctionnement même du filtre rénal.

Le problème se situe au niveau des tubules, de petits canaux chargés de récupérer le glucose filtré. Concrètement, cette zone ne parvient pas à réabsorber correctement le sucre, qui finit alors par être éliminé dans les urines au lieu de retourner dans le sang [2].

Ce trouble de réabsorption peut avoir plusieurs origines. Il peut s’agir :

  • d’une anomalie héréditaire, comme la glycosurie rénale familiale ;
  • d’une atteinte plus globale, comme le syndrome de Fanconi [1] ;
  • d’une atteinte aiguë des tubules rénaux
  • de la prise de certains médicaments
  • de la présence de paraprotéines, des protéines anormales dans le sang [1, 2].

Quels sont les symptômes associés ?

La glycosurie ne provoque pas directement de symptômes. Elle reflète le plus souvent un trouble sous-jacent, comme une hyperglycémie ou une atteinte des reins.

En cas de déséquilibre glycémique, notamment dans le diabète, plusieurs symptômes peuvent apparaître :

Soif intense et glycosurie

Ces symptômes sont liés à l’excès de sucre dans le sang, et non à la glycosurie elle-même.

Lorsque la glycosurie est liée à un trouble rénal isolé, elle est généralement sans signe particulier. En revanche, si elle s’inscrit dans une atteinte plus globale de ces organes, comme dans le syndrome de Fanconi, d’autres symptômes peuvent apparaître. Ils sont liés à la perte de substances essentielles comme le sodium ou le potassium, et peuvent inclure une polyurie ou une ostéoporose [2].

La présence de sucre dans les urines peut favoriser la multiplication de certaines bactéries. Des données scientifiques indiquent qu’elle stimule la croissance d’Escherichia coli, une bactérie capable de provoquer des infections des voies urinaires [6]. Une revue scientifique synthétisant les résultats de plusieurs études a également révélé que la glycosurie augmente le risque d’infections urinaires chez les personnes diabétiques [7].

Comment établir un diagnostic clair ?

Le point de départ consiste toujours à utiliser une bandelette urinaire pour détecter la présence de glucose dans les urines. C’est l’examen de référence.

Dès que la glycosurie est identifiée, le médecin (généraliste, gynécologue…) réalise un dosage de la glycémie à jeun afin d’orienter le diagnostic :

  • Si le taux de glycémie présente une augmentation anormale : la glycosurie est probablement liée à une hyperglycémie, souvent en lien avec un diabète. Dans ce cas, le diagnostic de diabète est confirmé par la mesure de la glycémie à jeun, ainsi que par l’hémoglobine glyquée [1].

  • Si le taux de glycémie ne présente pas d’augmentation anormale : la glycosurie rénale est suspectée. Des examens complémentaires peuvent être nécessaires pour affiner le diagnostic [1].

Ainsi, le diagnostic repose d’abord sur la détection de la glycosurie, puis sur la distinction entre cause hyperglycémique ou rénale. Si nécessaire, des examens tubulaires complémentaires peuvent être prescrits par votre médecin.

L'interprétation de ces résultats appartient exclusivement à un professionnel de santé ; il est donc primordial de consulter votre médecin pour obtenir un diagnostic précis et un suivi adapté à votre situation.

Comment réguler sa glycémie ?

En cas de glycosurie liée à un excès de sucre sanguin, comme dans le prédiabète ou le diabète de type 2, le mode de vie constitue un des principaux leviers pour la maîtriser.

Hygiène de vie

Adopter une hygiène de vie adaptée est essentiel pour mieux réguler la glycémie. En premier lieu, l'alimentation est un pilier indispensable. Une consommation excessive de glucides peut entraîner une élévation du taux de sucre dans le sang et favoriser l’apparition d’une glycosurie dite alimentaire [1].

À l’inverse, privilégiez les aliments riches en fibres (légumes, céréales complètes) et à index glycémique plus bas. Ils sont associés à une meilleure régulation de la glycémie et à un risque réduit de diabète de type 2 [8].

Certains nutriments peuvent également soutenir cet équilibre, notamment :

  • Le fenugrec, qui participe au métabolisme des graisses et contribue au maintien d’une glycémie normale.
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  • Le chrome, qui contribue au maintien d'une glycémie normale.

L’activité physique est un autre levier majeur. Pendant l’effort, les muscles utilisent davantage de glucose, ce qui réduit la glycémie. Elle améliore aussi la sensibilité à l’insuline après l’exercice [9].

Par conséquent, la gestion du poids, par le biais d’une alimentation équilibrée et d’une activité physique régulière, fait partie des facteurs clés. Elle aide à mieux contrôler la glycémie et à prévenir le risque de diabète de type 2 [4].

En cas de stress chronique, la sécrétion anormale et répétée de cortisol perturbe durablement l'organisme : elle stimule la production de glucose par le foie tout en freinant son utilisation par les cellules. Cette exposition prolongée entraîne une élévation persistante de la glycémie, augmentant ainsi le risque métabolique [10].

Qu’en est-il de l’hydratation ?

Boire suffisamment d’eau ne permet pas de traiter directement la glycosurie. En revanche, une bonne hydratation reste essentielle pour le bon fonctionnement des reins.

En augmentant le volume des urines, elle favorise leur dilution. Cela facilite l’élimination des substances présentes dans les urines, comme les déchets et l’excès de minéraux, et aide les reins à mieux fonctionner [11].

Les traitements médicaux

Si l’hygiène de vie ne suffit pas, ou en présence d’une maladie, un traitement médical peut être nécessaire. Celui-ci doit impérativement être instauré après avis médical, seul un professionnel de santé pouvant établir une prescription adaptée à votre situation.

Il n’existe pas de traitement universel de la glycosurie : la prise en charge consiste avant tout à traiter la cause sous-jacente, le plus souvent un diabète.

Dans le diabète de type 1, le traitement repose sur des injections d’insuline, à action rapide ou lente selon les besoins, afin de compenser le manque de production d’insuline [3].

Dans le diabète de type 2, différents médicaments peuvent être prescrits pour améliorer la régulation de la glycémie. Ils peuvent être utilisés seuls ou en association. Si cela ne suffit pas, un traitement par insuline peut être envisagé, parfois en complément des médicaments [4].

La glycosurie en bref

La présence de sucre dans les urines, ou glycosurie, peut survenir dans différentes situations. De petites quantités sont parfois normales, par exemple après un repas riche en glucides. En revanche, lorsque le taux de glucose dans les urines dépasse environ 0.25 mg/L, cela traduit généralement une maladie sous-jacente.

La glycosurie peut résulter d’une hyperglycémie, souvent liée au diabète (y compris le diabète gestationnel chez la femme enceinte). Ce trouble se manifeste le plus souvent par une envie fréquente d’uriner, une soif intense et une fatigue inhabituelle.

Elle peut aussi être causée par un défaut de réabsorption du glucose par les reins, comme dans la glycosurie rénale. Dans tous les cas, elle constitue un signal d’alerte qui justifie un diagnostic précis et une surveillance médicale.

Alimentation équilibrée, activité physique régulière, hydratation et gestion du stress sont autant de facteurs clés qui influencent la régulation de la glycémie et la santé des organes.

Les informations mentionnées dans cet article sont fournies à titre indicatif uniquement et ne peuvent se substituer à l'avis d'un professionnel de santé.

FAQ sur la glycosurie

Chez une personne en bonne santé, non diabétique, la glycosurie reste très faible, généralement jusqu’à 0,25 mg/ml. Une concentration supérieure à ce seuil dans un test urinaire est considérée comme anormale.

La glycosurie chez la femme enceinte peut indiquer un diabète gestationnel, souvent détecté vers la fin du deuxième trimestre. Cette situation peut notamment augmenter le risque d’un poids élevé du bébé à la naissance. Heureusement, une surveillance et une prise en charge adaptées permettent de limiter les complications pour le bébé.

Oui, un médecin gynécologue peut prescrire un test de glycosurie chez les femmes enceintes. Ce professionnel décidera notamment à quel trimestre il est le plus approprié de réaliser cet examen et quelle surveillance mettre en place.

Références :
[5]

Plows, J. F., Stanley, J. L., Baker, P. N., Reynolds, C. M. & Vickers, M. H. The Pathophysiology of Gestational Diabetes Mellitus. Int J Mol Sci 19, 3342 (2018).

[6]

Islam, M. J., Bagale, K., John, P. P., Kurtz, Z. & Kulkarni, R. Glycosuria Alters Uropathogenic Escherichia coli Global Gene Expression and Virulence. mSphere 7, e00004-22.

[7]

Paudel, S., John, P. P., Poorbaghi, S. L., Randis, T. M. & Kulkarni, R. Systematic Review of Literature Examining Bacterial Urinary Tract Infections in Diabetes. J Diabetes Res 2022, 3588297 (2022).

[8]

Reynolds, A. et al. Carbohydrate quality and human health: a series of systematic reviews and meta-analyses. Lancet 393, 434–445 (2019).

[9]

Sylow, L., Kleinert, M., Richter, E. A. & Jensen, T. E. Exercise-stimulated glucose uptake — regulation and implications for glycaemic control. Nat Rev Endocrinol 13, 133–148 (2017).

[10]

Kaur, J., Gandhi, J. & Sharma, S. Physiology, Cortisol. in StatPearls [Internet] (StatPearls Publishing, 2025).

[11]

Perrier, E. T. et al. Hydration for health hypothesis: a narrative review of supporting evidence. Eur J Nutr 60, 1167–1180 (2021).

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