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Dystrophie musculaire : définition, symptômes et évolution

Ce qu'il faut retenir
La dystrophie musculaire est une maladie génétique qui provoque une faiblesse progressive des muscles et nécessite une prise en charge adaptée pour préserver mobilité et autonomie.
Dystrophie musculaire : définition, symptômes et évolution
Publié le 24/12/2025 - Temps de lecture 9 min

La dystrophie musculaire désigne un ensemble de maladies génétiques rares qui atteignent les fibres musculaires. Elle provoque une faiblesse progressive des muscles, d’intensité variable selon le type de dystrophie concerné.

La prise en charge, reposant sur un suivi multidisciplinaire, vise à préserver la fonction du muscle, l’autonomie et la qualité de vie face à cette maladie génétique.

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Qu’est-ce que la dystrophie musculaire ?


La dystrophie musculaire regroupe un ensemble de maladies génétiques dans lesquelles les muscles squelettiques se détériorent progressivement.

Origine génétique et mécanisme musculaire

La dystrophie musculaire est avant tout une maladie génétique. Elle résulte de mutations d’un ou plusieurs gènes impliqués dans la structure ou le fonctionnement normal du muscle. Ces gènes ont notamment pour rôle d’indiquer à votre organisme comment fabriquer des protéines musculaires. [1]

Lorsqu’un gène est défectueux, la protéine produite peut être absente, insuffisante ou non fonctionnelle, entraînant une dégénérescence progressive du muscle. Les mécanismes génétiques diffèrent selon le type de dystrophie musculaire, ce qui explique en partie la variabilité des symptômes et de la sévérité chez les patients :

  • Dystrophie musculaire de Duchenne :résulte d’une mutation du gène dystrophine sur le chromosome X. La protéine est presque absente.
  • Dystrophie musculaire de Becker : touche également le gène dystrophine, mais la protéine est produite en quantité insuffisante ou altérée. [1]
  • Dystrophies musculaires des ceintures : se transmettent par différents modes génétiques, selon le gène impliqué. [2]
  • Dystrophie myotonique :comprend deux types. Le type 1 est lié au gène DMPK (chromosome 19), et le type 2 est lié au gène ZNF9/CNBP (chromosome 3). [3]

Bien que chaque type de dystrophie musculaire repose sur des mutations génétiques spécifiques, le résultat commun reste la détérioration progressive du muscle. Au microscope, on observe des fibres dites dystrophiques, témoignant à la fois de la dégénérescence et des tentatives de régénération musculaire chez les patients. [1]


Différence entre dystrophie et myopathie

Les myopathies désignent toutes les maladies du muscle qui entraînent une faiblesse musculaire et une diminution du volume des muscles au fil du temps. Il s’agit d’un terme général, qui regroupe différents types de troubles musculaires, qu’ils soient génétiques, inflammatoires ou acquis.

Les dystrophies musculaires représentent un sous-groupe spécifique de myopathies. Elles se caractérisent par une origine génétique et une détérioration progressive du muscle. Contrairement à d’autres myopathies, les dystrophies s’aggravent avec le temps et touchent souvent plusieurs groupes musculaires, affectant la mobilité et l’autonomie des patients. [4]

Quelles sont les principales formes de dystrophies musculaires ?

Il existe plusieurs types de dystrophies musculaires, dont la sévérité et l’âge d’apparition varient fortement selon la forme et le gène impliqué.

Dystrophie musculaire de Duchenne

La dystrophie musculaire de Duchenne, tout comme la dystrophie de Becker, sont les formes les plus courantes et touchent principalement les muscles proches du tronc, entraînant une faiblesse musculaire progressive.

Elle est la plus sévère de ces dystrophies musculaires et concerne environ 1 bébé sur 3 500 à 5 000 (tous groupes ethniques confondus). Les symptômes apparaissent généralement entre 2 et 3 ans. [1]


Dystrophie musculaire de Becker

La dystrophie musculaire de Becker est une forme moins sévère que la dystrophie de Duchenne. Les symptômes apparaissent généralement plus tard, pendant l’adolescence, vers l’âge de 12 ans. [1]

Le saviez-vous ?
Ces dystrophies touchent presque exclusivement les garçons. [1]

Dystrophie myotonique

La dystrophie myotonique est l’une des dystrophies musculaires les plus fréquentes chez l’adulte, tandis que les dystrophies de Duchenne et de Becker concernent surtout l’enfant. [1] Elle affecte non seulement les muscles, mais également d’autres organes du corps. Dans cette pathologie, la faiblesse musculaire progressive est associée à un rétrécissement du tissu musculaire.

Il en existe deux types :

  • Le type 1, également appelé maladie de Steinert, est plus sévère.
  • Le type 2, généralement moins grave que le type 1.

Les symptômes varient en fonction du type de dystrophie et de l’âge des patients. [3]

Dystrophies musculaires des ceintures

Les dystrophies musculaires des ceintures constituent la quatrième maladie musculaire héréditaire la plus fréquente.

Elles apparaissent généralement chez le jeune enfant, touchent garçons et filles, et entraînent une faiblesse progressive des muscles du pelvis et des épaules, d’évolution variable selon le type génétique, parfois associée à une atteinte cardiaque ou respiratoire.[2]

Quelles autres formes de dystrophies musculaires existent ?

En plus des formes les plus connues, il existe d’autres dystrophies musculaires, plus rares, dont les manifestations et l’évolution varient selon le type génétique :

  • Dystrophie facio-scapulo-humérale (FSHD) : touche surtout les muscles du visage, des épaules et des bras, avec une évolution souvent lente.
  • Dystrophie d’Emery-Dreifuss : associe une faiblesse musculaire à des troubles cardiaques, justifiant une surveillance régulière.
  • Dystrophies musculaires congénitales : présentes dès la naissance ou la petite enfance, elles peuvent affecter la posture et la motricité.
  • Dystrophie oculo-pharyngée : apparaît généralement à l’âge adulte et concerne principalement les muscles des paupières et de la déglutition.

La sévérité et l’évolution de ces formes sont très variables et dépendent du gène impliqué et de la prise en charge mise en place.

Quels sont les symptômes de la dystrophie musculaire ?


La dystrophie musculaire se manifeste surtout par une faiblesse musculaire progressive, qui peut toucher différentes fonctions et s’accompagner d’autres signes selon le type de pathologie en cause.

Faiblesse musculaire

La dystrophie musculaire se manifeste avant tout par une faiblesse musculaire progressive, dont la sévérité et l’évolution varient selon la forme de la maladie.

Dans la dystrophie musculaire de Duchenne, les symptômes associent un retard moteur, des difficultés à marcher, courir ou monter les escaliers, des chutes fréquentes et une démarche dandinante. L’évolution est rapide, avec des rétractions articulaires, une scoliose et une perte de la marche souvent avant 12 ans. [1]

La dystrophie musculaire de Becker évolue plus lentement. Les patients conservent généralement la marche jusqu’à l’adolescence ou à l’âge adulte, avec une perte d’autonomie plus tardive et moins marquée. [2]

Atteintes respiratoires et cardiaques

Dans certaines dystrophies musculaires, comme Duchenne, Becker ou la dystrophie myotonique, la faiblesse musculaire peut également toucher les muscles cardiaques et respiratoires, avec des manifestations spécifiques selon la maladie :

  • Duchenne: le muscle cardiaque s’affaiblit progressivement, entraînant des troubles du rythme cardiaque et une vulnérabilité aux infections respiratoires comme la pneumonie. Un tiers des garçons présentent des complications cardiaques avant 14 ans, et la totalité après 18 ans. L’usage d’un respirateur mécanique devient souvent vital. [1]
  • Dystrophie myotonique : la progression de la maladie peut provoquer des troubles cardiaques et une faiblesse du muscle cardiaque. Les muscles respiratoires peuvent également s’affaiblir, entraînant une respiration insuffisante, notamment pendant le sommeil. [3]

De ce fait, la fonction respiratoire peut faire l’objet d’une surveillance médicale régulière.

Outre la faiblesse musculaire, certaines dystrophies musculaires peuvent affecter le développement cérébral et l’apprentissage. Par exemple, dans la dystrophie de Duchenne, un tiers des garçons présente un déficit intellectuel léger touchant surtout le langage. [1] Dans la dystrophie myotonique de type 1, des troubles d’apprentissage et de l’apathie sont également fréquents. [3]

Comment diagnostique-t-on une dystrophie musculaire ?

Le diagnostic d’une dystrophie musculaire repose sur un ensemble d’examens complémentaires, réalisés en fonction des symptômes et de l’âge d’apparition. Il commence par un examen clinique, au cours duquel le médecin évalue la force musculaire, la motricité, la posture et la démarche. Une prise de sang est souvent prescrite pour mesurer le taux de créatine kinase (CPK), généralement élevé en cas d’atteinte musculaire.

Selon les résultats, des examens complémentaires peuvent être proposés, comme un électromyogramme pour analyser l’activité du muscle ou, plus rarement aujourd’hui, une biopsie musculaire. Le test génétique est désormais l’examen clé pour confirmer le diagnostic et identifier le type précis de dystrophie musculaire. Un bilan cardiaque et respiratoire est également réalisé dans certaines formes afin de dépister précocement d’éventuelles complications.

Quand faut-il consulter rapidement ?

Ce sont ces signes qui peuvent vous alerter et vous inciter à consulter :

  • Essoufflement inhabituel ou nocturne
  • Palpitations, malaises
  • Aggravation rapide de la faiblesse
  • Difficultés à avaler ou fausses routes répétées

Comment évolue une dystrophie musculaire ?


L’évolution d’une dystrophie musculaire est progressive et varie selon le type de dystrophie, l’âge d’apparition des symptômes et la prise en charge médicale.

Au fil du temps, la faiblesse musculaire peut entraîner des limitations dans les gestes quotidiens, comme marcher, monter les escaliers ou utiliser ses bras pour les activités de la vie courante. Ces difficultés impactent directement l’autonomie des patients.

Toutefois, une prise en charge adaptée permet de maintenir la mobilité et de préserver une certaine qualité de vie, malgré la progression de la maladie.

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Quelle prise en charge pour la dystrophie musculaire ?

La prise en charge repose sur un suivi médical spécialisé ainsi que sur une approche pluridisciplinaire adaptée.

Suivi médical et traitements actuels

La prise en charge des dystrophies musculaires vise avant tout à soulager les symptômes. Elle repose sur un suivi médical régulier et personnalisé, qui permet de suivre l’évolution de la maladie et de mettre en place les interventions les mieux adaptées aux besoins de chaque patient.

Selon le type et la gravité de la dystrophie, différents traitements médicamenteux peuvent être envisagés : corticoïdes comme la prednisolone ou le deflazacort pour limiter la faiblesse musculaire, médicaments visant à stimuler la production de dystrophine, traitements cardiaques en cas de complications…

En fonction de l’évolution et des symptômes, d’autres interventions médicales peuvent être mises en place, comme des chirurgies pour relâcher les muscles contractés ou corriger une scoliose, ou encore une trachéotomie pour faciliter la respiration dans les cas sévères. [1]


Kinésithérapie

La kinésithérapie a pour objectif principal d’aider à maintenir les capacités fonctionnelles et les fonctions musculaires restantes, tout en prévenant les contractures, c’est-à-dire la rigidification des muscles en position fléchie.

Selon les besoins du patient, l’utilisation d’orthèses pour les chevilles ou les jambes peut être proposée afin de prévenir la contraction musculaire permanente et faciliter la marche ou le maintien en position debout. [1,2 ]

Conclusion

  • La dystrophie musculaire est une maladie génétique, chronique et évolutive.
  • Les formes et la sévérité des symptômes dépendent principalement du type de dystrophie.
  • Une prise en charge précoce, personnalisée et pluridisciplinaire permet de préserver l’autonomie et d’améliorer la qualité de vie.

“Ce contenu est informatif et ne remplace pas un avis médical. Toute suspicion ou prise en charge d’une dystrophie musculaire doit être réalisée par une équipe médicale spécialisée.”

FAQ sur la dystrophie musculaire

Les dystrophies musculaires sont incurables. Il n’existe actuellement aucun traitement capable de guérir la maladie, mais des prises en charge adaptées permettent de ralentir la progression et de soulager les symptômes.

La plupart des dystrophies musculaires sont liées à des mutations génétiques héréditaires. Cependant, certaines mutations peuvent apparaître spontanément chez l’enfant, sans antécédent familial connu.

La gravité dépend surtout du type de dystrophie musculaire. Par exemple, la dystrophie de Duchenne peut affecter la mobilité dès l’enfance et toucher le cœur et les muscles respiratoires, ce qui influence l’espérance de vie, tandis que d’autres formes sont moins sévères.

Références :
[2]

MSD Manuals. Dystrophie des ceintures.

[3]

Muscular Dystrophy Association. Dystrophie myotonique (DM).

[4]

St. Jude Children’s Research Hospital. Dystrophies musculaires et myopathies.

                Sandrine Delpuech - Expertise scientifique et santé naturelle

Author

Sandrine Delpuech - Expertise scientifique et santé naturelle

Professionnelle de la santé depuis plus de 20 ans, formée en biologie et en formulation des produits de santé, j'ai évolué en industrie pharmaceutique avant de me tourner vers une approche intégrative. 
Aujourd’hui professeure de yoga et praticienne en santé naturelle et intégrative, je relis et valide les articles afin de garantir des informations fiables et accessibles, en lien avec l’observation du vivant.