L’arthrose du pouce, aussi appelée rhizarthrose, est une usure progressive de l’articulation trapézo-métacarpienne. Avec l’âge, elle devient plus fréquente, surtout après 50 ans. Le pouce fait mal, vous perdez un peu de force et des gestes tout simples deviennent pénibles, comme ouvrir un bocal, tourner une clé, pincer, écrire. Il existe plusieurs solutions selon la sévérité de votre arthrose : ajuster certains gestes, porter une attelle, faire des exercices, et parfois envisager une infiltration pour retrouver du confort et ménager votre articulation.
Qu’est-ce que l’arthrose du pouce ?
L’arthrose du pouce, ou rhizarthrose, correspond à l’usure progressive du cartilage qui recouvre l’articulation située à la base du pouce : l’articulation trapézo-métacarpienne. Ce cartilage agit comme un amortisseur, permettant des mouvements fluides et indolores. Avec le temps, il s’amincit puis se détériore, laissant les surfaces osseuses moins bien protégées.
L’arthrose du pouce est plus fréquente chez les femmes : Haara et al. observent une prévalence radiographique plus élevée chez les femmes que chez les hommes dans The Journal of Bone and Joint Surgery (2004). [1]
Comment évolue la rhizarthrose ?
Avec l’évolution, une déformation peut apparaître à la base du pouce (adduction du 1er métacarpien, hyperextension de la MCP). Des études montrent que cette déformation est associée à plus de douleur, sans différence significative sur l’atteinte fonctionnelle mesurée (Journal of Hand Therapy, 2021).
Pourquoi l'articulation du pouce s’use-t-elle ?
L’articulation trapézo-métacarpienne a une architecture très particulière, elle permet une grande liberté de mouvement (pince, opposition, rotation), indispensable à la précision de la main. Cette mobilité exceptionnelle a un revers, l’articulation est moins stable et doit absorber des contraintes mécaniques élevées à chaque geste du quotidien.
Ouvrir un bocal, tourner une clé, écrire ou saisir un objet génère des forces importantes, concentrées sur une petite surface articulaire. À force de microtraumatismes répétés, le cartilage s’amincit petit à petit.
Avec le temps et la diminution de ses capacités de réparation, il perd son rôle d’amortisseur, ce qui explique pourquoi cette articulation s’use plus facilement que d’autres et devient un site fréquent de douleurs.
Quels sont les symptômes de l’arthrose du pouce ?
L’arthrose du pouce se manifeste surtout par une douleur mécanique, qui apparaît ou s’intensifie lors de l’utilisation du pouce. Elle s’accompagne souvent d’une gêne à la pince, d’une perte de précision et de difficultés pour les gestes de la vie de tous les jours.
Les signes précoces
Aux premiers stades, on retrouve souvent une impression de fausse faiblesse. Une étude montre d'ailleurs qu’une baisse de la force de pince, notamment en key pinch, est associée à l’arthrose du pouce dès les formes précoces (Clinical Orthopaedics and Related Research, 2016). [3]
Une raideur et une gêne fonctionnelle peuvent s’installer très tôt : Can et al. montrent qu’une attelle d’immobilisation améliore la raideur, la douleur et la fonction chez des patients avec rhizarthrose de stade 1–2 (Turkish Journal of Medical Sciences, 2020). [4]
Les signes avancés
À un stade plus évolué de la rhizarthrose, l’articulation de la base du pouce subit des modifications structurales qui se reflètent dans les symptômes cliniques. Une déformation progressive, un collapse de l’articulation trapézo-métacarpienne avec adduction du premier métacarpien, est associée à une douleur plus marquée lors des mouvements ou au repos, même si la fonction globale peut ne pas être davantage altérée, comme l’observe Flahive et al. (Journal of Hand Therapy, 2021). [2]
Ce type de déformation peut se traduire par une bosse à la base du pouce, une raideur importante et des douleurs persistantes qui limitent durablement la pince et les gestes quotidiens.
Quelles sont les causes et facteurs de risque de l’arthrose du pouce ?
Elle résulte le plus souvent d’une combinaison de plusieurs facteurs. Le vieillissement articulaire joue un rôle central, avec une altération progressive du cartilage. À cela s’ajoutent les gestes répétitifs, la laxité ligamentaire (qui rend l’articulation moins stable), les antécédents traumatiques et certains facteurs hormonaux, notamment chez la femme après la ménopause.
Les facteurs mécaniques
L’articulation trapézo-métacarpienne est très sollicitée dans les activités qui mobilisent la pince du pouce :
- Le travail manuel ;
- Le bricolage ;
- Certains sports (raquette, escalade, musculation) ;
- L’usage intensif du smartphone.
À long terme, ces sollicitations mécaniques favorisent l’usure du cartilage et l’apparition de la rhizarthrose.
Les facteurs biologiques
L’âge est le principal facteur de risque, la capacité de régénération du cartilage diminuant avec le temps. La génétique intervient également, certaines personnes étant plus prédisposées à l’arthrose de la main.
Diagnostic
Le diagnostic de l’arthrose du pouce repose avant tout sur l’examen clinique : douleur localisée à la base du pouce :
- Gêne à la pince ;
- Perte de force ;
- Parfois déformation visible.
Des radiographies permettent de confirmer le diagnostic et d’évaluer le stade de l’arthrose (pincement articulaire, ostéophytes), afin d’adapter la prise en charge.
Quelles solutions peuvent soulager l’arthrose du pouce ?
Sa prise en charge repose sur des solutions progressives, adaptées à l’intensité des douleurs et à la gêne fonctionnelle. L’objectif est de soulager la douleur, préserver la fonction de la main et ralentir l’évolution de l’arthrose. Attelles, adaptation des gestes, rééducation, traitements médicaux et, plus rarement, chirurgie peuvent être envisagés.
Les options non médicamenteuses
Elles constituent la base du traitement, en particulier aux stades débutants à modérés. L’économie articulaire consiste à modifier certains gestes du quotidien pour limiter les contraintes sur la pince (répartir l’effort, utiliser les deux mains, éviter les prises prolongées).
Le port d’une attelle, de repos ou d’activité, aide à stabiliser l’articulation et à diminuer la douleur. La kinésithérapie (ou rééducation de la main) permet de préserver la mobilité, renforcer les muscles stabilisateurs et améliorer la fonction sans sur solliciter l’articulation.
Les options médicales
En cas de douleurs plus marquées, des antalgiques ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent être proposés sur de courtes périodes. Les infiltrations (notamment de corticoïdes) peuvent apporter un soulagement temporaire lors de poussées douloureuses.
La chirurgie reste rare et réservée aux formes très invalidantes, lorsque les traitements conservateurs ne suffisent plus à contrôler la douleur et la perte fonctionnelle.
Les solutions naturelles
Certaines approches peuvent compléter la prise en charge, sans se substituer au suivi médical. La chaleur locale aide à détendre les tissus et à soulager la raideur. Des massages doux autour de la base du pouce peuvent améliorer le confort. L’ergonomie du poste de travail et l’utilisation d’outils facilitant la pince (ouvre-bocaux, poignées épaissies) réduisent les contraintes quotidiennes.
Quels exercices peuvent aider à réduire la douleur de l’arthrose du pouce ?
Les exercices adaptés font partie intégrante de la prise en charge de l’arthrose du pouce. Bien réalisés, ils préservent la mobilité, renforcent les muscles stabilisateurs et réduisent la douleur, sans surcharger l’articulation. L’objectif n’est jamais de forcer, mais de travailler en douceur et progressivement, en respectant les sensations.
Les exercices de mobilité
Les exercices de mobilité visent à entretenir l’amplitude articulaire et à limiter la raideur.
- La circumduction du pouce (petits cercles lents et contrôlés) permet de mobiliser l’articulation dans toutes ses directions.
- La mobilisation articulaire douce, en ouvrant et fermant la main ou en amenant progressivement le pouce vers les autres doigts, aide à conserver des mouvements fluides, sans douleur.
Les exercices de renforcement
Le renforcement doit rester léger et progressif, pour soutenir l’articulation sans l’agresser.
- Le travail avec un élastique souple ou une pâte de résistance faible permet de solliciter les muscles du pouce en contrôle.
- Les exercices de pince contre une résistance légère (presser doucement entre le pouce et l’index, puis relâcher) améliorent la stabilité et la force fonctionnelle, indispensables pour les gestes du quotidien.
Conclusion
L’arthrose du pouce est fréquente et évolutive, mais une prise en charge précoce limite souvent son impact. Elle correspond à l’usure du cartilage de l’articulation trapézo-métacarpienne, avec douleur, raideur et perte de force au quotidien. Selon la sévérité, attelle, adaptation des gestes, exercices et traitements médicaux peuvent soulager durablement.
Consultez si la douleur persiste, s’aggrave, déforme le pouce ou gêne fortement.
Ce contenu est informatif et éducatif. Il ne remplace pas un diagnostic médical, un traitement ou un avis personnalisé d’un professionnel de santé.
FAQ sur l’arthrose du pouce
Elle se soigne surtout par un accompagnement progressif. En première intention, on privilégie l’adaptation des gestes, le port d’une attelle, la rééducation de la main et des exercices doux. En cas de douleurs plus marquées, des soins médicamenteux ou des infiltrations peuvent être proposés. L'opération est réservée aux cas très invalidants.
Les plus fréquents sont une douleur mécanique à la base du pouce, une baisse de force à la pince, une raideur et une gêne pour les gestes de tous les jours (ouvrir un bocal, tourner une clé, écrire). Avec l’évolution, une déformation et des douleurs plus persistantes peuvent apparaître.
Il n’existe pas de “meilleure” pommade universelle. Les gels anti-inflammatoires peuvent aider temporairement chez certaines personnes. Les crèmes chauffantes ou à effet froid peuvent aussi apporter un confort ponctuel, mais elles ne traitent pas la cause. Leur efficacité varie selon les individus.
Les plus recommandés sont des mobilisations douces et contrôlées du pouce, comme les cercles lents, l’ouverture/fermeture de la main et les exercices de pince légère sans douleur. L’objectif est de préserver la mobilité et la force sans forcer l’articulation.