La progestérone est une hormone essentielle au bon déroulement du cycle menstruel,. Son rôle principal est de préparer le corps à une éventuelle grossesse en soutenant la phase lutéale, mais son taux peut varier d’un cycle à l’autre et selon les cas. Ces variations sont le plus souvent physiologiques et participent à l’équilibre de la santé hormonale féminine, sans nécessiter de traitement systématique.
Comprendre son fonctionnement peut vous aider à mieux décoder les signaux de votre corps et à identifier ce qui relève de variations normales ou d’un déséquilibre hormonal.
Quel est la fonction de la progestérone ?
La progestérone prépare l’endomètre à l’implantation de l’ovule fécondé et régule la seconde moitié du cycle, tout en influençant l’équilibre hormonal global de l’organisme.
Définition simple de la progestérone
La progestérone est une hormone stéroïdienne produite principalement par le corps jaune après l’ovulation. Elle joue un rôle central dans la régulation du cycle menstruel, en coopération avec les autres hormones ovariennes. [1, 2]
La progestérone permet principalement de préparer l’endomètre (c’est-à-dire la muqueuse recouvrant l’intérieur de l’utérus) à la phase sécrétoire, afin de créer un environnement favorable à l’implantation d’un embryon si la fécondation a lieu. Elle influence aussi d’autres fonctions de l’organisme, en particulier le système nerveux central et le système immunitaire. [1,2]
Progestérone et phase lutéale
Au cours de cette période, qui suit l’ovulation, le taux de progestérone augmente nettement. Cette élévation est essentielle pour que l’endomètre passe de la phase proliférative à la phase sécrétoire, le rendant ainsi réceptif à une éventuelle implantation d’embryon. [1, 2]
Lien avec la préparation de la phase suivante
Après l’ovulation, la sécrétion de progestérone augmente sous l’influence de l’hormone lutéinisante (LH), préparant ainsi l’endomètre à une éventuelle implantation.
Si la fécondation n’a pas lieu, le corps jaune se dégrade et la chute de progestérone déclenche les règles. Le rôle de la progestérone est par conséquent au cœur du cycle menstruel, participant à son déroulement harmonieux. [2]
Comment varie la progestérone ?
Le taux de progestérone fluctue selon l’âge, le sexe, la période du cycle menstruel et la période de grossesse.
Évolution après l’ovulation
La concentration de progestérone dans le sang varie fortement :
- Pendant la première phase (folliculaire), les taux de progestérone sont relativement bas.
- Après l’ovulation, la production de progestérone augmente rapidement.
Cette variation est tout à fait normale et permet à la progestérone d'assurer son rôle. [1]
Chute hormonale avant les règles
Si la fécondation ne se produit pas, le corps jaune (la structure temporaire formée dans l’ovaire après l’ovulation et qui produit la progestérone) se dégrade environ 9 à 10 jours après l’ovulation, entraînant une baisse des niveaux de cette hormone. Cette diminution déclenche les règles et marque la fin de la phase lutéale. [1]
Quels sont les signes d’un manque de progestérone ?
Lorsque le taux de progestérone est déséquilibré, certaines manifestations peuvent apparaître, sans être pour autant spécifiques à cette hormone.
Manifestations fréquentes et non spécifiques
La fonction de l’hormone progestérone ne se limite pas à l’utérus. En effet, elle agit aussi sur le système nerveux central, où son effet sédatif est bien documenté. [2] C’est notamment pour cela que certaines femmes se sentent plus calmes… ou au contraire plus sensibles en phase lutéale.
En pénétrant dans le cerveau, elle est transformée en composés actifs capables d’influencer l’humeur et la gestion du stress, ce qui suggère qu’un manque de progestérone peut s’accompagner de manifestations émotionnelles. [1, 3]
Par ailleurs, les variations de la progestérone peuvent être associées à des symptômes du syndrome prémenstruel (SPM), comme des changements d’humeur ou un inconfort physique. Toutefois, ces signes ne peuvent être attribués à la progestérone seule et s’inscrivent dans un déséquilibre hormonal féminin plus global. [1]
Importance du contexte global
La progestérone ne fonctionne jamais seule : par exemple, sa production dépend des signaux envoyés par le cerveau aux ovaires et de son équilibre avec les œstrogènes, sous le contrôle de l’axe hypothalamo-hypophysaire. [1]
Ainsi, les sensations physiques ou émotionnelles ressenties en seconde partie du cycle ne peuvent généralement pas être expliquées que par le taux de progestérone, mais résultent de l’ensemble des variations hormonales qui se produisent au cours du cycle menstruel. [2]
Qu’est-ce qui influence le taux de progestérone ?
Outre certaines causes médicales, l’équilibre de la progestérone peut aussi être influencé par des facteurs liés à l’hygiène de vie.
Stress, fatigue, alimentation et activité physique
Le stress fait aujourd’hui partie du quotidien de nombreuses femmes et est souvent minimisé. Pourtant, lorsqu’il devient fréquent ou prolongé, il peut influencer le fonctionnement normal du cycle menstruel. La littérature médicale le confirme : un niveau élevé de stress quotidien est associé à une probabilité plus importante de cycles sans ovulation. Or, la progestérone étant produite principalement après l’ovulation, cette situation peut entraîner un manque de progestérone en phase lutéale, contribuant ainsi à un déséquilibre hormonal féminin. [4]
Par ailleurs, une étude référencée dans Pubmed (2025) montre que le mode de vie (en particulier l’alimentation, le sommeil et l’activité physique) influence la régulation hormonale globale. Des habitudes telles qu’un stress chronique, un manque de sommeil ou une activité physique insuffisante peuvent ainsi perturber les mécanismes impliqués dans la production et le métabolisme des hormones, y compris celles intervenant dans la reproduction. [5]
Comment soutenir naturellement l’équilibre de la progestérone ?
Certaines habitudes de vie peuvent à l’inverse contribuer à soutenir l’équilibre global du cycle menstruel, dont fait partie la progestérone.
Habitudes quotidiennes favorables
Étant donné que le mode de vie peut engendrer un déséquilibre hormonal féminin, certaines mesures simples d’hygiène de vie peuvent s'avérer bénéfiques :
- Préserver un sommeil de qualité, suffisant et régulier.
- Adopter des méthodes vous permettant de mieux gérer le stress.
- Maintenir une alimentation saine et équilibrée.
- Pratiquer une activité physique régulière.
Ces habitudes participent plus largement au maintien d’une bonne santé générale.
Micronutrition et compléments alimentaires
Certains éléments, consommés sous forme d’aliments ou de compléments alimentaires, peuvent contribuer à améliorer le confort féminin. En pratique, il ne s’agit pas d’augmenter directement le taux de progestérone, mais plutôt de soutenir le bien-être hormonal dans son ensemble.
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Magnésium et la vitamine B6 peuvent réduire les symptômes du SPM selon une étude publiée dans The Journal of Caring Sciences (2012). [6] Les observations cliniques, appuyées par plusieurs études, suggèrent quant à elles que les acides gras oméga-3 pourraient également atténuer certains symptômes du SPM. [7]
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Alimentation, hygiène de vie, sommeil, activité physique et micronutrition sont des piliers pour un meilleur équilibre hormonal.
Conclusion
La progestérone est une hormone indispensable à l’équilibre du cycle menstruel. Ses variations sont normales et dépendent notamment du contexte global et du terrain.
En privilégiant une approche naturelle et en adoptant un rythme de vie sain, il est parfois possible de favoriser son équilibre hormonal ainsi que son bien-être global.
“Les informations présentées dans cet article sont à titre éducatif et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.”
FAQ sur la progestérone
Oui, le taux de progestérone peut être mesuré à l’aide d’une prise de sang.
Non, ce n’est pas normal. Au début de la grossesse, le corps jaune produit encore de la progestérone pour soutenir l’embryon, avant que le placenta ne prenne le relais.
La progestérone ou ses dérivés peuvent être prescrits par un médecin pour soutenir la grossesse en cas de risque de fausse couche, traiter des troubles menstruels ou dans le cadre d’une hormonothérapie de substitution.
Le taux de progestérone varie fortement : il est bas en phase folliculaire et augmente nettement après l’ovulation, pendant la phase lutéale. Les valeurs de référence dépendent donc toujours du jour du cycle et du laboratoire.
Le dosage se réalise le plus souvent environ 7 jours après l’ovulation, moment où la progestérone atteint son pic et reflète le mieux la qualité de l’ovulation.
Barraza-Ortega E et al. The Impact of Lifestyle on Reproductive Health: Microbial Complexity, Hormonal Dysfunction, and Pregnancy Outcomes. International Journal of Molecular Sciences. 2025.
Ebrahimi E et al. Effects of magnesium and vitamin b6 on the severity of premenstrual syndrome symptoms. Journal of Caring Sciences. 2012.
Mohammadi MM, Dehghan Nayeri N, Mashhadi M, Varaei S. Effect of omega-3 fatty acids on premenstrual syndrome: A systematic review and meta-analysis. J Obstet Gynaecol Res. 2022.