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Acide urique bas ou élevé : comprendre votre taux

Ce qu'il faut retenir
Les taux normaux d'acide urique sont de 26-60 mg/L chez la femme et 35-72 mg/L chez l'homme. Un excès favorise la goutte et les calculs. Hydratation, alimentation saine et suivi médical peuvent aider.
Acide urique bas ou élevé : comprendre votre taux
Mis à jour le 26/06/2026 - Temps de lecture 8 min

Vous venez de recevoir vos résultats de laboratoire après une prise de sang et la ligne « acide urique » vous interpelle. Trop haut, ce marqueur sanguin expose à la goutte, une maladie articulaire douloureuse, et à des complications au niveau des reins. Trop bas, il intrigue votre médecin sans forcément l’alarmer.

Ce guide vous aide à décoder vos valeurs, à comprendre les causes d'un déséquilibre et à agir au quotidien grâce à des mesures simples et validées par la science.

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Qu'est-ce que l'acide urique ?

L'acide urique est le produit final, les “déchets”, de la dégradation des purines. Les purines sont des molécules azotées du noyau de chaque cellule : ADN et ARN. On les retrouve dans plusieurs catégories d'aliments :

  • les viandes rouges et les abats (foie, rognons, ris de veau)
  • certains poissons et fruits de mer (anchois, sardines, hareng, moules)
  • les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs)
  • la bière et les boissons sucrées au fructose

Le foie dégrade ces purines grâce à la xanthine oxydase, une enzyme dédiée. L'acide urique circule ensuite dans le sang. D’après les données scientifiques, les reins en éliminent environ 70 % par les urines [1]. Les 30 % restants passent par la voie digestive.

L'acide urique n'est pas qu'un simple déchet. À dose physiologique, l'urate (sa forme ionisée dans le sang) agit comme un antioxydant du plasma [1]. Il neutralise les radicaux libres et protège les vaisseaux contre le stress oxydatif. Sa puissance antioxydante rivalise avec celle de la vitamine C, et l'urate fournit à lui seul environ la moitié de la capacité antioxydante du plasma humain [1].

Un excès ou un déficit d'acide urique modifie cet équilibre. Votre médecin surveille ce taux pour repérer tout dysfonctionnement métabolique.

Quelles sont les valeurs normales d’acide urique ?

L'uricémie se mesure par une simple analyse de sang, à jeun. Les valeurs de référence diffèrent selon le sexe :

  • Chez la femme : entre 26 et 60 mg/L.
  • Chez l'homme : entre 35 et 72 mg/L.

Ces fourchettes varient légèrement d'un laboratoire à l'autre, pensez à vérifier les normes de votre compte-rendu.

On parle d'hyperuricémie au-delà de 60 mg/L chez la femme et de 70 mg/L chez l'homme [2]. Cette différence s'explique par l'effet uricosurique des œstrogènes, qui favorisent l'élimination rénale de l'acide urique avant la ménopause. Après celle-ci, les valeurs féminines se rapprochent progressivement de celles des hommes.

Le saviez-vous ?
Chez l’être humain, le gène de l’uricase (l’enzyme qui transforme l’acide urique en allantoïne) a perdu sa fonction il y a environ 15 à 20 millions d’années. Cela explique pourquoi nos taux d’acide urique plasmatique sont plus élevés que chez la plupart des autres mammifères.

Pourquoi doser l’acide urique ?

Votre médecin prescrit un dosage de l'uricémie dès qu'il suspecte un excès ou un déficit d'acide urique. Cette analyse oriente le diagnostic de plusieurs maladies et aide à adapter le traitement en cours.

Les principales raisons de prescrire ce dosage sont les suivantes :

  • une douleur articulaire brutale, notamment au gros orteil, évocatrice d'une crise de goutte [1]
  • la recherche de calculs rénaux ou d'une insuffisance rénale [2]
  • le suivi d'un syndrome métabolique : hypertension, diabète de type 2, surpoids [2]
  • la surveillance d'un traitement par diurétiques ou d'une chimiothérapie, deux situations qui élèvent l'uricémie [2]
  • un bilan cardiovasculaire, l'hyperuricémie étant associée à l'athérosclérose et à l'insulinorésistance [1]

Le dosage se fait par une prise de sang à jeun, parfois complétée par un recueil des urines sur 24 heures. Si votre analyse révèle des valeurs anormales, votre médecin adaptera la prise en charge en fonction du contexte clinique et de vos symptômes.

Une douleur articulaire brutale signe d'un acide urique

Acide urique élevé (hyperuricémie) : causes et risques

On parle donc d'hyperuricémie lorsque l'uricémie dépasse 70 mg/L chez l'homme ou 60 mg/L chez la femme [2]. L'organisme fabrique alors trop d'acide urique, ou les reins n'en éliminent pas assez.

Plusieurs facteurs, alimentaires et métaboliques, expliquent cette hausse. Et quand elle se prolonge, les conséquences sur la santé des articulations, des reins et du cœur se font sentir.

Les causes de la hausse

Plusieurs mécanismes font grimper l'uricémie. La maladie rénale chronique et l'obésité figurent parmi les causes les plus fréquentes [2].

Mais voici les autres causes possibles [2] :

  • Une alimentation riche en purines : la consommation de viande rouge, d'abats et de certains poissons (anchois, sardines) stimule la production d'acide urique par le foie

  • Le fructose et l'alcool : les boissons sucrées industrielles et la bière accélèrent la dégradation de l'ATP hépatique et favorisent ainsi un excès d'acide urique

  • Le surpoids et le syndrome métabolique : l'insulinorésistance freine l'excrétion rénale de l'acide urique

  • Certains médicaments : diurétiques, ciclosporine, aspirine à faible dose
Ces causes potentielles sont citées à titre indicatif. Consultez un médecin pour établir un diagnostic précis et écarter toute pathologie sous-jacente.

Les risques pour la santé

Lorsque l'excès d'acide urique se prolonge, trois types de complications apparaissent :

  • la crise de goutte : des cristaux d'urate se déposent dans les articulations, en particulier au gros orteil. L'inflammation qui en découle provoque une douleur intense, une rougeur et un gonflement brutal [1]

  • les calculs rénaux : les cristaux s'accumulent dans les voies urinaires et déclenchent une colique néphrétique [3]

  • le risque cardiovasculaire : l'hyperuricémie chronique accentue le stress oxydatif et abîme la paroi des vaisseaux [3]. Elle est également associée à l'hypertension et au diabète de type 2 [2]

  • l'atteinte rénale chronique : avec le temps, les dépôts d'urate dans les reins accélèrent la progression d'une maladie rénale [3]
Un suivi médical régulier de l'uricémie aide à prévenir ces complications, en particulier chez les hommes de plus de 50 ans, les femmes ménopausées et les personnes en surpoids.

Acide urique bas (hypo-uricémie) : est-ce grave ?

Un taux d'acide urique bas est nettement plus rare qu'une hausse. Il est le plus souvent découvert par hasard, lors d'un bilan de routine. La plupart des cas sont asymptomatiques [5].

Le tableau suivant résume les principales causes et les risques associés :

Catégorie

Détail

Insuffisance hépatique sévère

Le foie ne fabrique plus assez d'acide urique, car l'activité de la xanthine oxydase diminue

Maladie rénale génétique

Le syndrome de Fanconi ou l'hypo-uricémie idiopathique familiale provoquent une fuite d'urate dans les urines

Médicaments

Certains traitements hypouricémiants ou uricosuriques abaissent l'uricémie de façon excessive

Risque à surveiller

L'acide urique étant un antioxydant du plasma [1], un taux très bas réduit cette protection. Dans de rares cas, une lithiase urinaire ou une insuffisance rénale aiguë sont possibles [5]

L'hypo-uricémie isolée n'est en général pas une maladie en soi. Votre médecin en recherchera la cause et adaptera le suivi en fonction de vos symptômes et de votre organisme.

Comment diagnostiquer et traiter l'hyperuricémie ?

L'interprétation d'un dosage d'acide urique doit toujours se faire avec un médecin. Un résultat isolé ne suffit pas : le contexte clinique, les symptômes et les antécédents orientent la démarche médicale.

Le diagnostic s'appuie sur une prise de sang à jeun. Dans certains cas, le médecin prescrit aussi un recueil des urines sur 24 heures. Cette analyse évalue la capacité des reins à éliminer l'acide urique et aide à identifier le type de maladie en cause.

Lorsque l'hyperuricémie provoque des crises de goutte récurrentes, des calculs rénaux ou des lésions articulaires, un traitement au long cours est envisagé. Voici les grandes catégories de traitements médicamenteux :

  • les hypouricémiants : ces médicaments freinent la fabrication d'acide urique en bloquant la xanthine oxydase, à dose progressive sur plusieurs mois
  • les uricosuriques : ils augmentent l'élimination de l'acide urique par les reins, sous surveillance médicale
  • les anti-inflammatoires de la crise de goutte : le médecin prescrit un anti-inflammatoire ou un corticoïde pour calmer la douleur et l'inflammation de l'articulation touchée

Selon les recommandations de l'American College of Rheumatology (ACR), le traitement de fond débute à faible dose, avec une prophylaxie anti-inflammatoire d'au moins trois à six mois [4].

L'objectif : dissoudre les cristaux d'urate dans les articulations et prévenir les crises futures.

Comment réguler son taux d'acide urique naturellement ?

Avant d'en arriver aux médicaments, quelques ajustements au quotidien aident déjà à stabiliser le taux d'acide urique. L'alimentation, l'hydratation et le poids forment le socle de cette régulation :

  • boire au moins deux litres d'eau par jour : l'hydratation facilite l'élimination de l'acide urique et freine la formation de cristaux. Les meilleures eaux pour vos reins sont notamment les eaux riches en bicarbonates.
  • réduire la consommation de viande rouge, d'abats et de charcuteries, des aliments riches en purines [2]
  • limiter l'alcool, en particulier la bière, qui contient elle-même des purines [2]
  • bannir les sodas et les produits au sirop de glucose-fructose [2]
  • privilégier les laitages maigres et les légumes verts : les protéines du lait favorisent l'excrétion de l'acide urique, les légumes alcalinisent les urines
  • stabiliser son poids progressivement : le surpoids aggrave l'insulinorésistance, mais les jeûnes prolongés et les régimes hyperprotéinés provoquent eux aussi une hausse via la cétose
Solution pour l'acide urique, une bonne hydratation

Dans un contexte de déséquilibre d'acide urique, un apport ciblé en multivitamines peut aider l'organisme à stabiliser sa balance antioxydante, notamment grâce à la vitamine C qui soutient la régulation de l'acide urique.

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Ces solutions et conseils ne doivent être envisagés qu'une fois toute pathologie écartée par votre médecin. Elles ne remplacent pas un suivi médical.

L’acide urique en bref

Pour garder en tête l'essentiel de ce guide, retenez que le taux normal d'acide urique dans le sang se situe entre 26 et 60 mg/L chez la femme et entre 35 et 72 mg/L chez l'homme.

Si vos résultats dépassent ces seuils ou si des symptômes apparaissent, il est important de consulter un médecin. C'est notamment le cas lors d'une crise de goutte, qui se traduit par des cristaux se déposant dans une articulation et provoquant une douleur ainsi qu'une inflammation brutales. Une consultation s'impose alors dès la première manifestation.

Pour réguler ce taux au quotidien, l'alimentation est primordiale : il convient de limiter la viande rouge, l'alcool et les produits au fructose industriel, tout en privilégiant les légumes et les laitages maigres.

Si ces mesures diététiques ne suffisent pas à normaliser la situation, un médecin pourra vous orienter vers des traitements médicamenteux capables de freiner la production d'acide urique ou de calmer l'inflammation, une aide indispensable si les crises se répètent ou si des complications rénales surviennent.

Enfin, un taux anormalement bas, appelé hypouricémie, reste rare et le plus souvent sans symptôme, bien qu'il puisse être lié à une maladie hépatique ou génétique ; une consultation médicale devient alors nécessaire si ce taux très bas s'accompagne de manifestations rénales.

Les informations de cet article sont données à titre éducatif. Elles ne remplacent pas un avis médical. Consultez votre médecin ou votre pharmacien avant toute décision de santé.

FAQ : acide urique, vos questions les plus fréquentes

L'excès d'acide urique vient le plus souvent d'une alimentation riche en purines (viande rouge, abats, bière), d'un surpoids ou d'une insuffisance des reins à éliminer ce déchet. Certains médicaments et le fructose industriel aggravent aussi la situation [2].

La crise de goutte se manifeste par une douleur brutale dans une articulation, le plus souvent le gros orteil. La zone devient rouge, gonflée et chaude, parfois au point de ne plus supporter le contact d'un drap. Ces épisodes surviennent fréquemment la nuit [1].

Le traitement associe des mesures diététiques (limiter les purines, l'alcool et le fructose) et, si les crises se répètent, des médicaments hypouricémiants prescrits au long cours.

Boire au moins deux litres d'eau par jour, privilégier les légumes verts et les laitages maigres, stabiliser son poids progressivement et limiter la consommation d'alcool. Ces habitudes aident le corps à mieux éliminer l'acide urique et à préserver le confort articulaire [2].

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