L’aménorrhée correspond à l’arrêt des règles, qui interrompt le cycle menstruel. Elle peut apparaître dès la puberté ou survenir plus tard, après des cycles menstruels jusque-là réguliers. Pour beaucoup de femmes, voir les menstruations disparaître n’est jamais anodin. On observe son corps, on se demande si quelque chose s’est déréglé, si le stress, le rythme de vie ou une autre cause est en jeu.
L’arrêt des règles n’a pas la même signification selon l’âge, la fonction utérine ou le tableau des cycles. Certaines situations sont transitoires, d’autres s’inscrivent dans un syndrome fonctionnel. Dans cet article, découvrez les causes et les facteurs qui peuvent perturber un cycle jusqu'alors régulier. Nous verrons également des solutions naturelles pour soutenir votre équilibre hormonal en douceur.
Qu’est-ce que l’aménorrhée, concrètement ?
L’aménorrhée désigne l’arrêt des règles chez une femme en âge de procréer. Ce dysfonctionnement affecte le cycle, l’ovulation et la production de chaque hormone impliquée, notamment le taux des œstrogènes.
Il ne s’agit pas d’une maladie en soi, mais d’un signal clinique révélant des troubles du fonctionnement du système reproducteur, parfois liés au développement, à la ménopause ou à des adaptations transitoires. [1]
Aménorrhée primaire et aménorrhée secondaire
On parle d’aménorrhée primaire lorsque les règles ne surviennent pas après la puberté, malgré un développement attendu.
L’aménorrhée secondaire correspond à une interruption prolongée du cycle chez une femme auparavant réglée.
Dans les deux cas, l’équilibre repose sur un dialogue précis entre le cerveau, les ovaires et l’utérus (via l’axe hypothalamo-hypophysaire). Une perturbation de ce système peut modifier l’activité utérine, influencer le taux des hormones comme la prolactine ou les androgènes, et conduire à l’arrêt des règles sans anomalies visibles ni maladies identifiées. [2]
Dans quels cas l’absence de règles est-elle considérée comme normale ?
L’absence de règles est considérée comme normale à certains moments de la vie d’une femme, lorsque leur présence n’est pas attendue. :
- Pendant la grossesse, les hormones empêchent l’ovulation et la muqueuse utérine ne se renouvelle plus : les menstruations s’arrêtent.
- Lors de l’allaitement, un niveau élevé de prolactine (hormone stimulant la lactation) bloque le cycle menstruel.
- À la ménopause, la baisse durable du taux des œstrogènes liée à l’arrêt du fonctionnement des ovaires entraîne la fin définitive des cycles.
- Chez l’adolescente, après la puberté, des cycles irréguliers sans règles peuvent aussi survenir le temps que le système hormonal se stabilise. [3]
Dans ces contextes, l’absence de menstruations reflète un fonctionnement normal du système hormonal.
Quelles sont les causes fréquentes de l’aménorrhée ?
Stress, fatigue et charge mentale
Une aménorrhée, le plus souvent secondaire (plus rarement primaire), survient lorsque le système hypophysaire ralentit les signaux nécessaires au cycle. En situation de stress chronique ou d’épuisement, le cerveau priorise les fonctions vitales. L’ovulation devient irrégulière, les œstrogènes et les progestérones (progestatif) varient, et les règles ne se déclenchent plus.
Ce tableau correspond à une aménorrhée hypothalamique fonctionnelle : l’activité ovarienne est intacte, mais la communication centrale est temporairement suspendue, sans lésion. Certains médicaments peuvent majorer ces troubles. [4][5]
Alimentation, poids et activité physique
Le cycle menstruel est un processus gourmand en énergie. Lorsque l’apport calorique ne couvre plus les besoins liés à la croissance, au métabolisme de base ou à l’activité physique, l’organisme le met en pause. Ce déficit énergétique relatif peut survenir lors d’une perte de poids rapide, mais aussi chez des femmes au poids stable dont les dépenses sportives sont trop élevées par rapport à leur assiette.
Sur le plan biologique, ce manque d’énergie fait baisser la leptine, une hormone liée aux réserves du corps. Cela perturbe les signaux du cycle, réduit la FSH et s’inscrit dans le syndrome de déficit énergétique.
Les ovaires réduisent alors leur activité, l’ovulation s’arrête et les niveaux d’œstrogènes et de progestérone s’effondrent.
Aménorrhée et hormones : quel lien ?
Le rôle des hormones du cycle
Le cycle menstruel repose sur une coordination précise entre le cerveau (axe hypothalamo-hypophysaire), l’activité ovarienne et l’utérus.
- L’hypophyse libère la FSH, qui permet la maturation des follicules et l’ovulation.
- Les œstrogènes favorisent le développement de la muqueuse utérine, tandis que le progestatif prépare son maintien ou son élimination.
Les variations des œstrogènes évoluent naturellement au cours du développement, de la puberté jusqu’à la ménopause, et conditionnent la présence de cycles réguliers. [7]
Perturbations possibles de l’axe hormonal
Lorsque l’axe hypothalamo-hypophysaire-ovarien est perturbé, les signaux envoyés aux ovaires deviennent irréguliers ou insuffisants. La sécrétion de FSH et de LH diminue, ce qui empêche la maturation folliculaire et bloque l’ovulation. L’endomètre n’évolue plus correctement, ce qui explique l’absence de menstruations.
Ce type de dysfonctionnement ne traduit pas forcément des anomalies ou des maladies des ovaires ou de l’utérus. C’est une rupture de la communication entre le cerveau et le système reproducteur, fréquemment observée dans l’aménorrhée secondaire. [8] Il peut s’observer en cas de variations de prolactine, d’androgènes, de profils polykystiques, ou sous l’effet de certains médicaments.
Un bilan avec examens, test et examen clinique aide le médecin à interpréter le tableau et à envisager un traitement adapté si nécessaire.
Aménorrhée et sport intensif : on fait le point
Pour une athlète, l’aménorrhée ne résulte pas de l'exercice en soi, mais des causes liées à l’équilibre global du corps. Lorsque l'énergie disponible devient critique, l’organisme redéfinit ses priorités : il suspend le cycle menstruel pour économiser ses forces, sans qu’aucune anomalie structurelle des ovaires ou de l’utérus ne soit retrouvée.
Ce dysfonctionnement est caractéristique du syndrome RED-S (Déficit Énergétique Relatif dans le Sport), qui touche les sportives de tout âge. Sur le plan biologique, cela se traduit par un ralentissement des signaux impliquant certaines hormones, comme la prolactine ou les androgènes. Il ne s'agit pas d'une pathologie irréversible, mais d'un trouble fonctionnel réversible, qui peut se corriger en ajustant l'équilibre entre entraînement et nutrition. [9]
Quand faut-il consulter en cas d’aménorrhée ?
Les signaux d’alerte à ne pas ignorer
- Absence de règles depuis 3 mois ou plus chez une femme ayant des cycles réguliers.
- L'absence de premières règles en fin de puberté, passé l'âge habituel du développement menstruel.
- L'absence de règles accompagnée d'autres symptômes, tels que des douleurs pelviennes, des signes d'excès d'androgènes (acné, pilosité) ou une variation de poids brutale.
L’importance d’un avis médical si l’aménorrhée persiste
Lorsque l’absence de règles se prolonge, une consultation chez un médecin devient nécessaire pour engager des examens adaptés. Le médecin s’appuie sur l’histoire menstruelle et peut proposer un bilan ciblé : qu’elles soient hormonales, ovariennes ou liées à une pathologie spécifique comme le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).
Comment soutenir naturellement le retour du cycle menstruel ?
Rythme de vie et sommeil
Lorsque l’aménorrhée s’installe, le corps est souvent en phase d’adaptation. En dehors de maladies, de la prise de médicaments ou d’anomalies mises en évidence lors d’un examen par un médecin, le premier levier reste le rythme de vie.
Un sommeil régulier, des temps de récupération suffisants et une diminution du stress soutiennent la régulation de chaque hormone. Cette stabilité aide à sortir d’un trouble fonctionnel, fréquemment observé dans certains tableaux d’aménorrhée secondaire, sans se substituer à un traitement ni aux examens médicaux.
Alimentation, micronutrition et compléments utiles
Une alimentation couvrant les besoins liés à l’âge, au développement et à l’activité soutient l’activité ovarienne et la production d’œstrogènes et de progestatif, nécessaires au renouvellement de la muqueuse utérine.
Certains micronutriments ont un rôle physiologique reconnu :
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Ces apports ne remplacent ni un bilan, ni un test, mais peuvent accompagner des femmes présentant des troubles fonctionnels, y compris dans des contextes polykystiques, ou lors de variations de prolactine, d’androgènes, ou à l’approche de la ménopause.
Conclusion
L’aménorrhée est avant tout un signal du corps, à interpréter dans un tableau global. Selon l’âge, le contexte de vie et l’équilibre de chaque hormone, cette pause du cycle peut traduire une adaptation transitoire ou révéler des troubles plus durables. Elle n’est pas systématiquement liée à des maladies, à des anomalies utérines ou ovariennes, ni à la prise de médicaments, mais elle mérite toujours d’être comprise. Un médecin peut, si nécessaire, proposer un bilan, des examens ou un traitement adapté, notamment en cas de profils polykystiques.
Cet article est informatif. Il ne remplace pas un avis médical ni un examen clinique. En cas d’absence prolongée de règles, consulter un professionnel de santé.
FAQ sur l’aménorrhée
L’aménorrhée correspond à l’absence de règles. Elle traduit un trouble du cycle lié à une hormone ou à l’équilibre des œstrogènes, sans être forcément une maladie. Elle s’inscrit dans un tableau clinique à interpréter selon le contexte.
Oui, si l’ovulation et l’activité ovarienne sont encore présentes. La présence d’ovulation peut être évaluée lors d’un bilan avec test et examens adaptés.
On distingue l’aménorrhée primaire, liée au développement, et l’aménorrhée secondaire. Certaines situations s’associent à des profils polykystiques, à des variations d’androgènes ou de prolactine, ou à la ménopause.
Un médecin réalise un examen clinique, recherche des anomalies utérines ou ovariennes, évalue l’impact de médicaments, puis oriente le traitement si nécessaire. Une hygiène de vie adaptée peut accompagner cette prise en charge.
Dobranowska et al. Dietary and Lifestyle Management of Functional Hypothalamic Amenorrhea: A Comprehensive Review. Nutrients. 2024
Amoroso et al. Functional hypothalamic amenorrhea and dietary intervention: A systematic review to guide further research in amenorrheic women without overt eating disorder. Nutrition Research. 2025
Thiyagarajan et al. Physiology, Menstrual Cycle. StatPearls Publishing. 2024
Mikhael et al. Hypothalamic-Pituitary-Ovarian Axis Disorders Impacting Female Fertility. Biomedicines. 2019
Cabre et al. Relative Energy Deficiency in Sport (RED-S): Scientific, Clinical, and Practical Implications for the Female Athlete. Dtsch Z Sportmed. 2022