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Crise de goutte : comment soulager la douleur et éviter les récidives ?

Ce qu'il faut retenir
Une crise de goutte provoque une douleur articulaire intense liée aux cristaux d’acide urique. Des traitements existent pour soulager les symptômes et prévenir les récidives.
Crise de goutte : comment soulager la douleur et éviter les récidives ?
Mis à jour le 24/07/2026 - Temps de lecture 12 min

La goutte est une maladie inflammatoire chronique qui concerne entre 0,9 % et 2,5 % de la population selon les pays. Elle touche principalement les hommes et sa fréquence augmente avec l’âge [1]. Cette maladie est liée à un excès d’acide urique dans le sang.

Dans cet article, nous vous expliquerons comment reconnaître une crise de goutte, identifier ses causes et mieux appréhender cette maladie. Nous vous présenterons également les solutions disponibles pour la prendre en charge et limiter les récidives.

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Qu'est-ce qu'une crise de goutte et d’où vient-elle ?

La crise de goutte est une maladie métabolique qui se manifeste par une inflammation articulaire aiguë. Elle est provoquée par la formation de cristaux d’urate monosodique dans les articulations et les tissus qui les entourent [1, 2].

Ces cristaux apparaissent lorsque le taux d’acide urique devient trop élevé dans le sang. L’acide urique est un déchet naturel produit lors de la dégradation des purines, des molécules présentes dans nos cellules.

Le saviez-vous ?
L’organisme fabrique principalement l’acide urique au niveau du foie, avec une contribution plus faible de l’intestin grêle. Les reins participent ensuite à son élimination : environ 90 % de l’acide urique filtré est réabsorbé avant d’être évacué dans les urines.

Lorsque le corps en produit en trop grande quantité ou que les reins ne parviennent pas à l’éliminer correctement, son taux augmente. Cette situation, appelée hyperuricémie, favorise progressivement la formation de cristaux d’urate.

La cristallisation survient généralement lorsque le taux d’acide urique dépasse 6,8 mg/dL (environ 400 µmol/L), soit la limite de solubilité de l’acide urique dans le sang. Pour apparaître, ces dépôts nécessitent toutefois une exposition prolongée à un excès d’acide urique.

Les cristaux produits sont reconnus comme des corps étrangers par le système immunitaire. Ils activent alors des cellules de défense qui déclenchent une forte inflammation et provoque les manifestations typiques de la crise de goutte au niveau de l’articulation touchée [2].

Le saviez-vous ?

Une hyperuricémie persistante peut également favoriser la formation de calculs urinaires, parfois à l’origine de coliques néphrétiques. Bien que différentes, ces deux maladies sont liées à une même cause : un excès durable d’acide urique [3].

Quels sont les facteurs favorisant une crise de goutte ?

Le déclenchement d’une crise de goutte peut avoir de nombreuses causes. Il peut dépendre de prédispositions individuelles, de facteurs liés au mode de vie ou à l’alimentation.

Voici les différents facteurs pouvant favoriser une augmentation du taux d’acide urique dans le sang ou perturber son élimination par l’organisme :

  • Le surpoids et l’obésité : un indice de masse corporelle élevé est fréquemment associé à l’hyperuricémie. L’obésité favorise à la fois une production plus importante d’urate et une diminution de son élimination par les reins [4].

  • L’alcool et certains excès alimentaires : les aliments riches en purines, comme les fruits de mer, les bouillons ou les abats, peuvent augmenter la quantité d’acide urique dans le sang. La consommation de bière et d’alcools forts joue également un rôle. Ils agissent à la fois par leur teneur en purines et par l’éthanol, qui réduit l’élimination rénale de l’acide urique. Les boissons sucrées riches en fructose et les jus de fruits peuvent également favoriser l’hyperuricémie [4, 5].

  • Le diabète de type 2 et le syndrome métabolique : ces maladies s’accompagnent souvent d’une résistance à l’insuline. Lorsque les cellules répondent moins bien à cette hormone, les reins éliminent moins efficacement l’acide urique. Celui-ci peut alors s’accumuler dans le sang et favoriser l’hyperuricémie [6].

  • Certaines maladies chroniques : l’hypertension artérielle ou encore l’insuffisance rénale chronique sont fréquemment associées à la goutte. Par ailleurs, un dysfonctionnement de la thyroïde, qu’il s’agisse d’une hyperthyroïdie ou d’une hypothyroïdie, peut également perturber le taux d'acide urique dans l’organisme [1, 2, 7].

  • Certains médicaments : les traitements diurétiques, souvent prescrits contre l’hypertension artérielle, peuvent eux aussi augmenter le taux d’acide urique dans le sang. Ils diminuent son élimination par les reins, ce qui favorise son accumulation [2, 3].

  • La ménopause : avant la ménopause, les œstrogènes favorisent l’élimination rénale de l’acide urique. Chez les femmes en âge de procréer, le taux d’acide urique est ainsi naturellement plus bas que chez les hommes du même âge. Après la ménopause, ce taux augmente et rejoint progressivement celui observé chez les hommes adultes, ce qui explique la hausse du risque de goutte durant cette période [2].

Enfin, certaines situations de stress physique ou psychologique peuvent modifier brutalement le taux d’urate dans l’organisme et déclencher une crise. C’est notamment le cas d’une maladie aiguë, d’une intervention chirurgicale récente, d’un traumatisme ou d’une déshydratation [2].

Causes crises de gouttes

Quels sont les symptômes caractéristiques de la crise ?

La crise de goutte présente des signes cliniques typiques qui permettent de la distinguer d’autres douleurs articulaires. Elle se manifeste généralement par :

  • Une douleur brutale, souvent la nuit : la crise apparaît généralement sans signe avant-coureur majeur. Elle survient fréquemment au milieu de la nuit ou au petit matin, avec des douleurs intenses pouvant réveiller la personne concernée [2].
  • Une articulation douloureuse, rouge et gonflée : l’inflammation provoque un gonflement marqué et une rougeur autour de l’articulation touchée. La zone peut également être chaude et très sensible. Ces signes peuvent parfois rendre difficile la distinction avec d’autres maladies comme une infection articulaire [1].
  • Une atteinte fréquente du pied (gros orteil) : dans environ 50 % des cas, la première crise touche l’articulation située à la base du gros orteil. Cette localisation porte le nom de podagre. La cheville et le genou font également partie des articulations souvent concernées, avec une atteinte estimée à 10 à 15 % des cas pour chacune. Les articulations du tarse, certains tendons et les bourses séreuses peuvent aussi être touchés [1, 2].

Même si la goutte concerne principalement le pied, elle peut également atteindre les mains. Cette atteinte reste moins fréquente et survient plutôt à un stade avancé de la maladie [8].

La crise peut parfois s’accompagner d’une fièvre et d’une augmentation du nombre de globules blancs dans le sang. Ces signes peuvent compliquer la distinction avec certaines infections articulaires [2].

Comment diagnostiquer une crise de goutte ?

Le diagnostic de la goutte repose sur un ensemble d’éléments évalués en médecine par un professionnel de santé. Le médecin s’appuie sur les symptômes décrits par le patient et les examens complémentaires pour établir son diagnostic.

L’interrogatoire clinique constitue une première étape importante. Le médecin recherche les caractéristiques typiques d’une crise de goutte, comme des douleurs apparaissant brutalement, souvent au niveau du pied, avec un pic d’intensité atteint en moins de 24 heures.

Une prise de sang peut également être réalisée pour mesurer le taux d’acide urique dans le sang, appelé uricémie. Toutefois, ce dosage doit être interprété avec prudence. En effet, au moment de la crise, l’uricémie peut être moins représentative, car une partie de l’acide urique s’est déposée sous forme de cristaux dans l’articulation. Le dosage est donc plus fiable à distance de l’épisode aigu, idéalement plus de quatre semaines après le début de la crise [9].

Crise de goutte et prise de sang

L’examen de référence reste la mise en évidence des cristaux d’urate monosodique dans le liquide articulaire. Pour cela, le médecin réalise une ponction de l’articulation afin de prélever un échantillon de liquide synovial. Cette substance est ensuite observée au microscope pour identifier directement les cristaux responsables de la goutte.

Selon les situations, cette analyse permet également d’écarter d’autres causes d’inflammation des articulations, notamment une infection comme une arthrite septique [1].

Quels sont les traitements de la goutte ?

La prise en charge de la goutte repose sur deux approches complémentaires : le traitement de la crise aiguë, qui vise à soulager rapidement l’inflammation et la douleur, et le traitement de fond, destiné à réduire durablement le taux d’acide urique.

Le traitement de la crise aiguë doit être débuté le plus rapidement possible après l’apparition des premiers symptômes. Les recommandations médicales reposent principalement sur trois options :

  • La colchicine : ce traitement est spécifiquement utilisé lors des crises de goutte. Il agit en diminuant la réaction inflammatoire provoquée par les cristaux d’urate [10].
  • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens : ils peuvent être utilisés pour diminuer l’inflammation et soulager les douleurs liées à la crise.
  • Les corticoïdes : ils peuvent être administrés par voie orale ou directement dans l’articulation. L’injection locale de corticoïdes peut agir rapidement pour réduire l’inflammation et les douleurs associées [1,2].

Le traitement de fond est proposé aux personnes présentant des crises répétées (deux crises ou plus par an). Il peut aussi être indiqué en cas de dépôts de cristaux visibles sous la peau (tophus), d’atteinte des articulations ou de calculs rénaux.

Il est débuté après la résolution de la crise aiguë et vise à maintenir durablement le taux d’acide urique sous le seuil de 360 µmol/L (soit 6 mg/dL).

Les traitements hypo-uricémiants, comme l’allopurinol ou le fébuxostat, sont utilisés en première intention. Ils agissent en bloquant une enzyme impliquée dans la fabrication de l’acide urique, ce qui permet d’en diminuer progressivement la concentration sanguine [2].

D’autres médicaments appelés uricosuriques, comme le probénécide ou le lésinurad, peuvent être envisagés en seconde intention. Ils favorisent l’élimination de l’acide urique par les reins, mais sont déconseillés chez les personnes ayant des antécédents de calculs rénaux [1].

Bon à savoir :

Le début d’un traitement hypo-uricémiant peut paradoxalement déclencher une nouvelle crise de goutte, notamment durant les trois premiers mois.

C’est pourquoi un traitement préventif par colchicine à faible dose, anti-inflammatoires non stéroïdiens ou corticoïdes peut être prescrit par un médecin pendant les 3 à 6 premiers mois [1].

Combien de temps dure une crise de goutte ?

La durée varie selon les personnes et la rapidité de la prise en charge. Sans traitement, l’épisode aigu disparaît généralement spontanément en quelques jours.

Une première crise peut durer entre 3 et 14 jours. L’inflammation atteint souvent son maximum dans les 12 à 24 premières heures, avec une rougeur et un gonflement particulièrement marqués autour de l’articulation touchée.

Un traitement mis en place rapidement permet d’accélérer la diminution des symptômes. En effet, plus la prise en charge intervient tôt après le début de la crise, plus les douleurs et l’inflammation régressent rapidement [2].

En l’absence de prise en charge durable de l’hyperuricémie, les récidives deviennent fréquentes. Dans les faits, environ 60 % des patients présentent une nouvelle crise dans l’année et 80 % dans les trois ans.

À l’inverse, un traitement de fond contre l’hyperuricémie permet progressivement de réduire la fréquence des crises [11].

Durée crise de goutte

Comment soulager immédiatement une crise de goutte ?

Lors d’une crise de goutte, certaines mesures simples peuvent aider à réduire l’inconfort en complément de la prise en charge en médecine. Vous pouvez par exemple :

  • Appliquer du froid sur l’articulation : l’utilisation d’une poche de glace peut aider à diminuer le gonflement et à soulager temporairement les douleurs. En pratique, placez la glace dans un linge propre pour protéger la peau, puis appliquez-la pendant quelques minutes sur la zone douloureuse.
  • Mettre l’articulation au repos : évitez de solliciter l’articulation touchée. Limiter les mouvements permet de réduire les contraintes sur la zone inflammatoire.
  • Surélever le membre atteint : lorsque cela est possible, placer le membre sur un coussin peut aider à limiter le gonflement.
  • Éviter les pressions sur l’articulation : lorsque la crise touche le pied ou le gros orteil, un dispositif permettant de maintenir les draps éloignés de la zone douloureuse peut améliorer le confort, car le simple contact des couvertures peut parfois être difficile à supporter [2, 12].

Ces mesures peuvent être associées aux anti-inflammatoires prescrits lors d’une crise de goutte.

Comment prévenir la goutte ?

La prévention de la goutte repose également sur des changements durables des habitudes de vie. Plusieurs ajustements peuvent ainsi être intégrés au quotidien :

  • Limiter les aliments riches en purines : côté alimentation, certains produits contiennent beaucoup de purines, comme les abats, les fruits de mer, les bouillons ou certaines viandes. Ils peuvent ainsi augmenter le taux d’acide urique dans le sang. À l’inverse, une alimentation riche en légumes, céréales complètes, graines et noix est associée à un risque plus faible de goutte [1, 2].
  • Réduire la consommation d’alcool et les produits riches en fructose : la bière, les alcools forts, les boissons sucrées au fructose et certains jus de fruits peuvent favoriser l’hyperuricémie [5].
  • Privilégier certains ingrédients : les produits laitiers allégés, le café et les cerises sont associés à des effets favorables sur l’équilibre de l’acide urique [1,2].
  • Veiller à une bonne hydratation : boire suffisamment d’eau permet de limiter la déshydratation, qui peut favoriser le déclenchement d’une crise aiguë de goutte [1,2].
  • Favoriser une perte de poids progressive en cas de surpoids : une réduction de la masse grasse peut améliorer l’équilibre métabolique. En revanche, les régimes trop restrictifs et le jeûne prolongé sont déconseillés. Ils peuvent perturber le métabolisme et favoriser une crise de goutte [2,13].

Les changements d’alimentation et d’hygiène de vie viennent compléter la prise en charge médicale de la goutte.

La crise de goutte en résumé

La crise de goutte est une maladie liée à un dérèglement du métabolisme de l’acide urique. Elle résulte de la formation de cristaux d’urate dans les articulations, responsables d’une inflammation et de douleurs parfois très importantes.

Une prise en charge adaptée permet aujourd’hui de mieux contrôler cette maladie. Les traitements prescrits en médecine peuvent soulager les crises aiguës et réduire le risque de récidives sur le long terme.

Au quotidien, certains changements d’habitudes peuvent également contribuer à préserver sa santé. Une alimentation adaptée, un apport suffisant en eau et une attention portée aux facteurs favorisant l’excès d’acide urique participent à un meilleur équilibre du métabolisme.

Il est toutefois important de rappeler que les mesures liées au mode de vie ne remplacent pas un traitement médical lorsque celui-ci est nécessaire.

Les informations mentionnées dans cet article sont fournies à titre indicatif uniquement et ne peuvent se substituer à l'avis d'un professionnel de santé.

FAQ sur la crise de goutte

Une crise de goutte apparaît généralement brutalement, souvent la nuit ou au petit matin. Elle provoque une douleur intense au niveau d’une articulation, qui devient rouge, gonflée et très sensible. Le pied est fréquemment touché.

Les médicaments utilisés en médecine pour traiter la goutte dépendent de la situation. La colchicine, les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les corticoïdes peuvent soulager une crise aiguë. En cas de récidives, un traitement de fond comme l’allopurinol peut être proposé pour réduire durablement le taux d’acide urique.

L’alimentation joue un rôle dans la prévention des crises de goutte. Il est conseillé de limiter les produits riches en purines, l’alcool, la bière et les boissons riches en fructose. À l’inverse, certains aliments comme les légumes, les céréales complètes, les produits laitiers allégés ou les cerises peuvent contribuer à un meilleur équilibre de l’acide urique.

Références :
[5]

Ma, W. et al. Impact of alcohol consumption on hyperuricemia and gout: a systematic review and meta-analysis. Front Nutr 12, 1588980 (2025).

[6]

Perez-Ruiz, F. et al. Renal clearance of uric acid is linked to insulin resistance and lower excretion of sodium in gout patients. Rheumatol Int 35, 1519–1524 (2015).

[7]

Chao, G., Zhu, Y. & Fang, L. Retrospective Analysis of the Correlation between Uric Acid and Thyroid Hormone in People with Normal Thyroid Function. J Diabetes Res 2019, 5904264 (2019).

[8]

Meyer Zu Reckendorf, G. & Dahmam, A. Hand involvement in gout. Hand Surgery and Rehabilitation 37, 197–201 (2018).

[9]

Neogi, T. et al. 2015 Gout Classification Criteria: An American College of Rheumatology/European League Against Rheumatism Collaborative Initiative. Arthritis Rheumatol 67, 2557–2568 (2015).

[10]

Leung, Y. Y., Hui, L. L. Y. & Kraus, V. B. Colchicine --- update on mechanisms of action and therapeutic uses. Semin Arthritis Rheum 45, 341–350 (2015).

[11]

Uhlig, T. et al. One- and 2-year flare rates after treat-to-target and tight-control therapy of gout: results from the NOR-Gout study. Arthritis Res Ther 24, 88 (2022).

[12]

Mallen, C. D., Davenport, G., Hui, M., Nuki, G. & Roddy, E. Improving management of gout in primary care: a new UK management guideline. Br J Gen Pract 67, 284–285 (2017).

[13]

Miller, S. G. et al. Uric acid formation is driven by crosstalk between skeletal muscle and other cell types. JCI Insight 9, e171815 (2024).

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