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AVC (Accident Vasculaire Cérébral) : symptômes, causes et prévention

Ce qu'il faut retenir
L'Accident Vasculaire Cérébral (AVC) est une urgence médicale causée par l’interruption de la circulation sanguine ou une hémorragie dans le cerveau. Appelez le 15 ou le 112 en cas de doute.
AVC (Accident Vasculaire Cérébral) : symptômes, causes et prévention
Mis à jour le 24/08/2026 - Temps de lecture 10 min

L’Accident Vasculaire Cérébral touche environ 140 000 personnes chaque année en France et reste une cause majeure de mortalité et de handicap, souvent liée à une maladie cardiaque sous-jacente ou à des problèmes vasculaires [1]. Cette urgence médicale peut toucher n’importe qui et survenir brutalement. Chaque minute compte pour limiter les lésions au niveau du cerveau et réduire le risque de séquelles.

Quels sont les symptômes d’un AVC ? Comment reconnaître les premiers signes et réagir rapidement ? Est-il possible de réduire les risques au quotidien ? Voici tout ce qu’il faut savoir.

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Qu'est-ce qu'un AVC et quels sont ses différents types ?

Un AVC (Accident Vasculaire Cérébral) survient lorsque la circulation du sang dans le cerveau est brutalement perturbée. Dans cette situation, une partie du cerveau ne reçoit alors plus suffisamment d'oxygène et de nutriments et les cellules cérébrales s’endommagent.

L’AVC à une mortalité élevée qui va de 30 à 40 000 morts par an. C’est la troisième cause de décès en France [2].

Il en existe deux grands types : l'AVC ischémique (le plus fréquent) et l'AVC hémorragique.

L'AVC ischémique ou infarctus cérébral

L'AVC ischémique se produit lorsqu'une artère qui alimente le cerveau se bouche. Le sang ne peut plus circuler correctement et la zone cérébrale située après l'obstruction manque alors d'oxygène.

Le responsable est généralement un caillot sanguin. Celui-ci peut se former directement dans une artère, notamment lorsqu'elle est rétrécie par des plaques d'athérosclérose, ou provenir d'une autre partie du corps, comme le cœur, avant de migrer jusqu'au cerveau.

L'AVC ischémique représente 80 à 85% des AVC [3]. Il faut le prendre en charge le plus rapidement possible pour rétablir la circulation sanguine et limiter les lésions cérébrales [4].

L'AVC hémorragique

L’AVC hémorragique est moins fréquent et représente environ 15 à 20 % des cas [3].

Il se produit lorsqu’un vaisseau sanguin se rompt dans le cerveau. Le sang se répand alors dans ou autour du tissu cérébral, ce qui peut endommager les cellules et augmenter la pression à l’intérieur du crâne.

L’hypertension artérielle est l’un des principaux facteurs prédisposants de l’hémorragie intracérébrale. La rupture d’un anévrisme peut quant à elle provoquer une hémorragie sous-arachnoïdienne, une autre forme d’AVC hémorragique [5].

A retenir :
Quel que soit le type, l’AVC est une urgence médicale absolue. Une imagerie cérébrale permet de déterminer rapidement la nature de l’AVC et d’adapter le traitement.

AVC ou AIT : quelles différences ?

L’AIT (Accident Ischémique Transitoire) provoque des symptômes très proches de ceux d’un AVC :

  • faiblesse ou engourdissement d’un côté du corps,
  • déformation du visage,
  • difficulté à parler,
  • trouble soudain de la vision.

La différence est qu’ils sont temporaires. Ils disparaissent généralement en quelques minutes à moins d’une heure, car l’interruption de la circulation sanguine dans le cerveau est transitoire [6] .

Attention, il faut quand même rester très vigilant. Un AIT est un signal d’alerte important, la possibilité de subir un véritable AVC est particulièrement élevée dans les heures et les jours qui suivent. Il nécessite donc une prise en charge urgente, même si vous vous sentez de nouveau parfaitement bien.

Quels sont les symptômes d'un AVC ?

Les symptômes d'un AVC apparaissent brusquement. Les signes caractéristiques sont une déformation du visage, une faiblesse ou un engourdissement d'un côté du corps et des difficultés à parler ou à comprendre. Un seul suffit pour donner l'alerte.

La règle V.I.T.E. pour reconnaître rapidement un AVC

Pour mémoriser les principaux symptômes d'un AVC et savoir comment réagir, retenez simplement V.I.T.E. :

  • V – Visage : demandez à la personne de sourire. Un côté du visage ou de la bouche peut s'affaisser.
  • I – Impossible de bouger un membre : demandez-lui de lever les deux bras. L'un des bras peut être faible, engourdi ou retomber.
  • T – Trouble de la parole : demandez-lui de répéter une phrase simple. La personne peut avoir du mal à parler, utiliser des mots incompréhensibles ou ne pas comprendre ce que vous lui dites.
  • E – Extrême urgence : si l'un de ces signes apparaît brutalement, appelez immédiatement le 15 ou le 112.

Les autres symptômes qui doivent alerter

D’autres symptômes peuvent apparaître brutalement en cas d’AVC :

  • une perte ou un trouble soudain de la vision d'un œil ou des deux yeux ;
  • une perte d'équilibre, des vertiges ou du mal à marcher ;
  • une confusion soudaine ou du mal à comprendre ;
  • un mal de tête brutal et très intense.
symptômes d'un AVC

Ici encore, appelez immédiatement le 15 ou le 112.

Le saviez-vous ?
Lors d'un AVC ischémique, on estime qu'environ 1,9 million de neurones peuvent être perdus chaque minute tant qu’il n’est pas traité [7]. C'est ce qui a donné naissance à l'expression utilisée en neurologie : « Time is Brain », autrement dit « le temps, c'est du cerveau ».

Quelles sont les causes et facteurs de risque de l'AVC ?

Les causes ne sont pas les mêmes selon le type d’AVC. Plusieurs facteurs augmentent toutefois le risque de subir l’un ou l’autre.

Facteur ou cause

AVC ischémique

AVC hémorragique

Âge

Antécédents familiaux

Hypertension

Athérosclérose / cholestérol

Fibrillation auriculaire

Tabagisme

Diabète

Surpoids et sédentarité

Rupture d'un anévrisme

-

L'âge et les antécédents familiaux

La possibilité de faire un AVC augmente avec l’âge, même s'il peut arriver chez une personne jeune. Selon Santé Publique France, l'âge moyen des cas d’hospitalisation est de 73 ans [8]. En cause : le vieillissement des artères et l’accumulation progressive de facteurs de risque cardiovasculaires.

Les antécédents familiaux sont aussi à prendre en compte. Les données scientifiques indiquent que les personnes dont un parent avait subi un AVC avant 65 ans présenteraient un risque plus élevé d’en subir un à leur tour [9]. On peut l’expliquer par des prédispositions génétiques et par de mauvaises habitudes de vie partagées au sein d’une famille.

L'hypertension artérielle

Avoir une tension artérielle trop élevée augmente fortement le risque d’AVC. Lorsqu’elle persiste dans le temps, la pression excessive exercée sur les vaisseaux sanguins les fragilise progressivement.

Une étude internationale, menée dans 22 pays, a identifié l’hypertension comme le facteur modifiable ayant la plus forte contribution au risque d’AVC [10].

A retenir

Pensez à surveiller votre tension régulièrement. C’est une mesure efficace pour prévenir cette urgence.

Un taux élevé de cholestérol

Un taux trop élevé de cholestérol peut augmenter le risque d’AVC ischémique. Avec le temps, le cholestérol peut participer à la formation de plaques d'athérosclérose sur la paroi des artères. Ces plaques rétrécissent les artères et peuvent faire apparaître un caillot pouvant boucher une artère alimentant votre cerveau.

L'étude internationale INTERSTROKE, menée auprès de participants de 32 pays, a confirmé l'association entre les lipides sanguins et le risque d'AVC ischémique [11].

Les troubles cardiaques

Certains problèmes cardiaques augmentent aussi la possibilité de faire un AVC ischémique. C'est par exemple le cas de la fibrillation auriculaire qui provoque des battements irréguliers du cœur. Le sang peut alors stagner dans certaines cavités du cœur et former un caillot. Celui-ci peut ensuite passer dans la circulation sanguine, atteindre le cerveau et boucher une artère [12].

Le tabagisme

Fumer augmente le risque d'AVC. Le tabac endommage les vaisseaux sanguins et favorise plusieurs mécanismes impliqués dans les maladies cardiovasculaires.

Une méta-analyse portant sur 14 études et plus de 300 000 participants a confirmé que les fumeurs présentent un risque d'AVC supérieur aux non-fumeurs [13].

À retenir

Arrêter de fumer vous permet de réduire votre risque cardiovasculaire. Une raison de plus d’en finir avec la cigarette !

Le mode de vie, le surpoids et l'obésité

Attention à votre hygiène de vie. Voici les facteurs prédisposants supplémentaires pour un AVC :

  • Le manque d'activité physique
  • Une alimentation déséquilibrée
  • L'obésité abdominale et le diabète
  • Les troubles du sommeil, en particulier l'apnée du sommeil [14].
  • La dépression selon plusieurs études [15].

Enfin, la consommation de certaines drogues n'est pas sans conséquence. Une méta-analyse récente a notamment retrouvé une augmentation du risque d'AVC associée à la consommation de cocaïne et d'amphétamines [16].

Diagnostic et traitement d’un AVC en urgence

Lorsqu'un AVC est suspecté, une imagerie cérébrale doit être réalisée en urgence. Il faut déterminer si le cas est ischémique ou hémorragique car les traitements ne sont pas les mêmes.

L'IRM et le scanner cérébral

À l'hôpital, le patient est orienté vers une filière spécialisée, une Unité Neuro-Vasculaire (UNV). Un scanner ou une IRM est réalisé rapidement pour repérer un éventuel saignement ou une artère bouchée et évaluer les zones du cerveau touchées. Ces informations permettent ensuite aux médecins de choisir le traitement le plus adapté.

La thrombolyse et la thrombectomie mécanique

En cas d'AVC ischémique, l'objectif est de rétablir la circulation sanguine le plus rapidement possible. Deux traitements peuvent être proposés selon la situation :

  • La thrombolyse intraveineuse : administrer un médicament capable de dissoudre le caillot. Elle doit généralement être réalisée dans les 4 h 30 suivant le début des symptômes. Plus elle est administrée rapidement, plus les chances de préserver le tissu cérébral sont importantes.
  • La thrombectomie mécanique : introduction d’un cathéter dans une artère pour atteindre et retirer directement le caillot jusqu'à 24 heures après le début de l'AVC. Elle concerne principalement certaines occlusions de grosses artères.

A retenir

L'heure d'apparition des premiers signes, l'artère concernée, les résultats de l'imagerie et l'état général du patient déterminent le traitement qui peut être proposé.

Quelles sont les séquelles et la rééducation après un AVC ?

Les séquelles d'un AVC dépendent de la zone du cerveau touchée, de l'étendue des lésions et de la rapidité de la prise en charge. La récupération peut être rapide ou nécessiter plusieurs mois de rééducation.

Les conséquences motrices, cognitives et la fatigue

Les séquelles peuvent être très différentes d'une personne à l'autre. Le fait d’avoir du mal à bouger un bras ou une jambe, voire une hémiplégie (paralysie d'un côté du corps) sont des choses fréquentes.

L'AVC peut aussi entraîner une aphasie, avec des difficultés à parler, à trouver ses mots ou à comprendre ce que disent les autres. Des problèmes de mémoire, de concentration ou d'attention peuvent aussi persister.

Enfin, une méta analyse suggèrent qu’une fatigue intense post-AVC concerne la moitié des personnes touchées [17].

La neuroplasticité et la rééducation

Après un AVC, le cerveau possède une certaine capacité à réorganiser ses connexions. C’est ce que l’on appelle la neuroplasticité. Des zones cérébrales préservées peuvent progressivement participer à la récupération de certaines fonctions touchées.

On adapte donc la rééducation à chaque patient. Elle peut associer :

  • kinésithérapie pour retrouver la mobilité,
  • orthophonie pour travailler le langage
  • déglutition et ergothérapie pour retrouver davantage d'autonomie dans les gestes du quotidien.
L'AVC et la rééducation

La prévention d'un nouvel AVC fait également partie du suivi. Selon la situation, le médecin va surveiller la tension artérielle, la glycémie et le cholestérol.

Peut-on mourir d'un AVC ?

Oui, un AVC peut être mortel. Il reste une cause importante de décès et de handicap en France. Il est impératif d’appeler immédiatement le 15 ou le 112 dès l'apparition de symptômes. Une prise en charge rapide permet de limiter les lésions cérébrales.

Comment prévenir l'AVC au quotidien ?

Quelques gestes du quotidien permettent de diminuer les risques d’AVC :

  • Surveillez votre tension
  • Contrôlez votre glycémie et votre cholestérol
  • Arrêtez de fumer
  • Mangez varié et équilibré : évitez les plats ultratransformés et trop salés et privilégiez les fruits et légumes, les légumineuses, les céréales complètes, le poisson et les bonnes sources de graisses comme l'huile d'olive et les fruits à coque.
  • Bougez régulièrement : marche rapide, course à pied, vélo, natation, renforcement musculaire… L'objectif recommandé chez l'adulte est d'atteindre au moins 150 minutes d'activité physique d'intensité modérée par semaine.
  • Limitez votre consommation d'alcool

L'AVC en résumé

L’AVC est une urgence médicale provoquée par l’obstruction ou la rupture d’un vaisseau sanguin dans le cerveau. Ses symptômes apparaissent généralement brutalement : visage déformé, faiblesse ou engourdissement d’un côté du corps, troubles de la parole, de la vision ou de l’équilibre.

Si ça vous arrive, appelez immédiatement le 15 ou le 112. Plus la prise en charge est rapide, plus les chances de limiter les lésions cérébrales et les séquelles sont importantes.

Certains éléments prédisposants peuvent être réduits. Surveiller sa tension, ne pas fumer, rester actif et adopter une alimentation équilibrée font partie des principales mesures pour prévenir l’AVC.

Ce contenu est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de symptômes persistants ou de pathologies, consultez un professionnel de santé.

FAQ sur l' AVC

Il n'existe pas d'espérance de vie précise après un AVC. Elle dépend de l'âge, de la gravité, des conséquences qu’il a eu, de l'état de santé général et du risque de récidive. Certaines personnes vivent de nombreuses années après un AVC.

La récupération varie beaucoup d'une personne à l'autre. Elle dépend de l'endroit du cerveau qui a été touché, de l'importance des lésions, de la rapidité de la prise en charge et de la rééducation. Les progrès peuvent se poursuivre pendant plusieurs mois, voire plus longtemps.

Cela dépend de l’endroit du cerveau qui a été affecté. Certaines personnes restent parfaitement conscientes de ce qui leur arrive. D'autres peuvent présenter une confusion, du mal à comprendre ou à communiquer, voire des troubles de la conscience dans les cas les plus graves.

Références :
[5]

Pinho J, Costa AS, Araújo JM, Amorim JM, Ferreira C. Intracerebral hemorrhage outcome: A comprehensive update. Journal of the Neurological Sciences, 2019.

[6]

Amin, H. P. et al. Diagnosis, Workup, Risk Reduction of Transient Ischemic Attack in the Emergency Department Setting: A Scientific Statement From the American Heart Association. Stroke 54, (2023).

[7]

Saver, J. L. Time Is Brain—Quantified. Stroke 37, 263–266 (2006).

[8]

Données | Santé publique France AVC

[9]

Seshadri S, Beiser A, Pikula A. Parental occurrence of stroke and risk of stroke in their children: the Framingham study. Circulation, 2010.

[10]

O'Donnell MJ, Xavier D, Liu L. Risk factors for ischaemic and intracerebral haemorrhagic stroke in 22 countries (the INTERSTROKE study): a case-control study. The Lancet, 2010

[11]

O'Donnell MJ, Chin SL, Rangarajan S, et al. Global and regional effects of potentially modifiable risk factors associated with acute stroke in 32 countries (INTERSTROKE): a case-control study. The Lancet, 2016.

[12]

D'lima J, Thijs V, Lim HS. Temporal association between atrial fibrillation and ischemic stroke: Systematic review and meta-analysis. International Journal of Stroke, 2024.

[13]

Pan B, Jin X, Jun L, et al. The relationship between smoking and stroke: A meta-analysis. Medicine (Baltimore), 2019.

[14]

Bassetti CLA, Randerath W, Vignatelli L. EAN/ERS/ESO/ESRS statement on the impact of sleep disorders on risk and outcome of stroke. European Journal of Neurology, 2020.

[15]

Ashraf F, Mustafa MS, Shafique MA, et al. Association between depression and stroke risk in adults: a systematic review and meta-analysis. Frontiers in Neurology, 2024.

[16]

Ritson M, Markus HS, Harshfield EL. Does illicit drug use increase stroke risk? A systematic review, meta-analyses, and Mendelian randomization analysis. International Journal of Stroke, 2026.

[17]

Cumming TB, Packer M, Kramer SF, English C. The prevalence of fatigue after stroke: A systematic review and meta-analysis. International Journal of Stroke, 2016.

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