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Rosacée : causes, symptômes et traitements de l'acné rosacée

Ce qu'il faut retenir
Maladie cutanée chronique, la rosacée provoque rougeurs, vaisseaux visibles et parfois lésions sur le visage. Ses origines sont encore mal comprises. Un traitement adapté limite les symptômes.
Rosacée : causes, symptômes et traitements de l'acné rosacée
Mis à jour le 31/07/2026 - Temps de lecture 8 min

La rosacée est une maladie chronique de la peau qui touche principalement le visage. Bien qu'elle ait longtemps été appelée « acné rosacée », elle ne constitue pas une forme d'acné. Il s'agit de deux affections cutanées distinctes, qui reposent sur des mécanismes différents et nécessitent une prise en charge spécifique.

Dans cet article, vous trouverez tout ce qu'il faut savoir sur la rosacée : ses formes, ses symptômes, ses origines et les traitements disponibles pour prendre soin de votre peau.

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Qu’est-ce que la rosacée ?

La rosacée est une maladie inflammatoire chronique de la peau. Elle touche principalement le visage et évolue par crises successives. Elle concernerait jusqu'à 10 % de la population [1].

Le terme « acné rosacée » est encore très utilisé. Pourtant, il est aujourd'hui abandonné par le corps médical : il ne correspond pas à la réalité de la maladie.

Sur le plan biologique, la rosacée peut notamment impliquer une anomalie de la réponse immunitaire innée. Par ailleurs, les vaisseaux sanguins de la peau réagissent de façon excessive à certains stimuli. Ils se dilatent anormalement et peinent à se contracter [1, 2].

Quelles sont les formes et symptômes de la rosacée ?

La rosacée est une maladie évolutive. Elle se classe en quatre sous-types cliniques, qui peuvent cohabiter ou se succéder chez les mêmes patients.

Sous-type 1 : la rosacée érythémato-télangiectasique

C'est la forme la plus connue. Elle se manifeste par des bouffées de chaleur (dites vasomotrices) et une rougeur persistante du visage. Les petits vaisseaux sanguins deviennent parfois visibles à la surface de la peau : on parle alors de télangiectasies.

La rougeur touche principalement le centre du visage. Elle peut s'étendre aux oreilles, au cou ou au haut du thorax. Le contour des yeux, lui, est généralement épargné [1].

Symptômes rosacée érythémato-télangiectasique

Sous-type 2 : la rosacée papulo-pustuleuse

Cette forme associe une rougeur persistante aux papules et aux pustules inflammatoires. Les papules sont de petites bosses rouges et fermes. Les pustules ressemblent à des lésions contenant du pus.

Ces lésions apparaissent de façon transitoire au centre du visage. Il n'y a ni points noirs, ni points blancs, ni cicatrices. C'est ce qui distingue la rosacée de l'acné classique ou l’acné sévère [1, 2].

Sous-type 3 : la rosacée hypertrophique

La rosacée hypertrophique se caractérise par un épaississement progressif de la peau. Elle s’accompagne également d’une augmentation de la taille des glandes sébacées, ce qui peut modifier l’aspect et le relief de la peau. Chez certains patients, cet excès de tissu augmente le volume du nez. Ce symptôme se nomme le rhinophyma.

Le rhinophyma touche presque exclusivement les hommes. Le nez devient rouge, important et irrégulier. La rosacée phymateuse peut aussi atteindre le menton, les joues et le front. Elle reste aujourd'hui rare, car un traitement précoce permet souvent de l'éviter [1, 2, 3].

Sous-type 4 : la rosacée oculaire

Cette forme correspond à une inflammation affectant les yeux. Elle se développe chez les personnes atteintes de rosacée.

Les symptômes les plus fréquents sont :

  • Une sécheresse oculaire;
  • Des larmoiements ;
  • Une sensation de brûlure ou de picotement ;
  • Un gonflement de la paupière ;
  • Une blépharite (inflammation des bords de la paupière) ;
  • Une conjonctivite (inflammation de la membrane qui tapisse la paupière) ;
  • Une photophobie (hypersensibilité à la lumière) ;
  • Des démangeaisons oculaires ;
  • Des orgelets à répétition.

Dans les cas les plus sévères, une atteinte de la cornée peut altérer la vision [1, 3].

La rosacée oculaire est probablement sous-estimée. Sa prévalence est rapportée entre 3 et 58 % selon les études, une fourchette large qui reflète à elle seule le manque de données uniformes à ce sujet [2].

Quelles sont les causes principales de l'acné rosacée ?

Les origines exactes de la rosacée ne sont pas totalement comprises. Il s'agit d'une maladie inflammatoire chronique, qui résulte de l'interaction entre plusieurs mécanismes biologiques et des facteurs déclenchants externes.

Dans la rosacée, le système immunitaire réagit de façon excessive. On observe une activation anormale de certaines cellules immunitaires : lymphocytes T, mastocytes et macrophages. Cette activation libère des molécules inflammatoires qui entretiennent l'inflammation chronique de la peau [1].

Un micro-organisme est aussi pointé du doigt : Demodex folliculorum. C'est un acarien naturellement présent sur la peau. Chez certains patients atteints de rosacée, sa densité est anormalement élevée et pourrait amplifier la réponse inflammatoire [3].

Les vaisseaux sanguins de la peau réagissent également de façon excessive à certains stimuli. Ils se dilatent anormalement, provoquant rougeurs et bouffées de chaleur.

Plusieurs facteurs externes peuvent déclencher ou aggraver les crises :

  • L'exposition au soleil et aux UV ;
  • Les températures extrêmes (chaleur ou froid) ;
  • Le vent ;
  • L'exercice physique intense ;
  • Le stress et les émotions fortes ;
  • L'alcool ;
  • Les plats épicés [3].

Des facteurs génétiques semblent aussi en cause. Des antécédents familiaux augmentent le risque de développer la maladie. Par ailleurs, la rosacée touche plus souvent les personnes à peau claire, aux yeux et cheveux clairs, au point d'être surnommée la « malédiction des Celtes » [2, 3].

Enfin, les recherches récentes s'intéressent à l'axe intestin-peau. Des déséquilibres du microbiote intestinal sont étudiés dans plusieurs maladies inflammatoires cutanées, dont la rosacée. Une implication possible dans la réponse immunitaire est évoquée, mais aucun mécanisme causal n'est clairement établi à ce jour [4].

Une femme qui a de la rosacée

Comment diagnostiquer la rosacée ?

Le diagnostic de la rosacée repose avant tout sur l'examen clinique. Il n'existe pas de test biologique spécifique pour confirmer la maladie. Les médecins observent les signes physiques des patients et leur évolution dans le temps.

Deux signes sont considérés comme diagnostiques à eux seuls : une rougeur persistante au centre du visage et une modification de l’aspect de la peau.

D'autres symptômes (bouffées vasomotrices, petits vaisseaux sanguins dilatés, papules et pustules) orientent le diagnostic lorsqu'ils sont associés. Des signes secondaires peuvent aussi être présents : douleurs brûlantes, œdème ou sensation de sécheresse.

Les médecins doivent également écarter d'autres maladies de peau pouvant ressembler à la rosacée, comme certaines dermatoses inflammatoires ou acnéiques (acné fongique ou acné kystique) [2, 3].

Bon à savoir :
La rosacée est une pathologie dermatologique. Seuls les médecins peuvent confirmer le diagnostic et proposer une prise en charge adaptée à votre forme de rosacée.

Comment traiter la rosacée ?

Les traitements disponibles agissent majoritairement sur les symptômes, et non sur le mécanisme sous-jacent de la maladie. La prise en charge dépend du sous-type de rosacée présent.

  • Rosacée érythémato-télangiectasique : la prise en charge associe des traitements topiques pour réduire l'érythème et des techniques physiques (laser ou lumière pulsée) pour atténuer les vaisseaux visibles.
  • Rosacée papulo-pustuleuse : pour les formes légères à modérées, les experts recommandent des traitements topiques (ivermectine, métronidazole, acide azélaïque ou sulfacétamide de sodium). Dans les formes sévères, un traitement systémique peut être envisagé : métronidazole, clarithromycine ou azithromycine. En cas d'infestation par Demodex, l'ivermectine topique ou orale peut améliorer les résultats.
  • Rosacée phymateuse : la prise en charge peut inclure des traitements antibiotiques. Lorsque les modifications tissulaires sont importantes, des techniques physiques ou chirurgicales peuvent être nécessaires.
  • Rosacée oculaire : cette forme nécessite une prise en charge spécifique, associant dermatologues et ophtalmologues. Des gestes simples soulagent au quotidien : compresses chaudes, gouttes lubrifiantes, larmes artificielles. L'ivermectine topique a montré une efficacité récente. Dans les cas sévères, un collyre ou gel à base de ciclosporine ou une tétracycline systémique peut être prescrit.

Quel que soit le type de rosacée, une prise en charge personnalisée reste essentielle [3].

Comment prendre soin de sa peau en cas de rosacée ?

En premier lieu, il est important de comprendre que les personnes atteintes de rosacée ont une perte en eau cutanée plus importante.

Un soin hydratant utilisé régulièrement aide à limiter cette déshydratation et à améliorer le confort de la peau. Pour les peaux sèches, une crème hydratante est recommandée. Pour les peaux grasses, des produits ou gels adaptés moins occlusifs sont préférables. Dans tous les cas, le nettoyage du visage doit rester doux [1, 3].

Boire suffisamment tout au long de la journée, en privilégiant l'eau ou les boissons sans sucre, semble également participer au maintien de l'hydratation cutanée. En effet, certaines données suggèrent qu'une augmentation de la consommation d'eau peut améliorer l'hydratation des couches superficielles de la peau, notamment chez les personnes dont les apports hydriques sont initialement faibles [5].

Parallèlement, il est important de protéger votre peau du soleil. Pour ce faire, il est recommandé d'appliquer quotidiennement une crème solaire avec un indice de protection supérieur à 30. Outre l’exposition aux UV, veillez à éviter les autres facteurs déclenchants précédemment cités (plats épicés, alcool…) [1, 3].

Bon à savoir :

Certaines habitudes sont déconseillées en cas de rosacée :

  • La microdermabrasion (exfoliation de la peau en profondeur) ;
  • Les peelings chimiques (élimination des couches superficielles de l’épiderme) ;
  • L’utilisation d’un cosmétique contenant de l'alcool, du menthol, de la menthe poivrée, de l'eucalyptus ou de l'huile de clou de girofle [1].

Sur le plan de l'alimentation, certains nutriments peuvent soutenir la santé de la peau. Le zinc, notamment, contribue au maintien d'une peau normale et participe au fonctionnement normal du système immunitaire.

La rosacée en résumé

La rosacée est une maladie inflammatoire chronique de la peau. Elle touche principalement le visage. Mal connue, elle est souvent confondue avec l'acné.

La maladie résulte d'une interaction complexe entre plusieurs mécanismes biologiques. Des facteurs externes comme le stress, l’alcool ou les températures extrêmes peuvent déclencher ou aggraver les poussées.

Elle se manifeste sous quatre formes distinctes. Ces formes peuvent cohabiter ou se succéder dans le temps. Chacune nécessite une prise en charge adaptée.

Les traitements disponibles agissent principalement sur les symptômes. Ils permettent de contrôler les signes et de limiter l'évolution de la maladie. Associés à des soins cutanés quotidiens adaptés, ils améliorent significativement la qualité de vie.

Les informations mentionnées dans cet article sont fournies à titre indicatif uniquement et ne peuvent se substituer à l'avis d'un professionnel de santé.

FAQ sur la Rosacée

Il n'existe pas de traitement curatif de la rosacée. Les traitements disponibles agissent sur les symptômes et permettent de les contrôler. Une prise en charge précoce limite l'évolution de la maladie.

Non. La rosacée et l'acné fongique sont deux maladies de peau distinctes. L'acné fongique est causée par une levure, contrairement à la rosacée. Leurs traitements sont également différents. En cas de doute, seul un médecin peut poser le bon diagnostic.

Oui. Le stress est un facteur déclenchant bien identifié dans la rosacée. Il peut provoquer ou aggraver les poussées en activant des voies inflammatoires et vasculaires dans la peau.

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