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Colique néphrétique : symptômes, causes et traitements des calculs rénaux

Ce qu'il faut retenir
La colique néphrétique est une douleur aiguë causée par un calcul rénal bloquant les voies urinaires. Cette crise intense, mais souvent brève, nécessite une prise en charge rapide et adaptée.
Colique néphrétique : symptômes, causes et traitements des calculs rénaux
Mis à jour le 10/07/2026 - Temps de lecture 9 min

La colique néphrétique, fréquemment causée par des cristaux de calcium ou d'acide urique accumulés dans les voies urinaires, survient souvent de manière brutale, sans prévenir, et peut rapidement devenir très difficile à supporter. Outre la douleur intense, elle peut susciter de nombreuses inquiétudes.

Dans cet article, vous allez comprendre les1 signes d’une colique néphrétique, ce qui la provoque et comment réagir efficacement pour soulager les symptômes et limiter les récidives.

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La colique néphrétique : qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’une crise douloureuse déclenchée par un calcul rénal qui obstrue les voies urinaires. Les calculs, aussi appelés lithiases, sont des petites masses solides qui se forment dans le rein [1].

Tant que le calcul reste dans le rein, il ne provoque souvent aucun symptôme. La douleur survient quand il se détache et s'engage dans l'uretère, le canal qui relie le rein à la vessie. L'urine ne peut plus s'écouler normalement : c'est cette mise sous pression brutale du rein et la dilatation en spasme de l'uretère qui déclenchent la crise [1].

Colique néphrétique : Cause et formation des calculs rénaux

Cause et formation des calculs rénaux

La cause principale des coliques néphrétiques est simple : une urine trop concentrée. Quand les minéraux présents dans l'urine dépassent leur seuil de solubilité, ils cristallisent et forment des calculs. Ces calculs sont composés en majorité de calcium (dans environ 80 % des cas), et plus rarement d'acide urique, de struvite ou de cystine [1].

Divers facteurs peuvent favoriser la formation de calculs :

  • Un manque d'hydratation : moins on boit, plus les urines sont concentrées.

  • Les fortes chaleurs : augmentent le risque de déshydratation, donc la concentration des urines.

  • Une alimentation déséquilibrée : trop de sel, trop de protéines animales, trop d'aliments riches en oxalates comme les épinards.

  • Les sodas sucrés : boire quotidiennement du soda sucré gazeux augmente le risque de 22 à 33 % par rapport à la consommation de moins d'un par semaine. Le fructose augmente également ce risque.

  • L'obésité, le diabète, l'hypertension et le syndrome métabolique.

  • Une acidité urinaire importante (inférieure ou égale à 5) : souvent liée à l’acidose métabolique, la goutte (crise de goutte) ou aux diarrhées chroniques, à des infections urinaires…

  • Un antécédent personnel : avoir déjà fait un calcul augmente le risque de récidive de 15 % dès la première année.

  • Un antécédent familial : le risque est multiplié par 2,5 en cas d'antécédent familial.

  • La prise de certains médicaments : atazanavir, indinavir, sulfonamides, triamtérène, silicates en excès… [1, 2]

Un excès de vitamine C (consommation supérieure à 1 000 mg/jour), une chirurgie bariatrique, et certaines gastro-intestinales augmentent aussi le risque. Le fait d’être un homme semble également augmenter le risque de calculs rénaux [1].

Comment reconnaître une colique néphrétique ? Les symptômes

Connaître les principaux signes d’une colique néphrétique peut vous aider à réagir de façon adaptée.

Voici les principaux symptômes connus :

  • Une douleur lombaire brutale et très intense : elle apparaît généralement d'un seul côté, au niveau du flanc ou du bas du dos. Son début est souvent soudain et son intensité peut rapidement devenir insupportable. La douleur survient parfois pendant la nuit et peut réveiller la personne en plein sommeil.

  • Une irradiation caractéristique : la douleur peut irradier vers l'abdomen, l'aine, les testicules ou les lèvres.

  • Des troubles urinaires : du sang dans les urines (hématurie) est présent chez 85 % des personnes. Lorsque le calcul se rapproche de la vessie, des envies fréquentes d'uriner, une urgence mictionnelle ou des brûlures urinaires peuvent également apparaître.

  • Une agitation permanente : contrairement à d'autres douleurs abdominales aiguës, les personnes atteintes de colique néphrétique ont souvent du mal à rester immobiles. Elles marchent, changent fréquemment de position ou se tordent de douleur sans parvenir à trouver une position qui les soulage [1, 3].

En revanche, la fièvre n'est pas un signe habituel de la colique néphrétique simple sans infection. Si elle est présente, elle peut signaler une pyonéphrose (infection du rein). Il s’agit d’une urgence chirurgicale [1].

Colique néphrétique : que faire ?

La prise en charge d’une colique néphrétique commence toujours par une consultation médicale. Selon les résultats, le médecin adapte ensuite la conduite à tenir et le traitement.

Consulter un médecin

Le diagnostic repose sur une évaluation médicale associée à plusieurs examens complémentaires. Ils permettent à la fois de confirmer la présence d’un calcul et de rechercher d’éventuelles complications.

L’analyse d’urine (ECBU) est généralement réalisée en première intention. Elle permet de détecter du sang dans les urines, des cristaux, ainsi que des signes d’infection (nitrites, leucocytes dans les urines, bactéries). Un bilan sanguin peut être ajouté selon le contexte clinique [1].

L’imagerie est ensuite essentielle pour identifier précisément le calcul. La tomodensitométrie abdominale et pelvienne sans injection de contraste (scanner de l’abdomen et du pelvis) constitue l’examen de référence, car elle est la plus fiable [1].

Dans certains cas, une radiographie peut compléter le bilan. Elle permet de visualiser les calculs calcifiés, bien qu’elle reste moins sensible et ne détecte pas les calculs de petite taille ou radiotransparents [1].

Faut-il se rendre aux urgences ?

Une douleur très intense, persistante ou difficile à calmer doit alerter. Dans ce contexte, un passage aux urgences est souvent nécessaire pour confirmer le diagnostic, débuter un traitement adapté et éviter les complications.

Les urgences permettent aussi d’éliminer les situations plus graves, comme une infection associée ou une obstruction complète, qui peuvent parfois nécessiter une intervention en urgence.

Soulager les symptômes

Après la consultation, le médecin prescrira des médicaments adaptés, au regard de votre situation (niveau de douleur, contre-indications…). L’objectif est avant tout de soulager les symptômes.

En première intention, la gestion de la douleur repose sur les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), souvent administrés par voie intraveineuse. Ils sont efficaces et permettent de limiter le recours aux opioïdes.

En cas de nausées ou de vomissements, des antiémétiques peuvent être prescrits, et une hydratation par perfusion peut être mise en place si nécessaire [1].

Combien de temps dure une colique néphrétique ?

La colique néphrétique évolue généralement par phases. Une première phase très intense et intermittente peut durer jusqu’à 2 heures. Elle est suivie d’une phase plus stable, sur environ 3 à 4 heures. Enfin, une phase de répit relatif peut survenir, même si des douleurs par vagues persistent encore pendant 4 à 16 heures [1].

L’épisode complet, depuis le début de la douleur jusqu’à l’expulsion spontanée du calcul, peut durer de quelques heures à plusieurs jours.

Selon une étude clinique portant sur 656 patients, plus de la moitié des calculs sont expulsés spontanément dans la semaine suivant la crise, et environ 74 % dans les deux semaines. Le délai moyen d’expulsion varie de 7 à 15 jours selon la taille du calcul [1]. Dans certains cas, une prise en charge médicale peut être nécessaire.

Quel est le traitement d'une colique néphrétique ?

La prise en charge d’une colique néphrétique se fait en deux étapes : soulager la douleur en urgence, puis favoriser l’élimination du calcul.

Lorsque les calculs sont de petite taille (inférieurs à 5 mm), un traitement médical peut être proposé. Les alpha bloquants (tamsulosine, alfuzosine, silodosine) sont souvent envisagés. Ils facilitent la relaxation de l’uretère et favorisent l’expulsion spontanée du calcul [1].

Quand le calcul ne s'évacue pas seul, l'urologue dispose de plusieurs options selon la taille et la localisation :

  • La lithotripsie extracorporelle par ondes de choc : des ondes de choc envoyées à travers la peau pour fragmenter le calcul. C'est une technique peu invasive, mais elle peut nécessiter plusieurs séances. Elle n'est pas recommandée pour les gros calculs.

  • L'urétéroscopie avec lithotripsie laser : une mini caméra est introduite par les voies naturelles pour atteindre le calcul et le fragmenter au laser. C'est la technique privilégiée pour les calculs de l'uretère, notamment dans sa partie basse.

  • La néphrolithotomie percutanée : pour les calculs volumineux dans le bassinet rénal. C'est la technique de référence pour les gros volumes.

  • Les traitements combinés (urétéroscopie + chirurgie percutanée) peuvent être envisagés dans les cas complexes.

  • La dissolution médicale est inefficace pour les calculs calciques. En revanche, les calculs d’acide urique peuvent être dissous en rendant les urines plus alcalines, notamment avec du citrate de potassium ou du bicarbonate de sodium [1].

Comment prévenir les récidives ?

Le taux de récidive est d'environ 50 % à 10 ans. La bonne nouvelle ? C'est en grande partie évitable. Un bilan urinaire des 24 heures permet d'identifier l'anomalie chimique responsable chez la plupart des patients et d'adapter une prévention personnalisée [1].

En complément du bilan médical, certaines mesures hygiéno diététiques permettent de réduire le risque de récidive :

  • Réduire le sel : une consommation élevée augmente l’excrétion urinaire de calcium et favorise la cristallisation.

  • Modérer les protéines animales : elles augmentent la production d'acide urique, réduisent le citrate urinaire et acidifient les urines. La consommation de calcium doit elle-aussi être apportée avec modération.

  • Privilégier un régime pauvre en oxalate.

  • Augmenter fibres, fruits et légumes (hors aliments riches en oxalates).

  • Éviter les sodas sucrés.

  • Boire du café : contrairement aux idées reçues, une consommation régulière de café (avec caféine) semble réduire les récidives.

  • Consommer du jus de citron : il peut être bénéfique grâce à sa teneur en citrates.
Une femme qui boit du jus de citron.

Enfin, l’hydratation est un pilier central de la prévention. L’objectif est d’atteindre un volume urinaire d’au moins 2L par jour, idéalement 2,5L. Toutefois, même si boire suffisamment est essentiel, cela ne suffit pas toujours. Des données cliniques suggèrent qu’une augmentation des apports hydriques améliore le volume urinaire sans réduire systématiquement les récidives sur deux ans [5].

La colique néphrétique en résumé

La colique néphrétique correspond à une crise douloureuse provoquée par la présence d’un calcul dans les voies urinaires. Si la douleur est souvent brutale et intense, elle n’est pas systématiquement grave. Toutefois, elle nécessite toujours une évaluation médicale pour confirmer le diagnostic.

La prise en charge repose d’abord sur le soulagement des symptômes (principalement la douleur et les nausées), puis sur l’élimination du calcul. Dans de nombreux cas, celui-ci est expulsé spontanément en quelques jours, mais certaines situations nécessitent un traitement urologique spécifique.

Le risque de récidive reste élevé. Heureusement, une bonne hydratation, une alimentation adaptée et un suivi médical permettent de réduire significativement la formation de nouveaux calculs.

Les informations mentionnées dans cet article sont fournies à titre indicatif uniquement et ne peuvent se substituer à l'avis d'un professionnel de santé.

FAQ sur la colique néphrétique

Elle se manifeste par une douleur brutale et très intense dans le bas du dos ou le flanc. Elle peut irradier vers l’aine et s’accompagner de nausées, vomissements ou sang dans les urines.

La crise peut durer de quelques heures à plusieurs jours selon la taille du calcul. Dans de nombreux cas, le calcul est expulsé spontanément en 7 à 15 jours.

Oui, en partie. Une bonne hydratation quotidienne, une alimentation adaptée et un suivi médical réduisent fortement le risque de nouveaux calculs.

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