Votre système immunitaire fonctionne constamment pour protéger votre organisme contre les infections et les agressions extérieures. Parmi ses composantes, certains leucocytes (ou globules blancs) jouent un rôle indispensable, bien qu’ils restent souvent méconnus du grand public.
Dans cet article, vous comprendrez le rôle des neutrophiles, les causes possibles d’un taux trop bas ou trop élevé, et les moyens de les soutenir pour maintenir une défense immunitaire efficace.
Qu'est-ce que les neutrophiles ?
Les neutrophiles sont des leucocytes (ou globules blancs, comme les lymphocytes) constituant la première ligne de défense de votre système immunitaire inné. Ils détectent rapidement les micro-organismes problématiques et les éliminent grâce à la phagocytose. La phagocytose est un mécanisme par lequel les neutrophiles englobent, digèrent et détruisent les bactéries ou champignons à l’aide d’enzymes puissantes [1, 2].
Ces cellules sont également impliquées dans l’inflammation, qu’elle soit aiguë ou chronique, et interviennent dans certaines maladies auto-immunes.
Leur durée de vie est courte : quelques jours dans les tissus et moins de 24 heures dans le sang circulant. Un renouvellement permanent des neutrophiles est par conséquent indispensable pour maintenir cette première ligne de défense active [1, 2].
Quel est le taux normal de neutrophiles dans le sang ?
Les neutrophiles sont les cellules les leucocytes les plus abondantes du sang humain. Ils sont produits en grande quantité dans la moelle osseuse. Leur nombre dans la circulation sanguine reste relativement stable grâce à un équilibre précis entre production et élimination [1].
Chez l’adulte, le nombre total de globules blancs se situe entre 4 000 et 11 000 cellules/µL, dont 60 à 70 % sont des neutrophiles matures circulant dans le sang périphérique. De ce fait, le nombre absolu de neutrophiles se situe habituellement entre 2 500 et 7 000 neutrophiles/µL [2].
Pourquoi doser les neutrophiles ?
Le dosage des neutrophiles se fait par prise de sang et fait partie de la numération formule sanguine (NFS) et permet d’évaluer l’état de votre système immunitaire. Il offre une vue d’ensemble de vos défenses et aide le médecin à détecter différents troubles, comme une infection ou un processus inflammatoire en cours [1].
Au-delà du diagnostic, ce suivi permet aussi de surveiller l’évolution et la résolution d’une pathologie ou la réponse à un traitement. Il est ainsi possible de vérifier si une infection ou une inflammation se résorbe, ou si un traitement affecte vos défenses immunitaires [2,3].
Dans certains contextes spécifiques, comme le sport, le dosage des neutrophiles peut aider à évaluer l’état de fatigue ou un surentraînement, qui modifient temporairement vos défenses et augmentent le risque d’infections [2, 4].
Neutrophiles élevés (neutrophilie) : causes et symptômes
La neutrophilie correspond à une augmentation du nombre de neutrophiles dans le sang et constitue la forme la plus fréquente d’hyperleucocytose. On parle généralement de neutrophilie lorsque le nombre absolu de neutrophiles dépasse environ 7 700 /µL [2].
Cette hausse peut résulter de différents mécanismes : un dérèglement de la production de neutrophiles, une réponse rapide à une infection… Dans les cas extrêmes, on parle de réaction leucémoïde, avec un nombre total de globules blancs supérieur à 50 000/µL [2].
Les causes de la hausse du nombre de neutrophile
La neutrophilie peut avoir une origine primaire ou secondaire. La neutrophilie primaire résulte d’une augmentation anormale de la production de neutrophiles par la moelle osseuse liée à un dérèglement de leur régulation. C’est le cas dans certaines maladies comme la leucocytose idiopathique chronique, les syndromes myéloprolifératifs, ou dans des formes génétiques et héréditaires [2].
La neutrophilie secondaire apparaît quant à elle en réponse à un stimulus externe ou physiologique. Elle peut être provoquée par :
- Des infections ou des processus inflammatoires aigus (bactériens, viraux...), où les neutrophiles multiplient leurs activités de phagocytose.
- Des inflammations chroniques (maladie auto-immune, trouble digestif ou articulaire, cancer).
- Des médicaments (glucocorticoïdes, lithium…) [2].
D’autres situations et anomalies peuvent provoquer une neutrophilie secondaire : stress physique ou émotionnel, exercice intense, variations de température… Les activités convulsives, le tabagisme ou l’obésité peuvent également jouer un rôle.
Enfin, l’absence ou le dysfonctionnement de la rate, ou une stimulation générale de la moelle osseuse (comme c’est le cas dans une hémolyse) peuvent aussi être en cause [2].
Les signes associés
La neutrophilie, en elle-même, ne provoque pas de symptômes. Ce sont plutôt les maladies et les processus sous-jacents qui déclenchent les signes cliniques. Par exemple, lors d’une infection, vous pouvez ressentir fièvre, frissons et courbatures mais c’est l’infection en elle-même qui provoque ces symptômes, et non la hausse des neutrophiles [3].
Neutrophiles bas (neutropénie) : quels sont les risques ?
La neutropénie correspond à un nombre anormalement bas de neutrophiles. On parle de neutropénie légère lorsque le taux se situe entre 1 000 et 1 500/µL, modéré entre 500 et 1 000/µL, et grave lorsqu’il descend en dessous de 500/µL [3].
L’agranulocytose correspond à un taux inférieur à 200/µL, avec absence de précurseurs de neutrophiles dans la moelle osseuse [3]. Plus le taux de neutrophiles est bas, plus le risque d’infections augmente.
Pourquoi le taux de neutrophile chute-t-il ?
La neutropénie peut avoir plusieurs origines. En pratique, elle survient soit parce que l’organisme ne produit pas assez de neutrophiles, soit parce qu’ils sont détruits ou utilisés trop rapidement.
Les principales causes de ces anomalies sont :
- Une production insuffisante : la moelle osseuse fabrique moins de neutrophiles, notamment en cas de carences (vitamine B12, folates, cuivre), d’infections, ou d’exposition à des substances toxiques (alcool, radiations).
- Une destruction ou un mauvais fonctionnement : les neutrophiles peuvent être détruits trop vite ou ne pas fonctionner correctement (défaut de déplacement, de défense ou d’élimination des microbes).
- Les médicaments : certains traitements, notamment en lien avec le cancer, mais aussi d’autres médicaments courants, peuvent faire baisser le taux de neutrophiles. Les métaux lourds comme le cadmium peuvent également avoir une part de responsabilité.
- Les infections sévères : lors d’infections comme le sepsis, les neutrophiles sont consommés plus rapidement qu’ils ne sont produits.
- Les maladies auto-immunes : l’organisme peut produire des anticorps qui attaquent ses propres neutrophiles [3].
Dans certains cas, aucune origine précise n’est retrouvée [3].
Les symptômes associés
La neutropénie ne provoque pas de symptômes spécifiques en elle-même. Elle se manifeste surtout par une augmentation du risque infectieux. En effet, lorsque vos neutrophiles sont trop bas, vos défenses diminuent [3].
Vous pouvez alors présenter des infections répétées, plus fréquentes ou plus difficiles à traiter. Des infections opportunistes peuvent aussi apparaître, liées à des germes habituellement peu agressifs [3].
Les symptômes dépendent également de la cause de la neutropénie. Par exemple, en cas de neutropénie auto-immune, une augmentation du volume du foie ou de la rate peut survenir. D’autres signes associés peuvent apparaître, comme des douleurs articulaires, des éruptions cutanées ou un syndrome de Raynaud [3].
Comment établir un diagnostic clair en cas de valeur anormale ?
La numération formule sanguine (NFS) permet de détecter une anomalie du taux de neutrophiles, mais elle ne suffit pas, à elle seule, à en déterminer la cause. Une valeur isolée doit toujours être interprétée dans son contexte clinique (symptômes, antécédents, traitements) et comparée aux autres paramètres sanguins.
De plus, le médecin peut demander un contrôle à distance de cette NFS pour surveiller l’évolution (notamment pour savoir s’il existe une résolution spontanée).
Si besoin, des examens complémentaires peuvent être réalisés pour orienter le diagnostic. Il peut s’agir d’analyses sanguines, comme un bilan de coagulation, des marqueurs inflammatoires, des cytokines ou l’évaluation de la fonction de certains organes.
Des examens d’imagerie, comme une radiographie, un scanner ou une IRM, peuvent aussi être prescrits.
Dans certains cas, des explorations plus poussées sont nécessaires : test moléculaire ou génétique, biopsie de la moelle osseuse [2, 3].
Quels sont les traitements de ces anomalies ?
La prise en charge et la résolution dépendent avant tout de la cause identifiée. En cas de neutrophilie, le traitement vise à corriger le facteur déclenchant. Par exemple, une infection ou une inflammation nécessite un traitement antibiotique ou des anti-inflammatoires. Si un médicament est en cause, son arrêt ou son adaptation peut être envisagé [2].
En cas de neutropénie, la prise en charge cible aussi la cause : correction de carences nutritionnelles, arrêt de médicaments responsables… Pour certaines formes génétiques ou réfractaires, recourir à des traitements spécialisés comme la greffe de cellules souches ou des médicaments ciblés est également possible [3].
Comment soutenir ses neutrophiles naturellement ?
Pour fonctionner efficacement, votre système immunitaire a besoin de nutriments adaptés. Voici les principaux micronutriments qui contribuent à son bon fonctionnement :
- Le zinc ;
J’ai commencé à m’entraîner il y a plusieurs années maintenant en musculation, et comme vous le savez sans doute, l’effort intense augmente les besoins en micronutriments et notamment en zinc. Une carence en zinc est donc beaucoup plus commune que ce que l’on pense. Or, la seule façon d'avoir un apport optimal en zinc via l’alimentation est de manger des fruits de mer ou de la viande rouge tous les jours, ce qui n’est pas forcément du goût de chacun. À défaut, une supplémentation avec un zinc de qualité permet d’assurer un apport optimal. C’est donc pour ça que je consomme le zinc de chez Nutripure au quotidien.
Blandine Abad - Coach Sportive, Mannequin et Vidéaste
- La vitamine D ;
Cette vitamine D3 a été bien conçue avec une synergie avec la K2 MK7 dans un corps gras pour renforcer l’assimilation. Le goût est neutre. Pour ma part je prends 12 gouttes en plus des multivitamines. Je la recommande donc !
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- Les vitamines du groupe B : B6, B9, B12 ;
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Steven D.
Votre hygiène de vie joue également un rôle essentiel dans le fonctionnement de votre système immunitaire. Par exemple, le sommeil et le système immunitaire sont étroitement liés : pendant la nuit, certaines cellules et signaux immunitaires s’organisent pour mieux défendre l’organisme. Ainsi, une bonne nuit de repos favorise l’activité des cellules qui combattent les infections [5].
À l’inverse, un manque de sommeil prolongé perturbe ces processus, affaiblit la capacité de l’organisme à réagir aux microbes et augmente la susceptibilité aux infections [5].
Par ailleurs, d’après les recherches scientifiques, le stress agit directement sur l’immunité via des mécanismes hormonaux. S’il est ponctuel, il peut stimuler certaines défenses, mais un stress chronique augmente la vulnérabilité aux infections [6].
Enfin, l’activité physique influence directement le système immunitaire. Un exercice modéré et régulier est associé à un renforcement de l’activité immunitaire. À l'inverse, les charges d'entraînement élevées, les compétitions et le stress physiologique, métabolique et psychologique qui en découle sont associés à des perturbations immunitaires [4].
Les neutrophiles en bref
Les neutrophiles jouent un rôle central dans la défense de l’organisme, constituant la première ligne de défense du système immunitaire inné. Un nombre élevé ou trop bas peut révéler un déséquilibre ou la présence d’une maladie sous-jacente.
Comprendre les causes possibles d’une neutrophilie ou d’une neutropénie permet de mieux orienter le diagnostic et la prise en charge.
Le suivi médical, via la numération formule sanguine et, si nécessaire, des examens complémentaires, aide à identifier l’origine de ces anomalies et à adapter le traitement.
Parallèlement, un mode de vie sain et des apports nutritionnels adéquats soutiennent naturellement vos défenses : sommeil de qualité, activité physique modérée.
Les informations mentionnées dans cet article sont fournies à titre indicatif uniquement et ne peuvent se substituer à l'avis ou aux conseils d'un professionnel de santé.
FAQ sur les neutrophiles
Les lymphocytes, comme les granulocytes, sont des globules blancs. Comme les neutrophiles, ils jouent un rôle clé dans la défense immunitaire en reconnaissant et neutralisant les microbes.
Une neutrophilie persistante ou inexpliquée peut être causée par un processus inflammatoire, y compris le cancer. Il est cependant important de noter que le cancer est, heureusement, une cause rare de neutrophilie.
Généralement, un nombre total de leucocytes inférieur à 4 000/µL ou supérieur à 11 000/µL chez l’adulte est considéré comme anormal et nécessite la consultation d’un médecin.
Les granulocytes sont des globules blancs comprenant neutrophiles, éosinophiles et basophiles. Ils participent à la défense immunitaire, notamment via la phagocytose et la réponse inflammatoire.