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Guide sur la douleur musculaire à la poitrine chez la femme

Ce qu'il faut retenir
La douleur musculaire à la poitrine chez la femme est le plus souvent bénigne et liée aux muscles thoraciques. En cas de signes atypiques (fatigue inexpliquée, essoufflement, etc.), il faut consulter.
Guide sur la douleur musculaire à la poitrine chez la femme
Publié le 17/12/2025 - Temps de lecture 6 min

Vous ressentez parfois une douleur musculaire à la poitrine ? Cet inconfort, fréquent chez la femme, est souvent lié à une mauvaise posture, à l’effort, au stress ou même aux variations hormonales. Ces symptômes sont la plupart du temps bénins. En revanche, une douleur thoracique peut être d’origine cardiaque et nécessiter une consultation en urgence. Cet article fait le point sur les causes possibles d’une douleur musculaire à la poitrine chez la femme. Comment la reconnaître et savoir la différencier ? Comment la soulager et la prévenir ?

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Quelles sont les causes possibles d’une douleur musculaire à la poitrine chez la femme ?

La douleur musculaire à la poitrine chez la femme est le plus souvent liée à une tension des muscles thoraciques, intercostaux ou pectoraux, déclenchée par l’effort, le stress ou une posture prolongée.

La cage thoracique est la structure ostéocartilagineuse qui constitue la paroi du thorax. Elle est donc entourée de nombreux muscles sollicités en permanence pour la respiration, la posture et les mouvements du haut du corps. Une surcharge ou une contraction prolongée peut provoquer une douleur thoracique d’origine musculaire, sans souffrance au niveau du cœur ou des poumons. Le plus souvent bénigne, elle doit néanmoins être examinée en cas de doute pour éliminer d’autres causes.

Effort physique, sport et gestes répétitifs

Une activité inhabituelle ou intense qui sollicite davantage les muscles pectoraux et intercostaux peut être à l’origine de microlésions musculaires responsables de douleurs localisées, par exemple :

  • La pratique d’un nouveau sport qui sollicite le haut du corps : musculation, tennis, natation, etc.
  • Le manque d’échauffement.
  • Une séance plus intense.
  • Le bricolage.
  • Le jardinage.
  • Les gestes répétitifs : travail manuel, port d’enfants, usage prolongé d’outils.
  • Un déménagement avec port de charges lourdes.
Le saviez-vous ?
Autour des règles, certaines femmes ressentent une sensibilité mammaire et thoracique plus marquée, ce qui peut amplifier la perception de l’inconfort.

Stress, posture et respiration superficielle

Le stress et l’anxiété augmentent la tension musculaire générale et sont fréquemment associés à des douleurs thoraciques dites « non cardiaques », plus fréquentes et plus sévères chez les personnes présentant des troubles anxieux.

Un article scientifique référencé sur PubMed (2022) met l’accent sur le lien entre les troubles anxieux et la douleur thoracique non cardiaque et montre que l’anxiété est un facteur important dans l’expression et l’intensité de la douleur thoracique non cardiaque. [1]

Une posture voûtée (télétravail, écran, smartphone) peut comprimer la cage thoracique, ce qui modifie la respiration, pouvant induire des douleurs au niveau du thorax, d’autant plus si la respiration reste superficielle et haute, limitant le travail du diaphragme.

Une étude (2025) a montré qu'une intervention de 22 minutes sur la respiration diaphragmatique pouvait améliorer immédiatement la mobilité du tronc et des épaules ainsi que la fonction pulmonaire. [2]

Comment reconnaître une douleur musculaire à la poitrine et la différencier d’une autre origine ?

Une douleur musculaire est généralement localisée, reproductible au mouvement ou à la pression, et varie avec la posture ou la respiration. En revanche, une douleur thoracique d’origine cardiaque ou pulmonaire peut être plus diffuse, associée à des symptômes généraux (essoufflement, malaise, sueurs, nausées) et ne pas changer de la même façon avec la pression locale.

Signes typiques d’une origine musculaire

  • La douleur est reproductible : elle apparaît ou s’intensifie lorsqu’on appuie avec le doigt sur une zone précise du thorax, lorsqu’on contracte le muscle ou lorsqu’on réalise un mouvement spécifique (lever le bras, tourner le tronc).
  • La sensation douloureuse varie avec la posture ou la respiration : elle augmente en position voûtée, lors d’une torsion, d’une grande inspiration ou d’un effort spécifique, et diminue au repos ou lors d’un relâchement musculaire ciblé.
  • Une douleur survenant après un effort inhabituel, un faux mouvement, une toux prolongée, un épisode de stress important ou une longue période assise, sans autres signes généraux associés.

Signes qui doivent alerter et justifier une consultation

Un protocole d’étude visant à mieux comprendre les symptômes précoces (prodromaux) et les facteurs de risque chez les femmes qui développent un infarctus du myocarde montre qu’elles peuvent présenter des symptômes atypiques, ce qui peut retarder la recherche de soins d’urgence.

En France, une femme meurt toutes les 7 minutes d’une maladie cardiovasculaire

Principaux signes d’alerte :

  • Fatigue inhabituelle accrue.
  • Douleur thoracique atypique, constrictive, en étau, qui serre la poitrine.
  • Douleurs irradiant vers les épaules, le dos ou la mâchoire.
  • Essoufflement à l’effort ou au repos, malaise, nausées, palpitations, sueurs froides.
  • Sensation d’oppression thoracique.

Ces symptômes pouvant évoquer une origine cardiaque, ils doivent être considérés comme une urgence. [3]

“Appelez le 15 / 112 si” :

  • douleur oppressante/en étau > 10 min
  • essoufflement, malaise, sueurs, nausées
  • douleur qui irradie bras/mâchoire/dos
  • douleur + facteurs de risque (tabac, diabète, HTA, antécédent)
  • douleur brutale avec gêne respiratoire importante

Comment soulager et prévenir une douleur musculaire à la poitrine ?

Le soulagement de la douleur à la paroi thoracique repose sur le relâchement musculaire, la mobilité douce et la réduction des facteurs de tension (sport, posture, stress, gestes répétitifs), tout en restant attentif aux signes pouvant nécessiter une consultation médicale.

Selon la HAS, toute douleur thoracique inexpliquée doit être évaluée médicalement, en particulier chez la femme, car les symptômes cardiaques peuvent être atypiques.

Gestes simples pour soulager la douleur

Repos relatif : éviter l’activité ou les mouvements répétitifs qui ont pu déclencher la douleur pendant 48 à 72 heures.

Chaleur : appliquer une bouillotte chaude sur la zone douloureuse pendant 15 à 20 minutes aide à dilater les vaisseaux sanguins et à détendre les fibres musculaires contractées.

Automassage doux : utiliser une crème décontracturante ou une huile végétale comme l’Arnica. Si vous souhaitez utiliser des huiles essentielles : restez vigilant et demandez conseil à un professionnel de santé, surtout en cas de traitement anticoagulant, d’asthme, de grossesse ou d’allergies.

Étirements doux : des exercices simples d’ouverture de la cage thoracique et d’étirement des pectoraux, réalisés sans à-coups, ont montré des bénéfices sur la douleur musculosquelettique en améliorant la souplesse et la posture.

Respiration profonde et relaxation : les techniques de respiration diaphragmatique et de relaxation (cohérence cardiaque, pleine conscience) contribuent à réduire la tension musculaire et la douleur liée au stress.

Prévention au quotidien : mouvement, respiration, récupération

Activité physique adaptée: l’exercice régulier, progressif et varié contribue à renforcer les muscles du tronc, à améliorer la posture et à réduire l’incidence des douleurs musculosquelettiques, tout en diminuant le stress global.

Posture : adopter une station assise dynamique, ajuster la hauteur de l’écran, faire des pauses actives toutes les 45 à 60 minutes et intégrer des étirements du haut du corps permet de limiter les contraintes sur les muscles thoraciques et cervicaux.

Gestion du stress et qualité du sommeil : le stress chronique est associé à une augmentation des douleurs non cardiaques, notamment thoraciques chez la femme. [4]

Conclusion

La douleur musculaire à la poitrine chez la femme est fréquente et souvent bénigne. Elle peut être liée à des tensions musculaires, à une mauvaise posture, à un effort intense, à une nouvelle activité sportive ou au stress. Des petits gestes au quotidien permettent de prévenir et de diminuer les sensations douloureuses. En cas de doutes ou de symptômes inhabituels (fatigue inexpliquée, douleur atypique, essoufflement, oppression) laissant suspecter une origine cardiaque, il est impératif de consulter sans tarder.

Cet article, à visée informative, ne remplace pas un avis médical et une consultation.

FAQ sur la douleur musculaire dans la poitrine d’une femme

La douleur musculaire à la poitrine est le plus souvent liée à un effort inhabituel, une posture prolongée, le stress ou une toux répétée.

Ces situations provoquent une tension ou de petites lésions des muscles thoraciques, sans atteinte du cœur.

Une douleur inhabituelle, intense, qui serre la poitrine et qui s’intensifie lors de la respiration, doit vous inciter à consulter. Appelez le 15 / 112 en cas de douleur oppressive, associée à un essoufflement, malaise, sueurs ou irradiation vers le bras, le dos ou la mâchoire.

Une douleur musculaire est plutôt localisée et sensible à la palpation, tandis qu’une douleur cardiaque est plus diffuse et associée à d’autres symptômes.

En cas d’infarctus du myocarde, la douleur naît à l’arrière du sternum, elle est diffuse, en étau et oppressive.

Une douleur musculaire thoracique dure généralement quelques jours à une semaine. Elle s’améliore progressivement avec le repos, la chaleur et la diminution des tensions.

La douleur augmente à l’inspiration lorsque les muscles intercostaux sont contractés ou inflammés.

Le mouvement de la cage thoracique étire ces muscles, ce qui accentue la douleur.

                Sandrine Delpuech - Expertise scientifique et santé naturelle

Author

Sandrine Delpuech - Expertise scientifique et santé naturelle

J’évolue depuis plus de 20 ans dans le domaine de la santé, avec un premier parcours en industrie pharmaceutique, au sein d’enjeux scientifiques exigeants. Formée en biologie et en formulation des produits de santé, j’ai développé une solide capacité d’analyse et de lecture critique de la recherche.
Aujourd’hui professeure de yoga et praticienne en santé naturelle et intégrative, je mets ce double regard, scientifique et de terrain, au service des contenus santé. Je relis et valide les articles afin de garantir des informations fiables et accessibles, en lien avec l’observation du vivant.

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