Maladie infantile bien connue, la varicelle continue pourtant de concerner chaque année plusieurs centaines de milliers de personnes en France. Si elle est souvent considérée comme bénigne chez l'enfant, elle peut entraîner des symptômes plus marqués et davantage de complications chez certains adultes ou personnes fragiles.
Dans cet article, découvrez les causes de la varicelle, ses modes de transmission, ses symptômes chez l'enfant et l'adulte, ainsi que les traitements et mesures de prévention recommandés pour limiter les risques de complications de cette infection.
Qu'est-ce que la varicelle et quelle est sa cause ?
La varicelle est une maladie infectieuse provoquée par le virus varicelle-zona (VZV), également appelé Varicella-Zoster Virus. Ce micro-organisme appartient à la famille des herpès virus, qui comprend notamment les virus responsables de l’herpès (herpès labial et herpès génital) ou encore du cytomégalovirus.
Le VZV est l'un des virus les plus contagieux connus chez l'être humain. Selon les données scientifiques, jusqu'à 90 % des personnes non immunisées vivant au contact d'un malade peuvent être contaminées [1]. Avant l'arrivée de la vaccination dans certains pays, la quasi-totalité de la population contractait la maladie au cours de l'enfance.
Lors de la première rencontre avec le virus, celui-ci pénètre dans l'organisme par les voies respiratoires avant de se multiplier dans les ganglions lymphatiques.
Après une période d'incubation généralement comprise entre 10 et 21 jours, le virus diffuse dans le sang et provoque l'apparition de la varicelle, caractérisée par de la fièvre et une éruption de petites vésicules très prurigineuses.
Contrairement à de nombreux autres virus, le VZV n'est pas totalement éliminé après la guérison. Une fois l'infection contrôlée par le système immunitaire, il emprunte les fibres nerveuses pour rejoindre certains ganglions sensitifs situés le long de la moelle épinière ou à la base du crâne.
À cet endroit, le virus entre dans un état de latence virale. Autrement dit, il reste présent dans l'organisme mais ne provoque plus aucun symptôme. Cette phase silencieuse peut durer plusieurs dizaines d'années sans que la personne concernée en ait conscience.
Cependant, lorsque les défenses immunitaires diminuent avec l'âge, à la suite d'une maladie, d'un traitement immunosuppresseur ou dans certains contextes de fatigue importante, le virus peut se réactiver. Il migre alors le long d'un nerf jusqu'à la peau et provoque une nouvelle maladie : le zona.
Comment se transmet la varicelle ?
La varicelle fait partie des maladies infectieuses les plus contagieuses. Le virus varicelle-zona (VZV) se transmet principalement par voie aérienne, à travers les minuscules gouttelettes expulsées lorsqu'une personne infectée tousse, éternue ou parle. Une simple proximité avec un malade peut suffire à transmettre le virus à une personne non immunisée.
La contamination peut également se produire par contact direct avec le liquide contenu dans les vésicules caractéristiques de la maladie. Lorsque les cloques se rompent, elles libèrent des particules virales capables d'infecter une autre personne par l'intermédiaire des mains ou d'un contact cutané rapproché.
Cette double voie de transmission explique pourquoi la varicelle circule facilement dans les familles, les crèches ou les établissements scolaires.
L'un des aspects les plus trompeurs de la maladie est que la personne infectée devient contagieuse avant même l'apparition des premiers boutons. La période de contagion débute généralement entre 1 et 2 jours avant l'éruption cutanée, alors qu'aucun signe caractéristique n'est encore visible.
La contagiosité persiste ensuite jusqu'à ce que toutes les lésions soient recouvertes d'une croûte. En pratique, cela représente souvent une durée de 5 à 7 jours après le début de l'éruption. Tant que certaines vésicules restent fraîches ou remplies de liquide, le risque de transmission demeure présent.
Quels sont les symptômes de la varicelle ?
La varicelle évolue généralement en plusieurs phases successives. Les premiers signes apparaissent après une période d'incubation d'environ deux semaines et peuvent passer relativement inaperçus, notamment chez l'enfant.
Avant l'éruption, certaines personnes ressentent une fatigue inhabituelle, des maux de tête, une diminution de l'appétit ou une légère fièvre. Ces symptômes généraux précèdent souvent de quelques heures à deux jours l'apparition des premières lésions cutanées.
Le signe le plus caractéristique reste l'éruption de petites vésicules remplies d'un liquide clair. Ces boutons apparaissent par vagues successives et provoquent des démangeaisons parfois très importantes. Ils évoluent rapidement vers la formation de croûtes avant de disparaître progressivement.
L'intensité des manifestations varie toutefois fortement selon l'âge et l'état de santé de la personne concernée.
Les symptômes de la varicelle chez l’enfant
Chez le jeune public, la varicelle est généralement une maladie bénigne qui évolue favorablement en quelques jours. Les manifestations les plus fréquentes sont :
- une éruption cutanée qui débute souvent sur le thorax et le visage avant de s'étendre progressivement ;
- des boutons présents sur le cuir chevelu, les bras, les jambes et parfois les muqueuses ;
- des vésicules remplies d'un liquide clair qui évoluent ensuite vers des croûtes ;
- des démangeaisons intenses (prurit) pouvant perturber le sommeil ;
- une fièvre modérée, généralement autour de 38 °C ;
- une légère fatigue ou une diminution temporaire de l'appétit.
Les symptômes de la varicelle chez l’adulte
Lorsqu'elle survient à l'âge adulte, la varicelle est souvent plus sévère et plus fatigante. Les symptômes peuvent s'apparenter à un syndrome grippal marqué :
- une fièvre élevée pouvant dépasser 39 °C ;
- des frissons et des maux de tête importants ;
- des courbatures et une fatigue intense parfois invalidantes ;
- une éruption cutanée plus abondante avec un nombre de lésions souvent supérieur à celui observé chez l'enfant ;
- des démangeaisons importantes ;
- une atteinte fréquente des muqueuses de la bouche, de la gorge ou de la sphère génitale ;
- des douleurs pouvant compliquer l'alimentation, l'hydratation ou le sommeil.
Varicelle : en combien de temps les boutons sortent ?
Contrairement à certaines éruptions cutanées qui apparaissent d'un seul coup, les boutons de la varicelle surviennent par vagues successives pendant 3 à 7 jours, avec l'apparition régulière de nouvelles lésions au cours de cette période [3].
Les premiers apparaissent souvent sur le thorax, le dos ou le visage avant de gagner progressivement le cuir chevelu, les membres et parfois les muqueuses.
Chez certaines personnes, notamment les adultes, plusieurs centaines de lésions peuvent être présentes simultanément.
Chaque bouton évolue selon une chronologie relativement rapide :
- apparition d'une petite tache rouge ou rose appelée macule ;
- transformation en quelques heures en une petite papule légèrement surélevée ;
- formation d'une vésicule remplie d'un liquide clair, souvent décrite comme une « goutte de rosée sur une pétale de rose » ;
- trouble progressif du liquide contenu dans la vésicule ;
- dessèchement de la lésion ;
- formation d'une croûte qui finit par tomber spontanément.
L'ensemble de ce processus prend généralement 24 à 48 heures pour atteindre le stade vésiculeux, puis environ 1 à 3 jours supplémentaires pour évoluer vers une croûte. Au total, chaque bouton met le plus souvent entre 3 et 7 jours à cicatriser.
Combien de temps dure la varicelle ?
La varicelle évolue généralement sur une période de 10 à 15 jours entre les premiers symptômes et la guérison complète des lésions cutanées. Toutefois, plusieurs étapes se succèdent avant la disparition définitive des boutons.
Après la contamination, une phase d'incubation silencieuse de 10 à 21 jours (en moyenne 14 jours) précède l'apparition des premiers symptômes. Une légère fièvre ou une fatigue modérée peuvent survenir 24 à 48 heures avant l'éruption.
Les boutons apparaissent ensuite par poussées successives pendant 3 à 7 jours. Chaque lésion évolue rapidement vers une croûte, qui finit par tomber naturellement sans laisser de trace dans la majorité des cas.
La période de contagion débute généralement 1 à 2 jours avant l'apparition des premiers boutons et se poursuit jusqu'à ce que toutes les vésicules soient recouvertes d'une croûte, soit environ 5 à 7 jours après le début de l'éruption.
Quels sont les dangers et complications possibles ?
Chez l'enfant en bonne santé, la varicelle est généralement une maladie bénigne qui guérit spontanément sans séquelle. Toutefois, certaines populations sont susceptibles d'avoir des complications parfois graves, justifiant une surveillance médicale attentive.
Chez l'adulte et l'adolescent
La varicelle est souvent plus sévère lorsqu'elle survient après l'enfance. Les symptômes sont généralement plus marqués, avec une fièvre plus élevée, une fatigue importante et une éruption cutanée plus étendue.
La principale complication est la pneumopathie varicelleuse, une infection des poumons provoquée par le virus. Cette complication survient principalement chez les adultes, en particulier les fumeurs, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées [5]. Elle peut entraîner une toux, un essoufflement et nécessiter une hospitalisation.
La surinfection bactérienne cutanée
Il s'agit de la complication la plus fréquente chez l'enfant. Les démangeaisons intenses poussent souvent les jeunes patients à gratter les boutons, ce qui fragilise la barrière cutanée et favorise l'entrée de bactéries présentes sur la peau.
Les germes les plus souvent impliqués sont les staphylocoques et les streptocoques. Ils peuvent provoquer des infections superficielles comme l'impétigo, mais également des atteintes plus profondes telles qu'une cellulite infectieuse ou, plus rarement, une fasciite nécrosante.
C'est pourquoi il est essentiel de limiter le grattage, de maintenir une bonne hygiène cutanée et de couper régulièrement les ongles des enfants atteints.
Le danger chez la femme enceinte
Chez une femme enceinte non immunisée, la varicelle nécessite une prise en charge médicale rapide. La maladie expose la mère à un risque accru de troubles respiratoires, notamment de pneumonie varicelleuse comme expliqué auparavant.
Les conséquences pour le fœtus dépendent du moment de l'infection. Lorsqu'elle survient avant 20 semaines de grossesse, il existe un faible risque de syndrome de varicelle congénitale pouvant entraîner des anomalies du développement, notamment cutanées, neurologiques ou oculaires [6].
Lorsque la contamination maternelle survient dans les jours précédant ou suivant l'accouchement, le nouveau-né peut développer une varicelle néonatale sévère, une situation rare mais potentiellement grave nécessitant une prise en charge spécialisée [6].
Les personnes immunodéprimées
Les personnes dont le système immunitaire est affaibli constituent la population la plus à risque de complications graves. Cela concerne notamment les patients recevant une chimiothérapie, une corticothérapie prolongée, un traitement immunosuppresseur ou vivant avec certaines maladies affectant l'immunité.
Chez ces patients, le virus peut se multiplier de manière importante et provoquer une forme disséminée de la maladie. L'infection peut alors atteindre plusieurs organes, notamment les poumons, le foie ou le système nerveux central.
Dans les cas les plus sévères, des complications comme une encéphalite, une pneumonie ou une atteinte multiviscérale peuvent survenir. Pour cette raison, toute suspicion de varicelle chez une personne immunodéprimée doit faire l'objet d'une évaluation médicale urgente.
Quel est le traitement de la varicelle ?
Chez l'enfant en bonne santé, la varicelle guérit généralement spontanément en quelques jours. Dans la majorité des cas, le traitement est donc symptomatique : il vise à soulager la fièvre, limiter les démangeaisons et prévenir les complications cutanées.
Des médicaments antiviraux peuvent être prescrits par votre médecin dans certaines situations particulières, notamment chez les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes ou les patients présentant un risque élevé de complications.
Le danger des anti-inflammatoires (AINS)
En cas de varicelle, les autorités de santé recommandent d'éviter l'ibuprofène et les autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme le kétoprofène.
Les recherches scientifiques ont mis en évidence une association entre la prise d'AINS au cours de la varicelle et une augmentation du risque de complications infectieuses cutanées graves [7].
Pour faire baisser la fièvre ou soulager les douleurs, le paracétamol constitue le traitement de référence, à condition de respecter les doses recommandées selon l'âge et le poids.
L'aspirine est également contre-indiquée chez l'enfant atteint de varicelle en raison du risque rare mais grave de syndrome de Reye, une atteinte potentiellement sévère du foie et du cerveau [8].
Les soins locaux de la peau
L'hygiène quotidienne contribue à limiter les risques de surinfection bactérienne et à améliorer le confort de l'enfant.
Quelques mesures simples sont recommandées :
- prendre une douche tiède ou un bain court une fois par jour ;
- utiliser un savon doux adapté aux peaux sensibles ;
- sécher la peau délicatement en tamponnant avec une serviette propre ;
- porter des vêtements amples afin de limiter les frottements.
Contrairement à certaines idées reçues, les douches ne sont pas contre-indiquées pendant la varicelle. Une bonne hygiène cutanée participe au contraire à réduire le risque infectieux.
Concernant les antiseptiques locaux, leur utilisation systématique n'est aujourd'hui plus recommandée dans les formes simples de varicelle. Ils peuvent toutefois être proposés dans certaines situations particulières sur avis médical.
Il est également préférable d'éviter les talcs, poudres, gels colorants ou crèmes épaisses qui peuvent favoriser la macération des lésions et compliquer leur surveillance.
Peut-on prévenir la varicelle ?
Oui, plusieurs mesures permettent d’éviter de l’attraper ou de limiter la transmission du virus à l'entourage.
La vaccination
La vaccination constitue le moyen de prévention le plus efficace contre la varicelle.
En France, elle est recommandée notamment :
- chez les adolescents de 12 à 15 ans n'ayant jamais eu la varicelle ;
- chez les adultes non immunisés exposés à un facteur particulier ;
- chez les professionnels de santé ;
- chez les professionnels de la petite enfance ;
- chez les personnes vivant au contact d'un proche immunodéprimé ;
- chez les femmes ayant un projet de grossesse, après vérification de leur statut immunitaire.
Le vaccin permet de réduire fortement la chance de développer la maladie ainsi que celui de présenter des formes sévères ou compliquées.
Limiter la transmission du virus
Lorsqu'un cas de varicelle survient dans le foyer, quelques mesures simples permettent de protéger les personnes les plus fragiles :
- éviter les contacts rapprochés avec les femmes enceintes non immunisées, les nouveau-nés et les personnes immunodéprimées ;
- garder l'enfant à la maison pendant la phase la plus contagieuse de la maladie ;
- attendre que la majorité des lésions soient croûtées avant la reprise des activités collectives ;
- se laver soigneusement les mains après chaque soin ou contact avec les lésions ;
- utiliser des mouchoirs à usage unique en cas de toux ou d'éternuements ;
- aérer régulièrement les pièces de vie.
Même si l'éviction scolaire n'est plus systématiquement obligatoire, elle reste souvent recommandée tant que l'éruption est active afin de limiter la propagation du virus.
La varicelle en résumé
La varicelle est une maladie virale très contagieuse qui touche principalement les enfants, mais qui peut s'avérer plus sévère chez les adolescents, les adultes, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées. Si elle guérit généralement spontanément en quelques jours, une surveillance attentive reste nécessaire afin de prévenir les complications et les surinfections cutanées. Une bonne hygiène, une prise en charge adaptée des symptômes et le respect des recommandations médicales permettent le plus souvent une évolution favorable. Enfin, la vaccination demeure aujourd'hui le moyen le plus efficace de prévenir les formes potentiellement graves de cette infection causée par le virus varicelle-zona.
Ce contenu est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de signes persistants ou de pathologies, consultez un médecin
FAQ sur la varicelle
Le pic de la varicelle survient généralement entre le 3ᵉ et le 5ᵉ jour après le début de l'éruption, lorsque le nombre de nouveaux boutons est le plus important.
Il ne faut pas gratter les boutons, utiliser de l'ibuprofène ou d'autres anti-inflammatoires, ni appliquer de talc ou de produits susceptibles de favoriser la surinfection des lésions.
La varicelle évolue en trois grandes phases : l'incubation (sans symptôme), l'éruption cutanée avec apparition des vésicules, puis la phase de cicatrisation marquée par la formation des croûtes.
Kawzowicz, M., Bayya, M., Kawzowicz, M. & Bayya, M. Varicella Pneumonia in Otherwise Healthy 31-Year-Old Female Nonsmoker With No Prior Varicella Immunity. Cureus 15, (2023).
CDC. Clinical Guidance for People at Risk for Severe Varicella. Chickenpox (Varicella) (2025).
Pokorska-Śpiewak, M. et al. Treatment outcomes and their predictors in children hospitalized with varicella complicated by bacterial superinfections after pandemic of COVID-19 – a retrospective multicenter analysis of real-life data in Poland. Eur J Clin Microbiol Infect Dis 43, 2293–2300 (2024).
Chapman, J. & Arnold, J. K. Reye Syndrome. in StatPearls (StatPearls Publishing, Treasure Island (FL), 2026).