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Hémorroïdes : Causes, symptômes et conseils

Ce qu'il faut retenir
Les hémorroïdes sont des formations veineuses qui deviennent pathologiques lorsqu'elles se dilatent. Fibres, hydratation et bonnes habitudes permettent de soulager les crises et prévenir récidives.
Hémorroïdes : Causes, symptômes et conseils
Mis à jour le 17/07/2026 - Temps de lecture 9 min

Douleurs, démangeaisons, saignements lors des selles ou sensation de gêne au niveau de l’anus : les hémorroïdes figurent parmi les troubles anorectaux les plus fréquents, mais aussi les plus tabous. Bien qu’elles puissent être favorisées par la constipation, une mauvaise circulation sanguine, la grossesse ou encore un mode de vie sédentaire, elles restent souvent mal comprises.

Dans cet article, découvrez ce que sont réellement les hémorroïdes, les causes de la maladie hémorroïdaire, ses symptômes, les traitements les plus efficaces ainsi que les meilleurs conseils pour prévenir les crises et retrouver un confort au quotidien.

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Qu'est-ce que les hémorroïdes ?

Les hémorroïdes sont des structures anatomiques normales, constituées de coussinets vasculaires riches en veines, artères et tissu conjonctif, situés à l'intérieur et à la lisière du canal anal.

Elles participent notamment à la continence en assurant une fermeture étanche de l'anus.

On parle de maladie hémorroïdaire lorsque ces coussinets se dilatent, s'enflamment, glissent vers l'extérieur (prolapsus) ou deviennent douloureux, entraînant l'apparition de symptômes [1].

Les hémorroïdes internes

Les hémorroïdes internes sont situées dans la partie supérieure du canal anal. Cette zone étant peu innervée par des fibres sensitives, elles sont généralement indolores, même lorsqu'elles sont volumineuses.

En revanche, elles provoquent fréquemment des saignements rouge vif au moment des selles ou juste après, visibles sur le papier toilette ou dans la cuvette.

Lorsque la pathologie évolue, ces hémorroïdes peuvent également descendre progressivement vers l'extérieur de l'anus : c'est ce que l'on appelle un prolapsus hémorroïdaire.

Les hémorroïdes externes

Les hémorroïdes externes se développent sous la peau qui entoure l'anus, une zone très riche en terminaisons nerveuses. C'est pourquoi elles sont souvent responsables de douleurs importantes, de gonflements, de démangeaisons ou d'une sensation de brûlure, en particulier lors des crises.

L’une des complications la plus fréquente est la thrombose hémorroïdaire externe [2]. Elle correspond à la formation d'un petit caillot sanguin dans une veine hémorroïdaire, créant un nodule bleu violacé, tendu et extrêmement douloureux.

Bien qu'impressionnante et très inconfortable, cette thrombose est généralement bénigne et ne présente pas de risque d'embolie ou de migration du caillot.

Hémorroïde interne

Quelles sont les causes principales de la crise hémorroïdaire ?

La crise hémorroïdaire survient lorsque la pression veineuse au niveau du bassin augmente de manière excessive, entraînant une congestion des coussinets hémorroïdaires. Même si certaines personnes sont plus exposées que d'autres, la maladie hémorroïdaire peut toucher tout le monde au cours de la vie car les causes sont universelles.

La constipation et les troubles du transit

La constipation est l'un des principaux facteurs de risque de la pathologie hémorroïdaire [3]. Lorsque les selles sont dures ou peu fréquentes, leur évacuation nécessite des efforts de poussée plus importants et plus prolongés. Cette pression répétée ralentit le retour veineux, provoque une congestion des coussinets hémorroïdaires et favorise leur dilatation.

À l'inverse, les diarrhées chroniques et les épisodes répétés d'irritation du canal anal peuvent également fragiliser les tissus et favoriser l'apparition de symptômes [3]. L'objectif est donc de maintenir un transit intestinal régulier, avec des selles suffisamment souples pour être évacuées sans effort.

La grossesse et l'accouchement

La grossesse favorise fréquemment l'apparition ou l'aggravation des hémorroïdes [4]. D'une part, l'augmentation du volume de l'utérus exerce une pression croissante sur les grosses veines de l'abdomen et du bassin, ce qui ralentit le retour du sang vers le cœur. D'autre part, la progestérone, dont le taux augmente fortement pendant la grossesse, relâche les parois veineuses et favorise la stagnation sanguine.

L'accouchement, en particulier lors des poussées prolongées, augmente encore la pression exercée sur les veines hémorroïdaires [5]. Heureusement, chez de nombreuses femmes, les manifestations diminuent spontanément dans les semaines qui suivent la naissance.

Les facteurs posturaux et le mode de vie

Rester assis plusieurs heures d'affilée, notamment au bureau ou en voiture, ralentit la circulation sanguine dans le bassin et augmente la pression exercée sur les veines de la région anale [6].

De la même manière, passer trop de temps sur les toilettes, notamment en consultant son téléphone ou en lisant, entretient une pression prolongée sur les coussinets [7]. Cette position crée un effet de stagnation veineuse qui favorise leur gonflement.

L'âge

Le risque de développer une maladie hémorroïdaire augmente progressivement avec l'âge [3]. Au fil des années, les tissus de soutien qui maintiennent les coussinets hémorroïdaires perdent en élasticité et en tonicité. Ils soutiennent alors moins efficacement ces structures, qui ont davantage tendance à se dilater ou à descendre vers l'extérieur du canal anal.

Certaines pratiques sportives

D’usage, l'activité physique est plutôt bénéfique pour prévenir les hémorroïdes, car elle stimule le transit intestinal et améliore la circulation sanguine. Toutefois, certains sports peuvent augmenter temporairement la pression dans l'abdomen et le bassin [8].

C'est notamment le cas de la musculation avec des charges très lourdes, de l'haltérophilie ou des exercices impliquant une poussée importante lorsque la respiration est bloquée (manœuvre de Valsalva). Réaliser ces efforts avec une technique adaptée, éviter de retenir sa respiration et un entraînement progressif permettent de limiter ce risque.

Le surpoids

Le surpoids et l'obésité augmentent la pression exercée sur les organes du bassin ainsi que sur les veines hémorroïdaires [3]. Cette pression chronique peut ralentir le retour veineux et favoriser la congestion des coussinets.

N’oublions pas non plus que le surpoids est souvent associé à une sédentarité plus importante et à des troubles du transit, deux facteurs qui contribuent également au développement des crises.

Qui de l'alcool et des plats épicés ?

Contrairement à une idée reçue, l'alcool et les aliments épicés ne sont pas considérés comme des causes directes des hémorroïdes. En revanche, ils peuvent aggraver les symptômes chez certaines personnes.

L'alcool favorise la déshydratation, ce qui peut durcir les selles et accentuer la constipation. Les plats très épicés, quant à eux, peuvent irriter le canal anal lors de leur élimination et intensifier les sensations de brûlure ou d'inconfort pendant une crise. Si vous constatez que certains aliments déclenchent ou aggravent les manifestations, il peut être utile de les limiter temporairement.

un homme de type européen qui mange épicé et boit de l'alcool

Quels sont les symptômes des hémorroïdes ?

Les signes d’une maladie hémorroïdaire varient selon s’il s'agit d'hémorroïdes internes ou externes. Elle dure généralement de quelques jours à deux semaines, mais ce délai peut varier selon la sévérité des manifestations et la prise en charge.

Hémorroïdes internes

Les hémorroïdes internes sont souvent peu douloureuses, mais elles peuvent provoquer plusieurs signes caractéristiques :

  • Perte de sang rouge vif pendant ou juste après être allé à la selle, visibles sur le papier toilette ou dans la cuvette.
  • Sensation d'évacuation incomplète après être allé à la selle.
  • Impression de gêne ou de pression dans le canal anal.
  • Écoulement de mucus pouvant irriter la peau autour de l'anus.
  • Prolapsus hémorroïdaire : les hémorroïdes peuvent sortir temporairement de l'anus lors de la défécation, puis rentrer spontanément ou nécessiter d'être repoussées délicatement.
  • Dans les formes avancées, prolapsus permanent pouvant entraîner une gêne quotidienne.

Hémorroïdes externes et thrombose

Les hémorroïdes externes sont situées sous la peau autour de l'anus. Elles sont beaucoup plus sensibles et sont responsables des symptômes les plus douloureux.

Les principaux symptômes sont :

  • Douleur vive, parfois brutale, accentuée en position assise ou en allant à la selle.
  • Gonflement autour de l'anus.
  • Petite boule sensible ou tendue au toucher.
  • Démangeaisons et irritation locale.
  • Sensation de brûlure ou d'inconfort permanent.
  • Difficulté à rester assis pendant de longues périodes.

En cas de thrombose hémorroïdaire externe, les signes apparaissent souvent de façon soudaine :

  • Souffrance intense apparaissant en quelques heures.
  • Nodule bleu violacé, ferme et très sensible sous la peau.
  • Gonflement important.
  • Difficulté à marcher, à s'asseoir ou à aller à la selle en raison de la douleur.
  • Parfois, un léger saignement survient si le caillot s'évacue spontanément.
La douleur liée à une thrombose atteint généralement son maximum dans les 48 à 72 premières heures, puis diminue progressivement au fil des jours, même si la petite boule peut persister plusieurs semaines avant de disparaître complètement.

Comment soulager les hémorroïdes ?

Vous pouvez soulager une crise hémorroïdaire à l’aide de mesures simples qui vont réduire l'inflammation et faciliter le passage des selles :

  • Appliquez du froid localement : un bain de siège à l'eau fraîche ou une poche de gel froid enveloppée dans un linge propre peut apaiser rapidement la douleur et diminuer le gonflement des hémorroïdes externes.

  • Augmentez votre consommation de fibres : privilégiez les légumes, les fruits, les légumineuses, les céréales complètes, les pruneaux ou encore les graines de chia. En absorbant l'eau, elles rendent les selles plus souples et limitent les efforts de poussée.

  • Hydratez-vous suffisamment : boire 1,5 à 2 litres d'eau par jour permet d'hydrater le bol fécal et de favoriser un transit plus régulier.

  • Utilisez un traitement pour hémorroïdes si nécessaire : après avis de votre pharmacien ou de votre médecin, certaines crèmes, pommades ou suppositoires contenant des anesthésiques locaux, des anti-inflammatoires, des protecteurs de la muqueuse ou des veinotoniques peuvent contribuer à apaiser temporairement les symptômes.

  • Portez des vêtements confortables : privilégiez des sous-vêtements en coton et des vêtements qui ne compriment pas la zone pelvienne afin de limiter les frottements et l'irritation pendant une crise.
Bien que ces mesures simples soient efficaces pour soulager l'inflammation, il est important de consulter un professionnel de santé et de suivre ses recommandations afin de confirmer le diagnostic et de bénéficier d'une prise en charge adaptée.

Quelles sont les complications de la maladie hémorroïdaire et quand consulter ?

Cette pathologie est le plus souvent bénigne, mais elle peut devenir plus gênante au fil du temps en l'absence de prise en charge. Des crises répétées peuvent entraîner une augmentation progressive du volume des hémorroïdes, favoriser leur prolapsus (sortie des coussinets à l'extérieur de l'anus) ou provoquer des épisodes de thrombose particulièrement douloureux. Dans certains cas, des pertes de sang répétées peuvent provoquer une carence en fer, voire une anémie lorsqu'ils deviennent chroniques (même si cette situation reste rare).

Certains signes doivent vous conduire à consulter rapidement un médecin ou un proctologue :

  • Des saignements anaux fréquents, abondants ou qui persistent malgré les mesures d'hygiène et les traitements.
  • Une réelle souffrance, brutale, accompagnée de l'apparition d'une boule bleu violacé évoquant une thrombose hémorroïdaire.
  • Des hémorroïdes qui restent extériorisées (prolapsus) et qu'il est impossible de réintégrer.
  • Des symptômes qui durent plus de quelques jours ou qui récidivent régulièrement.
  • Une gêne importante qui altère votre qualité de vie ou vos activités quotidiennes.

En cas de thrombose hémorroïdaire externe récente, un médecin peut proposer une petite incision sous anesthésie locale afin d'évacuer le caillot et d’apaiser rapidement la douleur. Ce geste est surtout indiqué lorsqu'il est réalisé dans les 48 à 72 heures suivant le début des symptômes.

Attention :
Un saignement anal n’est pas systématiquement en lien avec les hémorroïdes. Même si la maladie hémorroïdaire est une cause fréquente de rectorragies, tout saignement digestif doit être examiné par un médecin afin d'écarter d'autres pathologies.

La pathologie hémorroïdaire en résumé : les points clés

Les hémorroïdes sont une affection fréquente qui peut être douloureuse et gênante, mais elles se prennent généralement en charge efficacement grâce à une bonne hygiène de vie, une alimentation riche en fibres, une hydratation suffisante. En cas de crises répétées, de douleurs importantes ou de saignements persistants, vous devez impérativement consulter un professionnel de santé afin de confirmer le diagnostic et d'écarter d'autres pathologies. Adopter les bons réflexes au quotidien permet non seulement de soulager les symptômes, mais aussi de limiter le risque de récidive sur le long terme.

Ce contenu est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de symptômes persistants ou de pathologies, consultez un professionnel de santé.

FAQ sur les hémorroïdes

Les hémorroïdes se manifestent le plus souvent par des saignements rouge vif lors des selles, une gêne, des démangeaisons ou une douleur accompagnée d'une petite boule au niveau de l'anus.

Le soulagement repose sur des mesures simples comme le froid local, une alimentation riche en fibres, une bonne hydratation et, si nécessaire, des traitements locaux conseillés par un professionnel de santé.

Oui, une crise hémorroïdaire disparaît souvent spontanément en quelques jours à deux semaines, à condition de limiter les efforts de poussée et d'adopter de bonnes habitudes de vie.

Références :
[5]

Linangkung, A. Hemorrhoids in Pregnancy and Breastfeeding. in Diseases of the Rectum and Anus - A Concise Guide IntechOpen, (2025).

[6]

Hawkins, A. T. et al. The American Society of Colon and Rectal Surgeons Clinical Practice Guidelines for the Management of Hemorrhoids. Diseases of the Colon & Rectum 67, 614 (2024).

[7]

Ramprasad, C. et al. Smartphone use on the toilet and the risk of hemorrhoids. PLoS One 20, e0329983 (2025).

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