ARTICLES SANTÉ

Causes, symptômes et durée de la mononucléose

Ce qu'il faut retenir
La mononucléose est une infection virale qui se transmet par la salive. Elle cause fatigue intense, mal de gorge et fièvre. La crise dure 2 à 3 semaines, mais la fatigue peut persister plusieurs mois.
Causes, symptômes et durée de la mononucléose
Mis à jour le 31/07/2026 - Temps de lecture 10 min

La mononucléose est une infection virale bien connue du grand public. Pourtant, son fonctionnement, son évolution et ses particularités restent souvent mal compris.

Dans cet article, découvrez l'essentiel à savoir sur cette maladie à partir des connaissances scientifiques actuelles.

Nos produits associés

Qu'est-ce que la mononucléose ?

La mononucléose est une maladie virale aiguë causée par le virus d'Epstein-Barr (EBV), un virus appartenant à la famille des herpèsvirus. Malgré cette appartenance, la mononucléose ne correspond pas à une forme d’herpès [1, 2].

Il fait aussi partie de la même famille que le virus varicelle-zona, responsable de la varicelle puis du zona en cas de réactivation [3].

L'EBV est extrêmement répandu. On estime que jusqu'à 95 % des adultes ont développé des anticorps contre ce virus au cours de leur vie, signe qu'ils ont déjà été en contact avec lui. La mononucléose symptomatique touche principalement les adolescents et les jeunes adultes, avec un pic entre 15 et 24 ans. Chez l'adulte, elle reste plus rare, car la plupart des personnes ont déjà été infectées pendant l'enfance et sont immunisées [1].

Après son entrée dans l'organisme, le virus infecte les cellules de la gorge et des glandes salivaires. Il cible également les lymphocytes B, des globules blancs qui participent à la défense immunitaire, avant de circuler dans le sang [1,4].

Le saviez-vous ?

Une fois l'infection aiguë terminée, le virus n'est pas totalement éliminé. Il reste présent toute la vie à l'état latent dans certains lymphocytes B mémoire, notamment au niveau des ganglions lymphatiques.

Cette phase de latence est normalement contrôlée par les lymphocytes T. En cas de déficit immunitaire, le virus peut toutefois se réactiver [1, 4].

Comment se transmet la mononucléose infectieuse ?

Le virus se transmet essentiellement par contact, principalement avec la salive d'un individu infecté, d'où le fameux surnom populaire de "maladie du baiser".

Contrairement à une idée reçue, l'EBV n'est pas considéré comme hautement contagieux. La transmission nécessite le plus souvent un contact rapproché et répété [1].

Outre les baisers, cette maladie se transmet également par le partage d’objets en contact avec la bouche, comme les verres ou les couverts. Plus rarement, elle peut se propager par des gouttelettes émises en toussant ou en éternuant, par le sang ou le sperme [2].

La contagion est maximale pendant la période symptomatique, notamment lorsque la fièvre est présente, car le virus circule alors en grande quantité dans la salive.

Toutefois, le virus peut rester actif dans la salive bien après la disparition des symptômes. L'OMS évoque une durée totale de contagiosité potentielle de six mois, voire plus, après l'infection [2].

Quels sont les symptômes de la mononucléose ?

La mononucléose infectieuse se manifeste par un ensemble de signes qui peuvent fortement impacter l’état général. L'incubation de la mononucléose est particulièrement longue, en moyenne de 3 à 6 semaines. Cela explique pourquoi la plupart des malades ne se souviennent pas du moment de la contamination [1].

Fatigue, fièvre et angine

Mononucléose symptômes

La mononucléose associe souvent trois signes caractéristiques :

  • La fièvre : qui se situe habituellement entre 38,3 °C et 40 °C et peut s'accompagner de frissons.
  • Le mal de gorge (angine) : qui correspond à une inflammation importante de la gorge. Les amygdales deviennent rouges et gonflées, parfois recouvertes de dépôts blanchâtres ou jaunâtres. La déglutition peut alors devenir très douloureuse.
  • La fatigue importante : il s’agit du symptôme le plus marquant de la mononucléose. Il peut fortement altérer la qualité de vie et limiter les activités quotidiennes, parfois malgré le repos [1,2].

La plupart des symptômes durent en moyenne 10 jours mais la fatigue persiste généralement 3 semaines [4].

Les signes cliniques secondaires

En plus des signes précédemment cités, la mononucléose peut s’accompagner d’autres manifestations.

En effet, l’infection déclenche une réaction du système immunitaire qui entraîne une augmentation du volume des ganglions lymphatiques. Ces derniers deviennent souvent sensibles à la palpation, notamment au niveau du cou. Des ganglions gonflés peuvent également apparaître au niveau des aisselles ou de l’aine [1, 2].

Dans environ 50 % des cas, l’examen clinique met en évidence une splénomégalie, c’est-à-dire une augmentation du volume de la rate. Un léger gonflement des paupières ou du foie peut parfois compléter ces manifestations, bien que ces signes restent moins fréquents [1, 2, 5].

Comment diagnostiquer la mononucléose ?

Le diagnostic de la mononucléose repose d’abord sur l’examen clinique réalisé par le médecin. Lorsque les signes sont évocateurs, une prise de sang est réalisée afin de confirmer le diagnostic et d’éliminer d’autres causes.

L'hémogramme et le syndrome mononucléosique

La prise de sang joue un rôle important dans le diagnostic de la mononucléose. Elle peut révéler une anomalie caractéristique appelée syndrome mononucléosique [6].

Concrètement, cette anomalie correspond à une modification de la répartition des globules blancs. Le sang contient alors une quantité importante de cellules mononucléées, principalement des lymphocytes et des monocytes, qui participent à la défense de l’organisme. Leur proportion peut dépasser 50 % des globules blancs [1, 6].

Au microscope, le biologiste observe également des lymphocytes d’aspect particulier, appelés lymphocytes atypiques. Leur présence traduit l’activation du système immunitaire en réponse à l’infection. Ces éléments orientent le médecin vers une mononucléose, mais doivent être interprétés avec les autres examens biologiques pour confirmer le diagnostic [1].

Les tests sérologiques

Lorsque l’hémogramme oriente vers une mononucléose, des tests sérologiques (prise de sang) peuvent confirmer la maladie. Ces examens recherchent des anticorps, c’est-à-dire des protéines produites par le système immunitaire pour lutter contre un virus.

Le MNI Test (ou Monospot) est un test sanguin rapide qui recherche des anticorps associés à la mononucléose. Il peut aider à confirmer le diagnostic en quelques minutes [1,2].

Dans certaines situations, une sérologie EBV complète peut être réalisée. Elle recherche des immunoglobulines spécifiques dirigées contre le virus d’Epstein-Barr [1]. L’analyse de ces différents marqueurs permet de déterminer si l’infection est récente ou si le contact avec le virus est plus ancien [4].

Test sérologique mononucléose
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (comme l’ibuprofène ou le kétoprofène) sont déconseillés en automédication. Leur utilisation doit être discutée avec un professionnel, notamment en raison d’un risque potentiel de complications.

Les antibiotiques n’ont aucun intérêt, car ils agissent uniquement contre les bactéries et non contre les virus [2].

Combien de temps dure la mononucléose et sa convalescence ?

La durée de la mononucléose varie d’une personne à l’autre. La phase aiguë de la maladie s’étend généralement sur 2 à 3 semaines, le temps que les principaux symptômes diminuent [1].

Cependant, le gonflement des ganglions lymphatiques et des amygdales peut persister un peu plus longtemps. En effet, ces organes ont parfois besoin d’un mois pour retrouver une taille normale [2].

Par ailleurs, chez certaines personnes, une fatigue importante peut persister pendant plusieurs mois après la disparition des autres signes. Cette fatigue prolongée peut parfois s’apparenter à un syndrome de fatigue chronique post-viral [7].

Dans la grande majorité des cas, l'évolution reste favorable : la plupart des personnes guérissent sans séquelles et développent une immunité durable qui maintient le virus à l'état latent [1].

Comment bien récupérer pendant la convalescence ?

La convalescence peut demander du temps. Pour favoriser la récupération, il est important d’adapter son rythme de vie, de respecter la fatigue ressentie et de reprendre progressivement ses activités.

Quelques mesures simples peuvent aider à mieux récupérer :

  • Accorder une place importante au repos : la fatigue peut être intense et durer plusieurs mois chez certaines personnes. Il est préférable d’augmenter progressivement son niveau d’activité au fur et à mesure de l’amélioration de l’état général, plutôt que de reprendre trop rapidement un rythme habituel.
  • Reprendre le sport ultérieurement : en cas d’augmentation du volume de la rate, les activités physiques doivent être évitées pendant 4 à 6 semaines. Cette précaution permet de limiter le risque de rupture de la rate.
  • Maintenir une bonne hydratation : l’hyperthermie (fièvre) augmente les pertes en eau et peut favoriser la déshydratation. Boire suffisamment, notamment de l’eau, des jus ou des bouillons, aide à compenser ces pertes hydriques [2].
  • Adapter son alimentation : lorsque la gorge est douloureuse, privilégiez des aliments faciles à avaler, comme les compotes, les yaourts, les soupes tièdes ou les aliments froids. Les aliments très acides ou épicés peuvent être évités s’ils accentuent les sensations d’irritation lors de la déglutition.

Comment éviter la transmission du virus ?

Pour limiter le risque de contamination, il est essentiel d’éviter les contacts rapprochés avec la salive d’une personne infectée, notamment pendant la phase où le virus est encore présent dans les sécrétions buccales [2].

Quelques précautions simples permettent de réduire le risque de transmission :

  • Ne pas partager les objets en contact avec la bouche : évitez de partager des verres, des bouteilles, des couverts, des brosses à dents ou encore du baume à lèvres. Ces objets peuvent favoriser le passage du virus d’une personne à une autre.
  • Limiter les contacts salivaires rapprochés : les baisers sont un mode de transmission bien connu de la mononucléose. Il est préférable d’éviter ces contacts avec une personne atteinte ou récemment rétablie.

Le lavage des mains reste un geste utile pour limiter la transmission de nombreuses infections. Toutefois, il est moins efficace contre la mononucléose, qui se transmet principalement par contact avec la salive plutôt que par les mains [2].

Plus rarement, le virus d’Epstein-Barr peut également être transmis par le sang, notamment lors d’une transfusion sanguine. C’est pourquoi la mononucléose constitue une contre-indication temporaire au don du sang. Les recommandations prévoient généralement un délai d’au moins 28 jours après la guérison complète de l’infection avant de pouvoir donner son sang. Dans tous les cas, il est préférable de contacter l’EFS afin de vérifier les conditions de reprise du don [4, 8].

Les complications rares de la mononucléose

Bien que la mononucléose infectieuse évolue le plus souvent favorablement, certaines complications rares peuvent apparaître.

Une obstruction des voies aériennes supérieures liée à un gonflement important des ganglions pharyngés peut entraîner des difficultés respiratoires. Cette situation nécessite une prise en charge médicale rapide.

Une rupture de la rate peut également survenir. Cette complication, rare mais potentiellement grave, est favorisée par l’augmentation du volume de la rate observée chez certaines personnes.

Plus rarement, la mononucléose peut s’accompagner de complications neurologiques, comme une méningo-encéphalite, des atteintes des nerfs crâniens, des neuropathies périphériques ou un syndrome de Guillain-Barré [1, 2].

Des atteintes du cœur et des poumons peuvent aussi être observées dans de rares cas, notamment une inflammation du muscle cardiaque (myocardite), de la poche qui l’entoure (péricardite) ou une pneumopathie [4].

La mononucléose infectieuse en résumé

La mononucléose infectieuse est une infection virale causée par le virus d’Epstein-Barr, très répandu dans la population. Elle se transmet principalement par la salive et se manifeste surtout par une fatigue importante, de la fièvre, un mal de gorge et un gonflement des ganglions.

Son diagnostic repose sur l’examen clinique, complété par des analyses sanguines permettant d’identifier les anomalies caractéristiques et de confirmer l’infection. Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique : la prise en charge consiste principalement à soulager les symptômes et à accompagner la récupération.

Si la maladie évolue généralement favorablement, la convalescence peut être longue, notamment en raison d’une fatigue persistante chez certaines personnes. Le repos, une reprise progressive des activités et le respect des précautions liées aux complications possibles sont essentiels pour favoriser une récupération complète.

Les informations mentionnées dans cet article sont fournies à titre indicatif uniquement et ne peuvent se substituer à l'avis d'un professionnel de santé.

FAQ sur la mononucléose

Les premiers signes de la mononucléose apparaissent généralement après une période d’incubation de plusieurs semaines. La maladie se manifeste souvent par une fatigue importante, de la fièvre, un mal de gorge et un gonflement des ganglions, notamment au niveau du cou.

La fatigue est l’un des symptômes les plus marquants de la mononucléose. Elle peut persister plusieurs mois après la disparition des autres signes.

Le virus d’Epstein-Barr se transmet surtout par la salive. La contagiosité est importante pendant la phase symptomatique, mais le virus peut rester présent dans la salive pendant plusieurs mois après l’infection.

Références :
[5]

Bronz, G. et al. Bilateral upper eyelid swelling (Hoagland sign) in Epstein–Barr infectious mononucleosis: prospective experience. Infection 51, 471–474 (2023).

[6]

Talbot, A. & Boutboul, D. Syndrome mononucléosique. EMC - Traité de médecine AKOS 29, 1–4 (2026).

[7]

Katz, B. Z., Shiraishi, Y., Mears, C. J., Binns, H. J. & Taylor, R. Chronic Fatigue Syndrome Following Infectious Mononucleosis in Adolescents: A Prospective Cohort Study. Pediatrics 124, 189–193 (2009).

[8]

Blood donor selection: guidelines on assessing donor suitability for blood donation, WHO, 2012.

Articles similaires