Vos muscles évoluent en permanence en fonction de votre activité, de votre alimentation, de votre âge et de votre état de santé. Une période d’immobilisation, certaines pathologies ou encore la sarcopénie liée au vieillissement peuvent ainsi modifier progressivement leur volume et leurs capacités.
À partir de quand parle-t-on réellement d’atrophie musculaire ? Quelles en sont les principales causes et comment la reconnaître ? Découvrez les mécanismes qui expliquent ce phénomène et les situations qui peuvent la favoriser.
Qu'est-ce que l'atrophie musculaire ?
L’atrophie musculaire, également appelée amyotrophie, correspond à une diminution de la taille du muscle liée notamment à la réduction du volume de ses fibres musculaires. Elle peut également s’accompagner d’une perte de force et d’une diminution des capacités fonctionnelles.
Votre masse maigre dépend en partie d’un équilibre permanent entre la fabrication de nouvelles protéines musculaires et leur dégradation. Lorsque cet équilibre se déplace durablement vers une perte nette de protéines, votre musculature peut progressivement s’atrophier.
Quelles sont les causes de l’atrophie musculaire ?
L’atrophie musculaire a plusieurs origines : un arrêt total d’activité suffit parfois à déclencher le phénomène, tandis que d’autres formes sont associées au vieillissement, à une maladie neurologique, à une atteinte directe du muscle ou à des apports nutritionnels insuffisants.
L'atrophie musculaire liée à l'inactivité
Un muscle a besoin d’être sollicité pour conserver ses capacités. Un plâtre, un alitement prolongé ou une forte baisse de l’activité physique réduit les contraintes mécaniques exercées sur les fibres et peut provoquer une atrophie musculaire.
Le phénomène peut être particulièrement rapide. Des données scientifiques rapportent qu’une perte musculaire significative peut être détectée dès 2 jours d’inactivité totale, les pertes les plus importantes survenant généralement au cours des 14 premiers jours d’inactivité [1].
Au niveau cellulaire, le manque de sollicitation diminue notamment la synthèse des protéines musculaires et perturbe les mécanismes anaboliques qui permettent normalement au muscle de renouveler ses protéines. Votre musculature reçoit moins de signaux lui indiquant qu’il doit conserver sa masse [1].
L'atrophie neurogène
Vos muscles ont également besoin des nerfs pour recevoir l’ordre de se contracter.
Lorsqu’un nerf moteur est lésé ou que la transmission nerveuse est perturbée, le muscle reçoit moins de stimulation et peut progressivement perdre du volume et de la force [3].
Cette atrophie dite neurogène peut notamment être observée dans certaines neuropathies, lors d’une atteinte importante d’une racine nerveuse ou dans des maladies neurologiques telles que la sclérose latérale amyotrophique (SLA ou maladie de Charcot).
Son évolution et sa prise en charge dépendent directement de la cause de l’atteinte nerveuse.
Les maladies musculaires ou myopathies
Certaines pathologies touchent directement les fibres musculaires. Les myopathies regroupent de nombreuses maladies du muscle, d’origine génétique, inflammatoire, métabolique ou encore toxique [4].
Selon la pathologie, les fibres peuvent progressivement perdre leurs capacités, entraînant un affaiblissement et parfois une décroissance du volume musculaire.
La dénutrition
Pour entretenir ses tissus, votre organisme a besoin d’un apport énergétique, protéique, et de micronutriments en quantité suffisante.
En situation de dénutrition, le corps peut puiser davantage dans ses protéines corporelles, dont celles présentes dans les muscles, ce qui favorise la perte de masse maigre [5].
Cette situation concerne particulièrement les personnes âgées, certaines personnes atteintes de pathologies chroniques ou celles dont les apports alimentaires diminuent pendant une longue période. L’activité physique et l’état de santé influencent également l'ampleur de la fonte musculaire.
La sarcopénie liée au vieillissement
Avec l’âge, la masse musculaire et surtout la force ont tendance à diminuer progressivement. Lorsqu’elle devient suffisamment importante, cette évolution peut participer à la sarcopénie, un trouble musculaire progressif associé à une diminution de la force et de la quantité ou de la qualité musculaire [6].
Quels sont les symptômes de l'atrophie musculaire ?
Les manifestations varient selon l’importance de l’atrophie et sa cause.
Vous pouvez notamment observer :
- Une diminution visible du volume musculaire : un bras, une cuisse ou un mollet peut paraître plus fin qu’auparavant, avec parfois une différence nette entre les deux côtés.
- Une perte de force : porter une charge, monter les escaliers ou réaliser certains mouvements devient progressivement plus difficile.
- Une fatigue musculaire accrue : vos muscles se fatiguent plus rapidement pendant un effort ou lors des activités quotidiennes.
- Des difficultés fonctionnelles : vous relever d’une chaise, marcher longtemps ou effectuer certains gestes habituels peut demander davantage d’efforts.
- Une modification de l’aspect du muscle : votre musculature peut sembler moins volumineuse et moins ferme au toucher.
- Des fasciculations ou des crampes : ces petites contractions musculaires involontaires peuvent notamment apparaître lorsqu’on fait face à une origine neurologique.
Comment diagnostiquer une atrophie musculaire ?
Le diagnostic commence en pratique par un examen clinique permettant d’évaluer votre musculature, votre force et vos capacités fonctionnelles. Le médecin recherche notamment :
- une fonte musculaire visible
- une asymétrie entre les membres
- la répartition de la faiblesse.
Il s’intéresse également à son évolution et aux circonstances dans lesquelles elle est apparue.
Des examens complémentaires peuvent ensuite préciser la source du phénomène. L’imagerie, notamment l’IRM, permet d’observer la structure et le volume des muscles. Elle permet de quantifier la morphologie, la composition et certaines caractéristiques fonctionnelles du muscle [8].
Lorsque le médecin suspecte une atteinte neuromusculaire, il peut également réaliser un électromyogramme (EMG) et des études de conduction nerveuse. Ces examens étudient l’activité électrique des muscles et le fonctionnement des nerfs afin d’aider à distinguer une atteinte du muscle d’une atteinte nerveuse.
Selon le contexte, des analyses sanguines, des examens génétiques ou plus rarement une biopsie musculaire peuvent compléter le bilan. Les examens nécessaires dépendent donc avant tout de la cause suspectée.
Comment soigner l'atrophie musculaire ?
Le traitement dépend directement de la cause de l’atrophie. L’objectif consiste à corriger le facteur responsable tout en stimulant la récupération.
Après une immobilisation
La reprise repose principalement sur des exercices de renforcement musculaire progressif, adaptés à votre niveau et à la durée de l’immobilisation.
L’électrostimulation musculaire (EMS/NMES) peut également être utilisée dans certaines situations, notamment lorsque les mouvements volontaires restent difficiles.
En cas de maladie nerveuse ou musculaire
La prise en charge cible en priorité la maladie ou la lésion responsable.
Elle peut associer rééducation, traitements médicamenteux et parfois chirurgie, par exemple dans certaines lésions nerveuses pouvant être réparées.
En cas de dénutrition
L’objectif consiste à retrouver des apports suffisants en énergie et en nutriments.
Les protéines occupent une place importante puisqu’elles fournissent les acides aminés nécessaires au renouvellement des protéines musculaires, particulièrement lorsqu'elles sont associées à des exercices de renforcement.
Pour compliquer un manque de protéine, privilégiez d’abord les aliments qui en contiennent en quantité : œufs, poissons, viandes, produits laitiers, légumineuses ou soja.
Lorsque l’alimentation seule couvre difficilement vos besoins, une protéine en poudre comme la Daily Protein peut simplement compléter vos apports quotidiens.
Une compo propre, un bon goût et parfaite pour couvrir mes apports au quotidien. Elle s'intègre naturellement au petit-déjeuner comme en collation, sans prise de tête.
Charly Aourir - Coach sport & nutrition
L'atrophie musculaire en résumé
L’atrophie musculaire peut apparaître après une immobilisation, avec le vieillissement, une dénutrition ou certaines pathologies. Identifier rapidement sa cause permet d’adapter la prise en charge et de favoriser la récupération musculaire lorsque celle-ci est possible. Le renforcement progressif, une nutrition suffisamment énergétique et protéinée ainsi qu’un suivi médical adapté constituent alors les principaux leviers pour préserver ou retrouver votre masse maigre et votre force.
Ce contenu est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de symptômes persistants ou de pathologies, consultez un professionnel de santé.
FAQ sur l’atrophie musculaire
Plusieurs pathologies peuvent provoquer une perte musculaire, notamment la sarcopénie, les myopathies et certaines maladies neurologiques, mais l’atrophie peut aussi résulter d’une immobilisation ou d’une dénutrition.
Parmi les pathologies concernées figurent les dystrophies musculaires, les myosites et les myopathies métaboliques, trois groupes de pathologies pouvant altérer le fonctionnement des muscles.
La sclérose latérale amyotrophique (SLA) atteint les neurones moteurs qui commandent les muscles, entraînant progressivement un affaiblissement et une atrophie des muscles.
Doganay, M. et al. Expert opinion on the current conceptual, clinical and therapeutic aspects of disease related malnutrition and muscle loss: a multidisciplinary perspective. Front Nutr 12, 1509689 (2025).
Kirk, B. et al. The Conceptual Definition of Sarcopenia: Delphi Consensus from the Global Leadership Initiative in Sarcopenia (GLIS). Age Ageing 53, afae052 (2024).
Cruz-Jentoft, A. J. et al. Sarcopenia: revised European consensus on definition and diagnosis. Age Ageing 48, 16–31 (2019).
Hooijmans, M. T. et al. Compositional and Functional MRI of Skeletal Muscle: A Review. J Magn Reson Imaging60, 860–877 (2024).