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Pertes blanches : comprendre leur rôle et savoir les interpréter

Ce qu'il faut retenir
Les pertes blanches sont normales et physiologiques. Leur aspect varie selon le cycle. Un changement brusque de couleur, d’odeur ou de texture doit alerter et vous amener à consulter.
Pertes blanches : comprendre leur rôle et savoir les interpréter
Mis à jour le 12/03/2026 - Temps de lecture 7 min

Les pertes blanches font partie du quotidien et du cycle menstruel de toutes les femmes. Pourtant, elles restent souvent mal comprises et sources d’inquiétudes. Si elles sont généralement le signe d'un corps en bonne santé, un déséquilibre peut rapidement apparaître. Cet article vous aidera à distinguer des sécrétions normales de signaux d'alarme tout en vous donnant des conseils pour préserver votre flore vaginale.

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Que sont les pertes blanches et à quoi servent-elles ?

Les pertes blanches (aussi appelées leucorrhées) sont des sécrétions naturelles produites par le vagin et le col de l’utérus. Ce phénomène, entièrement physiologique, témoigne du bon fonctionnement de l'appareil reproducteur.

Composées de glaire cervicale et de cellules vaginales mortes, ces sécrétions de pertes blanches assurent une fonction auto-nettoyante essentielle à l'équilibre intime.

Leur fonction est triple :

  • Elles nettoient le vagin en éliminant bactéries et cellules mortes.
  • Elles maintiennent l'hydratation vaginale.
  • Elles protègent la flore vaginale contre les agents pathogènes.

Cette protection repose sur un équilibre fragile : le vagin maintient un pH acide compris entre 3,8 et 4,4. Ce pH est préservé grâce à des microorganismes : les lactobacilles, des bactéries protectrices dominantes qui produisent de l'acide lactique.

Ils forment ainsi une barrière naturelle contre les infections. Une revue publiée dans Archives of Microbiology en 2021 rappelle que cette dominance des lactobacilles est un marqueur clé d’un microbiote vaginal sain [2].

Comment varient les pertes selon le cycle menstruel ?

L’aspect, la texture et l’abondance des sécrétions changent tout au long du mois [3].

Ces variations sont parfaitement normales. Elles reflètent les fluctuations hormonales de votre cycle menstruel :

  • Autour de l'ovulation, vos pertes deviennent transparentes, filantes et élastiques. Cette texture facilite le passage des spermatozoïdes.

  • Dans la phase lutéale, la progestérone augmente. Les pertes blanches deviennent plus crémeuses, épaisses et blanchâtres. Ces pertes blanches avant les règles représentent une variation hormonale normale. La relation entre pertes blanches et règles est directe. Plus les règles approchent, plus les sécrétions s’épaississent et diminuent en volume.

Sachez également que pendant la grossesse les pertes blanches abondantes sont très fréquentes. L'augmentation du flux sanguin et des hormones stimule les sécrétions.

Comme dit plus haut, ces pertes vaginales abondantes apportent une fonction protectrice en renforçant la barrière naturelle du col de l'utérus contre les infections.

Le saviez-vous ?
Une femme produit naturellement un volume variable de sécrétions vaginales, pouvant atteindre plusieurs millilitres par jour selon la phase du cycle. Une quantité plus importante ne signifie pas une infection.

Pertes normales vs pertes anormales : quand s'inquiéter ?

Des pertes blanches physiologiques sont inodores ou légèrement acides et ne provoquent aucun symptôme.

En revanche, si vous observez des pertes blanches inhabituelles, c’est un signal d’alarme. Un changement de couleur, d’odeur ou de texture mérite votre attention.

Voici un tableau pour vous permettre de les identifier :

Caractéristique

Pertes normales

Pertes anormales

Couleur

Blanche, transparente, légèrement jaunâtre

Grise, verdâtre, jaunâtre intense

Odeur

Aucune ou légèrement acide

Forte, nauséabonde (« odeur de poisson »)

Texture

Fluide à crémeuse selon le cycle

Grumeleuse (lait caillé) ou très liquide

Symptômes

Aucun

Démangeaisons, brûlures, douleurs pelviennes

Cause

Physiologique ou hormonale

Mycose, vaginose bactérienne, IST

Quelles sont les causes des pertes blanches dites anormales ?

Plusieurs causes peuvent être responsables d’un changement de l'aspect des pertes blanches, notamment une mycose, une vaginose bactérienne ou encore une IST.

La mycose vaginale (Candida albicans)

La mycose vaginale est l'infection fongique vaginale la plus fréquente. Environ 70–75 % des femmes auront au moins un épisode de candidose vulvovaginale au cours de leur vie [4].

Dans 85 % des cas, le champignon Candida albicans en est responsable [5].

En cas de mycose vaginale, les pertes sont blanches, épaisses et grumeleuses, généralement sans odeur forte. Des démangeaisons intenses accompagnent souvent l'épisode [5].

La vaginose bactérienne

La vaginose bactérienne est la cause la plus fréquente de pertes vaginales anormales [1]. Elle résulte d'un déséquilibre du microbiote : les lactobacilles protecteurs sont remplacées par une prolifération de bactéries comme Gardnerella vaginalis, Prevotella et Mobiluncus.

Selon l’OMS [1], la vaginose bactérienne touche 23 à 29 % des femmes dans le monde.

Elle se manifeste par des pertes blanches malodorantes, grisâtres et liquides. L'odeur de poisson (surtout après les rapports sexuels) est typique.

Cependant, la moitié des cas sont asymptomatiques. Beaucoup de femmes ne consultent donc jamais, car elles ne ressentent aucun symptôme. Vous pourriez en être atteinte sans le savoir.

Les infections sexuellement transmissibles (IST)

Des pertes colorées (verdâtres ou jaunâtres) et mousseuses doivent immédiatement alerter et conduire à un dépistage. Elles peuvent signaler une infection.

  • La trichomonase : Elle provoque des pertes verdâtres et mousseuses avec une odeur forte.
  • La chlamydia : Elle génère souvent des pertes jaunâtres, mais peut rester totalement silencieuse (asymptomatique), ce qui la rend difficile à détecter sans examen.

Des douleurs pelviennes ou des brûlures à la miction sont également des symptômes courants en cas d’IST.

Une femme qui souffre de douleurs pelviennes et de pertes blanches
L'importance du prélèvement
Quelle que soit la cause, un prélèvement vaginal est indispensable pour établir un diagnostic et identifier la cause de pertes anormales. Si vous constatez l'un de ces changements, consultez rapidement votre médecin gynécologue, votre sage-femme ou un professionnel de santé.

Comment soigner des pertes vaginales anormales ?

Le traitement dépend exclusivement de la cause identifiée. Le diagnostic précis par votre médecin est donc la première étape incontournable.

Il se basera systématiquement sur le résultat d'un prélèvement vaginal effectué en laboratoire pour vous prescrire un traitement adapté.

Voici les traitements généralement recommandés selon la cause :

  • En cas de mycose : Le recours aux antifongiques locaux ou oraux (ovules, crèmes ou comprimés oraux) est la solution standard. Ces traitements réduisent significativement les récidives de candidose vulvo‑vaginale par rapport à un placebo [6].

  • En cas de vaginose bactérienne : Le traitement de référence repose sur l'utilisation de métronidazole, prescrit soit par voie orale, soit sous forme de gel vaginal, pour rétablir l'équilibre bactérien [7]. En complément, l'usage de probiotiques est souvent préconisé pour réensemencer la flore protectrice et limiter les risques de récidive en rétablissant un pH acide [7].

  • En cas d'IST : Un traitement ciblé prescrit par un professionnel de santé est obligatoire. Dans ce contexte, le traitement du ou des partenaires est souvent nécessaire pour éviter une réinfection immédiate.

Pour soulager les symptômes locaux (démangeaisons, brûlures) en complément du traitement de fond, pratiquez des bains de siège à l'eau claire pour apaiser les irritations.

Comment préserver l'équilibre de sa flore intime ?

Le bien-être vaginal repose sur un microbiote équilibré, dominé par les lactobacilles protecteurs.

Un déséquilibre de la flore vaginale peut s’installer rapidement, parfois sans symptômes comme nous l’avons vu. Pour maintenir cet équilibre, plusieurs réflexes quotidiens sont essentiels :

Les bons réflexes d'hygiène

Voici nos recommandations :

  • Eviter les douches vaginales : elles détruisent les lactobacilles et favorisent la dysbiose [1].
  • Utiliser un savon doux au pH physiologique, uniquement pour la zone externe.
  • Privilégier les sous-vêtements en coton pour limiter l'humidité et éviter les vêtements (notamment les pantalons) trop serrés.
  • Changez vos protections hygiéniques très régulièrement au cours de la journée.

Nutrition et compléments pour soutenir la flore

Une alimentation variée, peu transformée et riche en fibres constitue la base. Vous pouvez également y inclure des aliments fermentés comme les yaourts, le kéfir ou encore les légumes lacto-fermentés qui apportent des souches de probiotiques bénéfiques au quotidien [8].

Les probiotiques jouent un rôle reconnu dans l’équilibre du microbiote. Effectivement, ils contribuent à l’équilibre de la flore intestinale. Un intestin en équilibre participe à l’homéostasie globale de l’organisme.

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Les probiotiques peuvent aussi être associés à des vitamines comme la riboflavine (vitamine B2) et à la vitamine B3 (niacine), qui contribuent au maintien de muqueuses normales.

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Limiter la prise d’antibiotiques

Une cure d'antibiotiques peut réduire l'abondance et l'activité protectrice des lactobacilles vaginaux, ce qui peut favoriser la prolifération de Candida [9]. Ce risque est directement lié à la durée du traitement : plus la cure est longue, plus le déséquilibre est marqué.

Si vous êtes sujette aux mycoses à répétition, signalez-le systématiquement à votre médecin avant toute prescription. Il pourra adapter la durée du traitement ou envisager une prise en charge préventive.

La vie sexuelle

Le sperme est alcalin : un rapport non protégé élève temporairement le pH vaginal, ce qui réduit l'activité antimicrobienne de l'acide lactique produit par les lactobacilles. Cela peut fragiliser votre flore et favoriser une dysbiose [10].

Par ailleurs, préférez des lubrifiants compatibles avec votre microbiote, sans agents chimiques perturbateurs. Enfin, rappelez-vous que le préservatif vous protège contre les IST, mais aussi contre les épisodes répétés de déséquilibre de la flore.

Ces solutions et conseils ne doivent être envisagés qu'une fois toute maladie écartée par votre médecin.

Les pertes blanches en bref

Les pertes blanches (leucorrhées) sont des sécrétions vaginales physiologiques et tout à fait normales. Leur aspect et leur abondance évoluent naturellement tout au long du cycle menstruel sous l'effet des hormones.

Des pertes blanches inhabituelles (couleur, odeur, texture) sont un signal d'alarme. Les causes les plus fréquentes sont la mycose (Candida albicans) et la vaginose bactérienne, mais il peut également s’agir d’une IST.

Préservez l'équilibre de votre flore vaginale en privilégiant une hygiène intime douce (sans douches vaginales) et une alimentation adaptée, riche en fibres et en aliments fermentés.

En cas de doute ou de symptômes persistants, seul un prélèvement vaginal pourra confirmer l'origine de l'anomalie et permettre la prescription d'un traitement ciblé (antifongiques, antibiotiques ou probiotiques) par un médecin.

Ces informations sont fournies à titre éducatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé. Consultez votre médecin ou gynécologue pour tout symptôme persistant ou inhabituel.

FAQ sur les pertes blanches

Les pertes blanches sont des sécrétions naturelles produites par le vagin et le col de l'utérus. Elles servent à nettoyer le système reproducteur, à maintenir l’hydratation et à protéger la flore vaginale contre les agents pathogènes.

Une perte normale est inodore et n'entraîne aucun symptôme. Vous devez consulter un médecin si vos pertes changent brusquement de couleur, d'odeur ou de texture. Des démangeaisons intenses, des brûlures, une odeur nauséabonde ou des douleurs pelviennes après les rapports sexuels sont des signaux qui nécessitent un diagnostic.

Les sécrétions vaginales sont présentes tout au long du cycle, pas uniquement autour des règles. Avoir des pertes blanches sans règles est donc tout à fait normal.

Certains fibromes cervicaux ou utérins peuvent effectivement modifier les sécrétions vaginales. Ils peuvent provoquer des pertes vaginales abondantes, des pertes rosées ou des saignements en dehors des règles.

Références :
[5]

Rosati D, Bruno M, Jaeger M, ten Oever J, Netea MG. Recurrent Vulvovaginal Candidiasis: An Immunological Perspective. Microorganisms. 2020; 8(2):144.

[6]

Cooke G, Watson C, Deckx L, Pirotta M, Smith J, van Driel ML. Treatment for recurrent vulvovaginal candidiasis (thrush). Cochrane Database of Systematic Reviews 2022, Issue 1. Art. No.: CD009151.

[7]

Fan Y, Gu Y, Xian Y, Li Q, He Y, Chen K, Yu H, Deng H, Xiong L, Cui Z, Yang Y and Xiang Y (2024) Efficacy and safety of different drugs for the treatment of bacterial vaginosis: a systematic review and network meta-analysis. Front. Cell. Infect. Microbiol. 14:1402346.

[8]

Akpınar A, Markiewicz LH, Harsa HŞ, Paveljšek D, Domínguez-Soberanes J, Agirbasli Z, Naziri E, El Jalil MH, Bouchaud G, Salminen S, Savary-Auzeloux I, Humblot C, Chassard C, Pracer S, Vergères G and Karakaş-Budak B (2025) Efficacy of fermented foods for the prevention and treatment of bacterial vaginosis and vulvovaginal candidiasis. Front. Nutr. 12:1658988.

[9]

Castellano P, Ceccarani C, Djusse ME, Mazzetti M, Morselli S, Camboni T, Conti S, Prinelli F, Severgnini M, Foschi C, Dall’Asta M, Consolandi C and Marangoni A (2025) Linking antibiotic resistance genes in the vaginal microbiota to health-related behaviors and antibiotic awareness in reproductive-age women: a cross-sectional study. Front. Cell. Infect. Microbiol. 15:1640992.

[10]

S Perelmuter, A Ackerman, R Rubin, M Ingber, (036) Semen is not the vagina’s friend: a novel postcoital tampon improves ph after sex and may stabilize the vaginal microbiome, The Journal of Sexual Medicine, Volume 22, Issue Supplement_1, April 2025, qdaf068.036