Observer des pertes marron peut être source d'inquiétude, surtout lorsqu'elles apparaissent en dehors des règles ou s'accompagnent d'autres symptômes. Pourtant, ces sécrétions brunâtres sont fréquentes au cours de la vie reproductive et s'expliquent, dans la majorité des cas, par un phénomène naturel.
Pourquoi les pertes vaginales changent-elles de couleur ? À quel moment du cycle sont-elles normales ? Découvrez les principales explications des pertes marron, les signes qui doivent alerter et les solutions pour mieux les comprendre.
Pourquoi j'ai des pertes marron ?
Les pertes brunes correspondent le plus souvent à de petites quantités de sang mélangées aux sécrétions vaginales, appelées spotting, que la femme peut découvrir dans sa culotte ou lors de l’essuyage aux toilettes.
Contrairement à une idée reçue, la couleurne traduit pas un « mauvais » sang ou une anomalie.
Effectivement, lorsqu'un saignement est peu abondant, le sang met plus de temps à être évacué. Il s'oxyde alors au contact de l'oxygène, ce qui lui donne une couleur brune.
Les pertes brunes sont fréquentes en début ou en fin de règles, mais peuvent aussi apparaître à d'autres moments du cycle ou dans certaines situations particulières.
Quelles sont les causes principales des pertes marron ?
Une tache marron dans la culotte peut survenir à différents moments de la vie et du cycle de la femme. Pour mieux comprendre leur origine, il est utile de distinguer les causes physiologiques, généralement sans gravité, des situations qui nécessitent une surveillance médicale.
Les facteurs physiologiques liés au cycle menstruel
Les pertes brunes sont fréquentes au cours de la vie reproductive et sont, dans la plupart des cas, sans gravité. Elles peuvent survenir :
- À l’arrivée des règles : avant les menstruations, de très faibles saignements peuvent apparaître et s'oxyder avant que le flux ne devienne plus abondant.
- À la fin des règles : les derniers résidus de sang et de muqueuse utérine s'évacuent plus lentement, ce qui explique leur couleur marron foncé.
Une perte marron 10 jours après les règles peut également être due à l'ovulation. Elle a lieu généralement entre le 10ᵉ et le 16ᵉ jour d'un cycle de 28 jours. Chez certaines femmes, la baisse transitoire des œstrogènes qui précède la libération de l'ovocyte provoque un léger spotting [2].
Les causes hormonales ou passagères
Certaines périodes de la vie ou événements peuvent favoriser l'apparition de pertes brunes de manière ponctuelle en dehors des règles :
- La contraception hormonale constitue l'une des causes les plus fréquentes de spotting. Il est courant d'observer de légères pertes brunâtres au cours des premiers mois suivant le commencement d'une pilule contraceptive, la pose d'un implant, d'un patch, d'un anneau vaginal ou d'un dispositif intra-utérin (DIU) hormonal [3]. Cela correspond au temps nécessaire au corps pour s'adapter aux nouvelles concentrations hormonales.
- Des pertes marron peuvent également survenir en cas d'oubli, d’arrêt de la pilule, de prise irrégulière de la contraception ou avec certaines pilules uniquement progestatives, plus susceptibles d'entraîner des spottings.
- À l'approche de la ménopause, les ovaires produisent les hormones de manière plus irrégulière. Ces fluctuations hormonales peuvent entraîner des cycles imprévisibles, des règles plus légères ou plus abondantes et l'apparition de pertes marron entre les menstruations.
- Le stress chronique, un choc émotionnel ou une fatigue intense peuvent également augmenter le risque d’irrégularités du cycle menstruel et favoriser l'apparition de pertes marron. En effet, ces facteurs sont susceptibles de perturber temporairement l'axe hypothalamo-hypophysaire, un système de régulation situé dans le cerveau qui contrôle la production des hormones impliquées dans le cycle menstruel.
Les causes pathologiques nécessitant une vigilance
Si les pertes marron sont le plus souvent bénignes, elles peuvent parfois révéler une affection gynécologique, en particulier lorsqu'elles persistent, reviennent fréquemment ou s'accompagnent d'autres manifestations.
Le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP, anciennement SOPK),qui perturbe l'ovulation, peut provoquer des cycles menstruels longs et irréguliers. L'endomètre restant plus longtemps dans l'utérus avant d'être éliminé, de légers saignements brunâtres peuvent apparaître entre les règles.
L'endométriose, les polypes utérins ou les fibromes peuvent également être à l'origine de pertes marron. Ces affections modifient le fonctionnement de la muqueuse utérine ou provoquent des pertes de faible abondance qui s'oxydent avant d'être évacuées.
Enfin, certaines infections vaginales, comme une vaginose bactérienne ou certaines infections sexuellement transmissibles (IST), peuvent entraîner des pertes brunâtres, parfois associées à une mauvaise odeur, des démangeaisons, des brûlures ou des douleurs pendant les rapports sexuels. Dans ce cas, une consultation médicale est indispensable afin d'identifier la cause et de mettre en place une prise en charge adaptée.
Pertes marron et grossesse : ce qu'il faut savoir
Observer des pertes marron lorsqu'on est enceinte, ou au moment où les menstruations sont attendues, peut inquiéter la future mère. Des saignements légers en début de grossesse peuvent survenir sans qu’il s’agisse nécessairement d’une complication [4]. Leur signification dépend du moment où ils surviennent, de leur abondance et des éventuelles manifestations qui les accompagnent.
Pertes marron à la place des règles : un signe de grossesse ?
Lorsque les menstruations n'arrivent pas et sont remplacées par quelques pertes brunâtres, une grossesse est l'une des hypothèses à envisager.
Ce phénomène, appelé saignement d'implantation, est généralement sans gravité lorsqu'il reste léger et transitoire [5].
Toutefois, des pertes marron à la place des menstruations ne signifient pas forcément qu'une grossesse est en cours. Elles peuvent aussi être liées à un cycle anovulatoire, à un déséquilibre hormonal ponctuel ou à un simple retard de règles. En cas de doute, un test de grossesse urinaire réalisé à partir du premier jour de retard des règles permet le plus souvent de confirmer ou d'écarter cette hypothèse.
Le saignement en tout début de grossesse
Au cours des premières semaines de grossesse, de légers écoulements peuvent également apparaître en dehors du saignement d'implantation. Les importantes modifications hormonales et l'augmentation de la vascularisation du col de l'utérus rendent les tissus plus sensibles, ce qui peut favoriser de petites pertes brunâtres, notamment après un rapport sexuel [4].
Elles sont généralement peu abondantes et disparaissent spontanément. En revanche, toute perte de sang pendant la grossesse mérite d'être signalée au médecin gynécologue qui assure le suivi.
Les signaux d'alerte au premier trimestre
Si les pertes marron deviennent abondantes, persistent plusieurs jours ou s'accompagnent de douleurs pelviennes importantes, de crampes, de vertiges ou d'un malaise, un avis médical rapide est indispensable. Ces symptômes peuvent notamment être associés à une fausse couche ou à une grossesse extra-utérine.
Plus rarement, ils peuvent également être liés à un hématome sous-chorionique, c'est-à-dire une accumulation de flux sanguin entre la membrane qui entoure l'embryon et la paroi de l'utérus [6]. Le décollement placentaire, en revanche, est une complication qui survient principalement au cours de la deuxième moitié de la grossesse et reste exceptionnel au premier trimestre.
Dans tous les cas, il est préférable de ne pas s'auto-diagnostiquer. Seul un examen clinique, éventuellement complété par une échographie et un dosage de l'hormone bêta-hCG, permet de déterminer l'origine des pertes et de vérifier le bon déroulement de la grossesse.
Pertes marron, maux de ventre et fatigue : quand s’inquiéter ?
Dans la majorité des cas, les pertes marron sont bénignes. Elles sont liées au cycle menstruel ou à l’effet du syndrome prémenstruel (SPM) et ne devraient pas inquiéter. Elles peuvent s’accompagner de symptômes légers comme des douleurs abdominales modérées, une fatigue passagère ou une sensibilité des seins. Les symptômes prémenstruels et les douleurs de règles sont liés aux fluctuations hormonales du cycle, ainsi qu’à l’action des prostaglandines, des substances impliquées dans les contractions utérines lors de l’élimination de l’endomètre.
Il est toutefois recommandé de consulter un professionnel de santé dans les situations suivantes :
- Douleurs importantes ou fatigue inhabituelle en dehors de la période des menstruations, pouvant évoquer un déséquilibre hormonal plus profond comme l’endométriose ou le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP).
- Fièvre, brûlures urinaires ou douleurs pelviennes, qui peuvent être le signe d’une infection gynécologique ou urinaire.
- Odeur inhabituelle, démangeaisons ou brûlures vaginales, souvent associées à une infection (vaginose, mycose ou une IST).
- Pertes marron après un rapport sexuel, surtout si elles se répètent. Elles peuvent être liées à une fragilité du col de l’utérus, à une inflammation, à un polype ou plus rarement à une infection.
- Saignements abondants, prolongés ou récurrents sur plusieurs cycles, pouvant traduire un déséquilibre hormonal ou la présence de lésions bénignes comme de polypes ou des fibromes utérins.
Diagnostic et traitement des pertes marron
Le diagnostic repose avant tout sur un échange avec le médecin ou le gynécologue afin de retracer le contexte d’apparition, la fréquence des pertes et les éventuels signes associés.
L’évaluation médicale
Le gynécologue ou la sage-femme peut réaliser un examen clinique, souvent complété par un examen au spéculum afin d’observer le col de l’utérus et les parois du vagin.
Selon la situation, des examens complémentaires peuvent être prescrits, comme une échographie pelvienne, un frottis ou des analyses biologiques.
Ces examens permettent de vérifier l’état de l’endomètre, d’identifier une éventuelle contamination ou de détecter la présence de lésions bénignes comme des polypes ou des fibromes.
Un traitement adapté à la cause
La prise en charge dépend directement de l’origine des pertes marron. Une fois la cause identifiée, le professionnel de santé propose une solution adaptée.
|
Cause identifiée |
Prise en charge possible |
|---|---|
Contraception | Ajustement de la contraception si nécessaire |
Infection vaginale ou IST | Médication adaptée (ovules, antibiotiques ou antifongiques selon la cause) |
Polype ou fibrome | Surveillance ou traitement selon les cas |
SMOP (anciennement SOPK) | Prise en charge individualisée |
Endométriose | Traitement de la douleur et/ou traitement hormonal |
Soutenir son équilibre hormonal au quotidien
En complément de la prise en charge proposée par le médecin ou le gynécologue, certaines habitudes de vie peuvent contribuer au bon fonctionnement de l'organisme et au confort hormonal. Il est notamment recommandé :
- d’adopter une bonne hygiène intime, en évitant les douches vaginales, qui perturbent l'équilibre naturel du microbiote vaginal ;
- d’apprendre à mieux gérer le stress, par exemple grâce à la méditation, à la cohérence cardiaque ou à d'autres techniques de relaxation ;
- de privilégier une alimentation de type méditerranéenne, riche en fruits et légumes, en céréales complètes, en légumineuses, en poissons gras et en huiles végétales de qualité, afin d'apporter des antioxydants, des fibres et de bonnes graisses.
Certains micronutriments et extraits de plantes peuvent également être intéressants. Le magnésium contribue à réduire la fatigue et au fonctionnement normal du système nerveux.
Ce magnésium est d'une très grande qualité, très bonne tolérance digestive pour ma part, grâce à sa forme (bisglycinate). Je me sens bien mieux et beaucoup moins stressée, mon sommeil est également bien moins agité et j'ai la sensation de beaucoup mieux récupérer. Merci Nutripure pour la réelle qualité de vos produits !
Esther P.
Du côté des plantes, la rhodiola et le safran sont traditionnellement utilisés pour aider à maintenir un bon confort avant et pendant le cycle menstruel.
J'ai voulu tester sans trop y croire, et finalement, je suis assez bluffée par le résultat : amélioration notable de mon stress et humeur plus stable.
Lyvia G.
Les pertes marron en résumé
Les pertes marron correspondent généralement à du sang ancien qui s'est oxydé avant d'être évacué. Elles sont le plus souvent bénignes et surviennent en début ou en fin de règles, au moment de l'ovulation, lors de variations hormonales ou au début d'une grossesse.
En revanche, si elles deviennent abondantes, persistent plusieurs cycles ou s'accompagnent de douleurs importantes, de fièvre, d'une odeur inhabituelle ou de brûlures, une consultation médicale est recommandée afin d'en rechercher la cause.
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé. En cas de symptômes persistants, de douleurs importantes ou de doute, consultez un médecin, un gynécologue ou une sage-femme.
FAQ sur les pertes marron
Non, des pertes marron physiologiques sont généralement inodores. En revanche, une odeur forte ou désagréable, surtout si elle s'accompagne de démangeaisons ou de brûlures, peut évoquer une infection gynécologique et justifie en effet une consultation.
Les pertes marron durent le plus souvent quelques heures à quelques jours, notamment au commencement ou à la fin des menstruations. Si elles persistent au-delà de plusieurs jours ou se répètent sur plusieurs cycles, il est conseillé de consulter un professionnel de santé.
Oui. De légers spottings peuvent apparaître au cours des premiers mois suivant le démarrage d'une contraception hormonale ou après un oubli de pilule. Ils disparaissent généralement lorsque le corps s'adapte.
Oui. Des pertes marron peuvent survenir en dehors des règles, notamment au moment de l'ovulation, en cas de fluctuations hormonales ou au début d'une grossesse. Elles ne sont donc pas systématiquement le signe des menstruations.
First Trimester Bleeding: Evaluation and Management, Hendriks, MacNaughton, Castillo MacKenzie Volume 99, Number 3, February 1, 2019
Bondick, C. P., Das, J. M. & Fertel, H. Subchorionic Hemorrhage. in StatPearls (StatPearls Publishing, Treasure Island (FL), 2026).