La perte de densité osseuse est un phénomène progressif qui touche de nombreuses personnes avec l’âge, mais qui peut aussi être influencé par différents facteurs liés au mode de vie ou à la santé. Souvent silencieuse, l’ostéopénie passe parfois inaperçue jusqu’à ce qu’elle soit découverte au cours d’un examen.
Découvrez ce qu’est l’ostéopénie, pourquoi elle apparaît et comment préserver votre capital osseux au quotidien. Ainsi, vous pourrez mieux anticiper la prévention et le traitement de l’ostéoporose.
Qu'est-ce que l'ostéopénie ?
L'ostéopénie se caractérise par une diminution de la densité minérale osseuse (DMO). C'est une baisse plus importante que celle observée lors du vieillissement normal, mais moins marquée que dans le cas de l'ostéoporose.
L'ostéopénie n'est pas considérée comme une maladie, mais comme un état intermédiaire. Elle traduit une fragilisation progressive des os et constitue un signal d'alerte avant une éventuelle évolution vers l'ostéoporose. À ce stade, il est encore possible d'agir pour ralentir la perte osseuse.
L'ostéopénie et l'ostéoporose correspondent toutes les deux à une diminution de la densité osseuse, mais elles ne reflètent pas le même degré de fragilité. Alors que l'ostéopénie représente un stade précoce de la diminution osseuse, l'ostéoporose est associée à une fragilité plus importante et à un risque plus élevé de fracture.
La vraie différence repose sur le T-score, mesuré lors d'une ostéodensitométrie.
Pour comprendre pourquoi l’ostéopénie apparaît, il faut savoir que les os ne sont pas des structures fixes. Ils se renouvellent en permanence [2]. Certaines cellules, appelées ostéoclastes, détruisent l’ancien tissu osseux, alors que d’autres, les ostéoblastes, fabriquent de nouveaux os. Normalement, ces deux mécanismes sont équilibrés. En cas d’ostéopénie, en revanche, la destruction de l’os devient plus importante que sa reconstruction. C’est ainsi que petit à petit, l’os perd certains minéraux essentiels, comme le calcium et le phosphore. Il devient donc plus fragile et davantage exposé aux fractures.
Vous devez aussi savoir que cette condition touche davantage les femmes, surtout après la ménopause, à cause des changements hormonaux qui accélèrent la perte osseuse [3]. Les hommes peuvent aussi être concernés, surtout après 70 ans.
Quelles sont les causes et les facteurs de risque de l'ostéopénie ?
L'ostéopénie est principalement liée au vieillissement, aux changements hormonaux, aux carences nutritionnelles et au manque d'activité physique. Ces facteurs peuvent se cumuler et accélérer la perte osseuse.
La chute des œstrogènes à la ménopause
Chez les femmes, la ménopause est une période où la perte de masse osseuse s'accélère. Cette évolution s'explique surtout par la baisse des œstrogènes, des hormones qui participent au maintien de l'équilibre du remodelage du squelette. Quand leur taux diminue, l'activité des ostéoclastes, les cellules responsables de la résorption osseuse, devient plus importante que celle des cellules qui reconstruisent l'os. Cette situation entraîne alors une perte osseuse plus rapide, notamment au cours des cinq à dix années qui suivent la ménopause [3].
La sédentarité et l'absence de charge mécanique
L'activité physique est également indispensable au maintien de la santé osseuse. En effet, si vous êtes trop sédentaire, vous allez réduire les contraintes mécaniques exercées sur vos os. Ces contraintes sont pourtant indispensables pour stimuler le renouvellement de vos os. Avec le temps, cela peut favoriser une diminution de la solidité du squelette et fragiliser votre corps. Il est donc très important de bouger [4].
Les carences nutritionnelles chroniques
L’alimentation équilibrée est essentielle pour préserver la santé de vos os. Vous avez notamment besoin de calcium, de magnésium et de vitamine D et K qui contribuent au maintien d’une ossature normale [5]. Si ces apports en nutriments sont insuffisants sur une longue période, la qualité de la minéralisation diminue progressivement. Il est donc important de maintenir un apport adéquat en nutriments pour préserver votre capital osseux tout au long de votre vie.
L'hyperthyroïdie et les troubles endocriniens
Certaines maladies peuvent également perturber l'équilibre normal du tissu et accélérer sa fragilisation. C'est le cas de l'hyperthyroïdie, qui augmente le renouvellement osseux sans permettre une reconstruction suffisante.
D'autres troubles peuvent également avoir un impact. Un diabète mal contrôlé peut aussi perturber le remodelage osseux [6]. L'insuffisance rénale chronique réduit l'activation de la vitamine D, essentielle à la santé des os [7].
Enfin, les maladies inflammatoires de l'intestin, comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique, peuvent limiter l'absorption du calcium et favoriser une perte progressive de densité osseuse.
L'impact de l'hygiène de vie
Savez-vous que le tabagisme exerce une toxicité directe sur les ostéoblastes et qu’il freine l'absorption intestinale du calcium ? L’excès d'alcool a des effets similaires.
Une alimentation trop riche en produits ultra-transformés peut légèrement perturber l’équilibre acido-basique de l’organisme et l’équilibre micronutritionnel. Pour compenser, le corps puise dans ses réserves de minéraux, notamment celles présentes dans les os.
La prise prolongée de certains médicaments, comme les corticoïdes, peut également accélérer la perte osseuse et augmenter la fragilité de vos os.
Quels sont les symptômes de l'ostéopénie ?
L'ostéopénie évolue silencieusement dans l’organisme. Elle ne donne pas de douleur particulière et passe souvent inaperçue pendant plusieurs années. Beaucoup de personnes découvrent qu'elles en sont atteintes lors d'une ostéodensitométrie réalisée dans le cadre d'un contrôle ou après une fracture.
Ne confondez pas l'ostéopénie avec d'autres causes de douleurs. Des douleurs au niveau des articulations ou du dos peuvent être liées à l'arthrose, à des problèmes musculaires ou à d'autres troubles. La perte de densité osseuse en elle-même ne fait pas mal. Ce sont surtout ses conséquences, comme les fractures, qui peuvent entraîner des symptômes.
C'est d’ailleurs pour cela que le dépistage repose principalement sur l'identification des facteurs de risque. Vous devez être vigilant si vous avez des antécédents familiaux de fracture, une ménopause précoce, un poids trop faible ou encore un manque d'activité physique prolongé. Quand l’ostéopénie est détectée tôt, il est plus facile de mettre en place des mesures adaptées et de limiter son évolution.
Comment diagnostiquer l'ostéopénie ?
Le diagnostic de l'ostéopénie s'effectue grâce à l'ostéodensitométrie (DEXA), l'examen utilisé pour mesurer la densité minérale osseuse. Il évalue notamment la quantité de minéraux présents au niveau du col du fémur et des vertèbres lombaires.
L'interprétation du T-score
Le résultat est exprimé en T-score, un indicateur qui compare la solidité du squelette à celle d’un adulte jeune ayant une structure optimale :
- Os normal : supérieur ou égal à −1 ;
- Ostéopénie : compris entre −1 et −2,5 ;
- Ostéoporose : inférieur ou égal à −2,5.
Les examens sanguins complémentaires
Il est aussi parfois possible de faire une prise de sang pour évaluer vos taux de vitamine D, de calcium et de phosphore, ainsi que le fonctionnement de la thyroïde, des parathyroïdes et des reins. Ce bilan permet de rechercher d'éventuelles causes secondaires.
Le rythme du suivi médical
Il est recommandé de faire un contrôle de la DMO tous les 2 à 5 ans. Ce suivi mesure la vitesse d'évolution de la perte osseuse. Il permet d'ajuster votre hygiène de vie et de vérifier l'efficacité des mesures nutritionnelles mises en place.
Ostéopénie : est-ce grave ?
Quand vous la découvrez, l’ostéopénie n'est pas une situation urgente. Elle doit toutefois être prise au sérieux pour limiter son évolution vers l'ostéoporose. Cette condition souligne qu'il est important d'agir avec une alimentation adaptée et une activité physique régulière.
Quels sont les traitements médicaux et interventions nutritionnelles en cas d'ostéopénie ?
La prise en charge de l’ostéopénie ne nécessite pas systématiquement un traitement médicamenteux. Dans la plupart des cas, on va d’abord chercher à préserver la solidité du squelette en corrigeant les facteurs pouvant l’influencer, en réalisant un suivi régulier des résultats des examens et en adoptant de bonnes habitudes.
Les traitements spécifiques de l'ostéoporose ne sont généralement envisagés que chez les personnes qui ont un risque élevé de fracture.
Le premier traitement de l’ostéopénie est donc de rechercher et de corriger d'éventuelles carences, comme celle en vitamine D et en calcium. L’alimentation est adaptée en ce sens. Quant à la supplémentation, elle peut être envisagée par le médecin si les apports sont insuffisants.
En effet, plusieurs nutriments participent au maintien d'une bonne santé osseuse.
- La vitamine D, pour commencer, joue un rôle essentiel dans l'absorption et l'utilisation du calcium et du phosphore par l'organisme. Ces minéraux sont indispensables à la structure des os.
- Quant au calcium, il contribue au maintien d'une ossature normale et participe à la minéralisation osseuse.
- Les protéines sont également favorables au maintien de la structure osseuse, car l'os est constitué d'une matrice organique sur laquelle viennent se fixer les minéraux.
- Enfin, le magnésium et la vitamine K participent eux aussi au fonctionnement normal du tissu osseux et interviennent dans les mécanismes liés au remodelage osseux.
Ostéopénie : en résumé
L’ostéopénie correspond à une diminution progressive de la solidité du squelette qui peut rester longtemps silencieuse. Pourtant, c’est un signal d’alerte à prendre en compte avant une éventuelle aggravation vers l’ostéoporose. Cet état peut fragiliser le squelette au fil du temps et augmenter certains risques pour la santé. Il est donc important d’agir tôt en cherchant à comprendre les facteurs qui peuvent la favoriser et les moyens de la détecter. Pour préserver votre santé, veillez à adopter de bonnes habitudes de vie, à pratiquer régulièrement des exercices adaptés et à bénéficier d’un suivi médical approprié.
FAQ sur l’ostéopénie
Non, ce n’est pas automatique. Dans beaucoup de situations, le médecin commence par agir sur les habitudes de vie : une alimentation adaptée, une activité physique régulière et la correction d’éventuelles carences. Les médicaments sont surtout envisagés quand le risque de complication devient plus important.
Non. Certaines personnes restent stables pendant de nombreuses années. D’autres voient leur situation évoluer plus rapidement. C’est pourquoi un suivi personnalisé permet d’adapter les conseils et de surveiller l’évolution du capital osseux.
Il est possible de soutenir la solidité du squelette en ayant de bonnes habitudes. Bouger régulièrement, pratiquer des exercices de renforcement musculaire et avoir des apports suffisants en nutriments essentiels participent au maintien d’une bonne structure du corps.
Les activités qui sollicitent les muscles et le squelette sont particulièrement intéressantes. La marche active, les exercices de résistance ou les activités qui améliorent l’équilibre peuvent aider à préserver la mobilité et limiter la fragilisation liée à l’âge.
Non, cette baisse progressive de la qualité du tissu ne donne généralement aucun signe visible. Les douleurs apparaissent surtout quand il y a des complications. C’est pour cette raison qu’un dépistage adapté est important chez les personnes concernées.
La fréquence dépend de votre âge, de vos facteurs personnels et des résultats du premier examen. Le médecin peut vous proposer un nouveau contrôle après quelques années pour vérifier les résultats et ajuster les mesures de prévention.
Silva, T. D. B. da et al. Supplements for bone health. Arch Endocrinol Metab 70, e20250374 (2025).
Brandt, I. A. G., Starup-Linde, J., Andersen, S. S. & Viggers, R. Diagnosing Osteoporosis in Diabetes-A Systematic Review on BMD and Fractures. Curr Osteoporos Rep 22, 223–244 (2024).
Yeung, W.-C. G., Toussaint, N. D. & Badve, S. V. Vitamin D therapy in chronic kidney disease: a critical appraisal of clinical trial evidence. Clin Kidney J 17, sfae227 (2024).