ARTICLES SANTÉ

Compléments alimentaires pendant la grossesse : utiles ou pas ?

Ce qu'il faut retenir
Les compléments peuvent être utiles pendant la grossesse, mais uniquement de façon ciblée. Ils ne remplacent ni une alimentation équilibrée ni un suivi médical personnalisé.
Compléments alimentaires pendant la grossesse : utiles ou pas ?
Publié le 14/01/2026 - Temps de lecture 7 min

Pendant la grossesse, les compléments alimentaires suscitent de nombreuses interrogations : sont-ils vraiment nécessaires, pour qui, et à quel moment ? S’ils peuvent être proposés dans des situations ciblées (par exemple en cas de carence avérée ou de besoins nutritionnels accrus) ces produits ne remplacent jamais une alimentation équilibrée ni un suivi médical adapté. Aussi, une supplémentation mal choisie ou prise sans avis professionnel peut s’avérer inutile, voire délétère, tant pour la mère que pour le fœtus. L’enjeu est donc de comprendre quand et pourquoi une supplémentation peut être pertinente, sans jamais perdre de vue l’essentiel.

Nos produits associés

Les compléments alimentaires sont-ils nécessaires pendant la grossesse ?

Non, les compléments alimentaires ne sont pas systématiquement nécessaires pendant la grossesse, et leur utilité dépend avant tout de votre situation individuelle.

Les besoins en nutriments augmentent au fil de la grossesse. À titre d’exemple, les apports en fer peuvent drastiquement augmenter au troisième trimestre, notamment pour soutenir l’augmentation du volume sanguin et le développement du fœtus, comme expliqué par Adam K. Lewkowitz et al. dans une revue scientifique de 2023. [1]

Chez une femme en bonne santé, sans carence diagnostiquée, les apports peuvent être majoritairement couverts par l’alimentation qui demeure donc la base prioritaire pour répondre à ces besoins accrus. Une alimentation variée et équilibrée, riche en fruits, légumes, protéines de qualité, produits céréaliers complets et bonnes sources de lipides, permet de couvrir la majorité des micronutriments essentiels.

Le saviez-vous ?
Une publication de Bernadette P. Marriott dans The American Journal of Clinical Nutrition en 2023 examine les apports alimentaires usuels de micronutriments chez des femmes enceintes et montre que, même avec une alimentation ordinaire, de nombreux nutriments essentiels peuvent être apportés à des niveaux proches des recommandations, tandis que certains comme le fer, l’acide folique ou la vitamine D restent difficiles à couvrir uniquement par l’alimentation. [2]

Les compléments alimentaires ne doivent ainsi être envisagés qu’en cas de besoin identifié, sur la base d’un bilan médical ou de recommandations claires d’un professionnel de santé. Carences avérées, régime alimentaire restrictif, troubles digestifs limitant l’absorption ou grossesses rapprochées sont autant de situations où une supplémentation ciblée peut être pertinente.

Quels compléments alimentaires sont le plus souvent proposés pendant la grossesse ?

Jamais indispensables, une poignée de compléments sont pourtant généralement recommandés pour les femmes enceintes par les professionnels de santé.

Vitamines et minéraux fréquemment évoqués

Parmi les compléments alimentaires les plus souvent proposés pendant la grossesse, on retrouve principalement certaines vitamines et minéraux impliqués dans le développement du fœtus et la santé maternelle. Ces micronutriments ne sont pas systématiquement nécessaires chez toutes les femmes enceintes, mais peuvent être recommandés de manière ciblée lorsque les apports alimentaires sont insuffisants ou qu’un risque de carence est identifié par un professionnel de santé.

Micronutriment

Pourquoi est-il important pendant la grossesse ?

Vitamine B9 (acide folique)

Essentielle dès le début de la grossesse pour soutenir la division cellulaire et le bon développement du système nerveux du fœtus [3]

Fer

Contribue à la formation des globules rouges et à l’augmentation du volume sanguin maternel [1]

Iode

Indispensable au bon développement cérébral et au fonctionnement de la thyroïde [4]

Calcium (selon les apports)

Contribue à la réduction du risque de troubles hypertensifs comme la prééclampsie et favorise une meilleure santé maternelle et fœtale [5]

Quid de la vitamine D ? Une méta-analyse récente publiée en 2024 a examiné la supplémentation en vitamine D pendant la grossesse et montre des bénéfices potentiels (notamment une réduction du risque d’hémorragie grave du post-partum) tout en soulignant que les preuves sont encore limitées et que les recommandations doivent être individualisées. [6]

Vitamine D3 K2
Vitamine D3 K2-MK7 1000 UI

Cette vitamine D3 a été bien conçue avec une synergie avec la K2 MK7 dans un corps gras pour renforcer l’assimilation. Le goût est neutre. Pour ma part je prends 12 gouttes en plus du multivitamines. Je la recommande donc !


Perceval N.

5/5

Compléments “tout-en-un” : avantages et limites

Les compléments alimentaires dits “tout-en-un”, souvent présentés comme des formules « spéciales grossesse », séduisent par leur praticité, puisqu’ils regroupent en une seule prise plusieurs vitamines et minéraux clés. Cette approche peut sembler rassurante, mais elle comporte aussi des limites importantes.

Les dosages sont standardisés et ne tiennent pas toujours compte de vos apports alimentaires réels ni de votre statut nutritionnel, ce qui peut conduire à des apports inutiles, voire excessifs pour certains micronutriments.

L’intérêt de ces formules reste donc variable selon les profils. Elles peuvent avoir un sens chez certaines femmes présentant plusieurs insuffisances potentielles ou un accès limité à une alimentation variée, mais sont souvent peu adaptées dans le cadre d’un suivi nutritionnel individualisé.

Chez une femme en bonne santé, avec une alimentation équilibrée et des bilans biologiques rassurants, un complément “tout-en-un” peut apporter des nutriments déjà couverts par l’alimentation, sans bénéfice supplémentaire démontré.

Compléments alimentaires durant la grossesse : oui, mais quand ?

Vous l’aurez compris, la personnalisation est un principe clé, car les besoins nutritionnels varient fortement d’une femme à l’autre en fonction de l’alimentation, de l’état de santé et du contexte de la grossesse. Voici les principales situations dans lesquelles une supplémentation peut être pertinente :

  • Projet de grossesse ou tout début de grossesse. Une supplémentation en acide folique est recommandée par l’OMS avant et pendant la grossesse afin de réduire significativement le risque d’anomalies du tube neural. [7]
  • Carences avérées ou suspectées. En cas de carence diagnostiquée (fer, vitamine D, iode…) ou de signes évocateurs confirmés par un bilan biologique, une supplémentation ciblée permet de corriger plus efficacement les déficits. Elle vise alors à prévenir des complications maternelles et fœtales, comme l’anémie ou certains troubles du développement.
  • Alimentation restrictive ou troubles digestifs. Les régimes végétariens ou végétaliens, les intolérances alimentaires, les nausées sévères, vomissements ou troubles de l’absorption peuvent limiter les apports nutritionnels. Dans ces situations, une supplémentation adaptée peut compenser les apports insuffisants liés aux contraintes alimentaires ou digestives.
  • Besoins augmentés spécifiques. Certains contextes (grossesses multiples, grossesses rapprochées, antécédents d’anémie, surcharge pondérale ou pathologies chroniques) peuvent augmenter les besoins en certains micronutriments et justifier une supplémentation spécifique, toujours encadrée par un professionnel de santé.

L’enjeu n’est donc pas de « prendre des compléments par précaution », mais d’adopter une approche individualisée, fondée sur vos besoins réels, afin d’optimiser votre santé et celle du futur bébé sans produits inutiles ou dosages excessifs.

Compléments alimentaires et grossesse : précautions et idées reçues

Contrairement à une idée répandue, “naturel” ne signifie pas “sans risque” pour le bébé.

Certaines vitamines, minéraux ou produits d’origine naturelle peuvent avoir des effets indésirables lorsqu’ils sont consommés en excès ou à des périodes sensibles de la grossesse. L’exemple le plus parlant est celui de la vitamine A expliqué par Raegan B. Abadie et al. dans une revue publiée en 2023. Ces derniers indiquent que des niveaux excessifs de vitamine A pendant la grossesse peuvent mener à des malformations du système nerveux central et d’autres anomalies congénitales chez le fœtus. [8]

Autre point souvent sous-estimé : les interactions possibles. Certains compléments peuvent interférer entre eux ou avec des traitements prescrits pendant la grossesse, modifiant leur absorption ou leur efficacité. Le risque d’excès cumulés est également réel, notamment lorsque plusieurs compléments sont associés (formule “tout-en-un”, compléments isolés, aliments enrichis). Ces apports additionnés peuvent conduire à dépasser les seuils de sécurité sans que cela soit perceptible à court terme.

Enfin, la qualité et la traçabilité des compléments alimentaires sont des critères essentiels, en particulier pendant la grossesse. Tous les produits ne se valent pas en termes de pureté, de biodisponibilité ou de contrôle des contaminants. C’est pourquoi, chez Nutripure, nous mettons l’accent sur des formules transparentes et des matières premières rigoureusement sélectionnées.

Pour toutes ces raisons, l’avis et le suivi par un professionnel de santé est fortement recommandé.

Comment choisir un complément alimentaire pendant la grossesse ?

Le choix d’un complément alimentaire pendant la grossesse doit toujours s’inscrire dans une démarche réfléchie et encadrée : l’avis d’un professionnel de santé, médecin ou sage-femme, reste indispensable pour identifier vos besoins réels et éviter toute supplémentation inutile.

Il est ensuite essentiel de vérifier attentivement les dosages, afin qu’ils soient conformes aux recommandations officielles et adaptés à votre situation, sans dépasser les seuils de sécurité. La durée de prise doit également être ajustée, car tous les compléments ne sont pas destinés à être consommés tout au long de la grossesse.

Enfin, les besoins nutritionnels évoluent au fil des trimestres, ce qui implique de réévaluer régulièrement la pertinence de la complémentation, notamment en fonction de l’alimentation, des bilans biologiques et de l’évolution de la grossesse.

Conclusion

En résumé, les compléments alimentaires peuvent avoir leur place pendant la grossesse, mais ils ne constituent jamais une solution universelle ni automatique. Leur intérêt repose sur une évaluation individualisée des besoins, en tenant compte de l’alimentation, du contexte de santé et du stade de la grossesse. Une supplémentation bien choisie, ciblée et temporaire peut contribuer à prévenir certaines carences, tandis qu’une prise non encadrée expose à des apports inutiles ou excessifs.

Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un médecin. Toute prise de complément alimentaire pendant la grossesse doit être discutée avec un professionnel de santé.

FAQ sur les compléments alimentaires durant la grossesse

Il n’existe pas de produit miracle universel : le plus adapté est celui qui répond à vos besoins personnels en termes, identifiés avec un professionnel de santé.

Non, ce n’est pas forcément grave si votre apport en nutriments est équilibré et qu’aucune carence n’est présente, car la complémentation n’est justifiée qu’en cas de besoin identifié.

L’acide folique est généralement recommandé jusqu’à la fin du premier trimestre, sauf indication médicale particulière prolongeant la supplémentation.

Références :
[5]

Angeliki Gerede et al. Calcium Supplementation in Pregnancy: A Systematic Review of Clinical Studies, PubMed, 2025

[6]

Cristina Palacios et al. La supplémentation en vitamine D chez la femme enceinte, Cochrane Library, 2024

[7]

Organisation Mondial de la Santé, Periconceptional folic acid supplementation to prevent neural tube defects, 2023

[8]

Raegan B. Abadie et al. Vitamin A-Mediated Birth Defects: A Narrative Review, Cureus, 2023