Votre cheville vous fait mal à la suite d’un faux mouvement ou pendant une activité sportive ? Vous souffrez d’une douleur à la cheville sans gonflement ni bleu ou êtes victime de douleurs de cheville sans choc ?
Ligament, tendon, cartilage, os… Plusieurs structures peuvent être impliquées. Dans cet article, découvrez les principales causes possibles de cette douleur articulaire, les signes qui permettent de mieux les différencier et les solutions pour retrouver progressivement une cheville plus mobile et résistante.
Quelles sont les causes principales d'une douleur à la cheville ?
Entorse ligamentaire, tendinopathie, fracture, arthrose ou conflit de cheville font partie des causes principales de douleur à la cheville, auxquelles s’ajoutent certaines maladies inflammatoires ou métaboliques.
Un élément mérite votre attention : la sensation de cheville qui « lâche » ou se dérobe. Après plusieurs entorses, elle peut traduire une instabilité chronique de cheville : les ligaments maintiennent moins bien l’articulation et votre cheville réagit moins efficacement en cas de déséquilibre.
L'entorse de cheville
L’entorse à la cheville touche un ou plusieurs ligaments, ces bandes de tissu résistantes qui stabilisent l’articulation. Le mécanisme classique correspond à une inversion brutale du pied : la plante bascule vers l’intérieur ou l’extérieur et met en tension les ligaments.
La douleur se concentre alors généralement autour des malléoles et peut s’accompagner d’un gonflement, d’un hématome et d’une difficulté à marcher.
Selon la gravité du traumatisme, le ligament est simplement étiré ou partiellement voire totalement rompu.
La fracture de la malléole
Une fracture correspond à une rupture de l’os, qui peut toucher la malléole externe située à l’extrémité du péroné, la malléole interne du tibia ou plusieurs structures simultanément. Elle survient généralement après une torsion importante, une chute ou un choc.
La douleur apparaît brutalement et peut s’accompagner d’un gonflement, d’un hématome, d’une sensibilité osseuse marquée et d’une difficulté à prendre appui. Vous pouvez aussi constater une déformation.
En présence de critères évocateurs après un traumatisme, la radiographie est l'examen d'imagerie initial de référence pour rechercher une fracture. Les règles d’Ottawa prennent notamment en compte la sensibilité osseuse des malléoles et la capacité à marcher quatre pas [1].
La tendinopathie de cheville
La tendinopathie concerne le tendon, structure qui relie le muscle à l’os. À la cheville, cette pathologie touche fréquemment le tendon d’Achille à l’arrière ou les tendons fibulaires qui passent derrière la malléole externe.
Contrairement au terme courant de « tendinite », la tendinopathie liée à la surcharge correspond davantage à des modifications structurelles du tendon qu’à une simple inflammation. Une augmentation trop rapide de l’entraînement, des sollicitations répétées ou certains changements de contraintes mécaniques peuvent favoriser son apparition.
La douleur s’installe souvent progressivement et augmente lors des activités qui chargent le tendon. Une douleur de cheville qui remonte dans la jambe peut par exemple suivre le trajet du tendon d’Achille vers le mollet.
L'arthrose de cheville
L’arthrose de cheville touche principalement le cartilage de l’articulation tibio-talienne, située entre le tibia et le talus. Sa dégradation progressive peut entraîner douleur, raideur et réduction de la mobilité.
Contrairement à l’arthrose de l’articulation du genou, l’arthrose de cheville est très souvent consécutive à un traumatisme. Les travaux disponibles estiment qu’environ 70 à 80 % des cas sont post-traumatiques, notamment après une fracture ou une instabilité ligamentaire chronique [2].
Le conflit de cheville
Si vous ressentez un pincement douloureux des tissus mous ou des structures osseuses lors de certains mouvements, vous pourriez être victime d’un conflit de cheville.
Cette pathologie peut apparaître après des traumatismes répétés durant la pratique d’un sport qui sollicite fortement la flexion ou l’extension de la cheville. La douleur peut aussi bien se situer à l’avant qu’à l’arrière de l’articulation.
D’autres causes à considérer
Une douleur à la cheville sans gonflement ni bleu peut être liée à une surcharge tendineuse, une atteinte articulaire débutante, un conflit mécanique ou certaines pathologies inflammatoires.
Une douleur cheville sans choc peut également avoir une origine métabolique ou rhumatologique.
Enfin, une douleur de cheville au repos la nuit, surtout lorsqu’elle persiste, s’intensifie ou s’accompagne d’autres symptômes généraux, mérite une consultation médicale.
Comment soulager une douleur à la cheville ?
Pour soulager une douleur au niveau de la cheville, la prise en charge actuelle privilégie le protocole PEACE & LOVE. Ce dernier complète les anciens protocoles comme RICE (Rest, Ice, Compression, Elevation) en intégrant surtout la reprise progressive du mouvement et de la charge [3].
Durant les premiers jours, laissez votre cheville en paix (PEACE) :
- P = Protect (protéger) : limitez pendant 1 à 3 jours les mouvements et les activités qui augmentent nettement la douleur, tout en évitant une immobilisation prolongée.
- E = Elevate (élever) : placez si possible votre pied au-dessus du niveau du cœur afin de favoriser la diminution de l'œdème.
- A = Avoid anti-inflammatory modalities (éviter les modalités anti-inflammatoires) : les auteurs de PEACE & LOVE recommandent la prudence avec l'utilisation systématique des anti-inflammatoires, car l'inflammation participe aux premières étapes de réparation des tissus [4].
- C = Compress (compresser) : une contention élastique peut contribuer à limiter le gonflement et apporter une sensation de maintien.
- E = Educate (éduquer) : privilégiez une récupération active et progressive, guidée par vos symptômes et, si nécessaire, par un kinésithérapeute.
Ensuite, il est temps de redonner de l’amour à votre cheville avec un retour à l’activité (LOVE) :
- L = Load (charger) : remettez progressivement du poids et des contraintes sur la cheville selon votre tolérance.
- O = Optimism (optimisme) : la confiance dans la récupération et la compréhension de la blessure participent à une reprise active.
- V = Vascularisation : reprenez progressivement une activité cardiovasculaire indolore afin de remettre le corps en mouvement.
- E = Exercise (exercices) : travaillez ensuite la mobilité, la force et la proprioception pour restaurer les capacités de votre cheville.
Quels exercices de renforcement pratiquer pour une cheville fragile ?
Une fois la phase aiguë passée et lorsque l’appui redevient confortable, vous pouvez progressivement remettre votre cheville en mouvement. La proprioception, la mobilité et le renforcement musculaire permettent de retrouver de la stabilité et de mieux contrôler l’articulation, notamment après une entorse à la cheville.
Voici quelques exercices de rééducation à pratiquer avec ou sans l’accompagnement d’un kinésithérapeute :
- Équilibre sur un pied : tenez 30 secondes sur une jambe, 2 à 3 fois, en restant près d’un support. Cet exercice travaille la proprioception, c’est-à-dire la capacité de votre corps à percevoir la position de la cheville et à réagir aux déséquilibres. Pour progresser, ajoutez des mouvements de bras ou utilisez une surface légèrement instable.
- Éversion avec un élastique : assis, placez une bande d’exercice élastique autour de l’avant du pied et poussez lentement celui-ci vers l’extérieur contre la résistance. Réalisez 2 à 3 séries de 10 à 15 répétitions pour renforcer les muscles fibulaires, qui participent à la stabilité latérale de la cheville.
- Montées sur la pointe des pieds : montez lentement sur vos orteils, marquez une courte pause puis redescendez en contrôlant le mouvement. Commencez avec les deux jambes avant de passer progressivement à une seule jambe. Vous sollicitez ainsi les muscles du mollet et le complexe muscle-tendon d’Achille.
- Mobilité en dorsiflexion : face à un mur, gardez le pied à plat et le talon au sol, puis avancez doucement le genou vers le mur avant de revenir en arrière. Répétez une dizaine de fois afin de travailler progressivement l’amplitude de mouvement de la cheville.
Comment soutenir la santé de vos articulations ?
Le meilleur traitement reste l’adoption de bonnes habitudes quotidiennes. Maintenez une activité physique régulière, échauffez-vous avant vos entraînements et augmentez progressivement leur intensité. Portez également des chaussures adaptées à votre activité, limitez les longues périodes de sédentarité et accordez suffisamment de temps au sommeil et à la récupération.
Les tendons et les ligaments de la cheville sont des tissus conjonctifs riches en collagène de type I, une protéine qui constitue leur structure [5]. Veillez donc à couvrir vos besoins énergétiques et protéiques ainsi qu’à consommer suffisamment de micronutriments : la vitamine C contribue par exemple à la formation normale de collagène pour assurer la fonction normale des cartilages et des os.
Certains extraits végétaux peuvent enfin compléter ces habitudes pour accompagner le confort articulaire. La formule Pure Articulation est un complément alimentaire pour les articulations qui contient notamment de la boswellia et du curcuma, en plus du collagène. Ces plantes aident à maintenir la santé, la flexibilité et le confort des articulations.
Pour rester mobile, solide et préserver son capital articulaire dans le temps, il faut aussi nourrir l’organisme de l’intérieur. C’est tout l'enjeu de Pure Articulations. Quand le corps est libre de ses mouvements, on se donne les moyens de profiter pleinement de la vie.
Major Mouvement - Kinésithérapeute
La douleur à la cheville en résumé
Entre blessure et pathologie, une douleur au niveau de la cheville peut avoir de nombreuses origines, de l’entorse à la tendinite en passant par la fracture, l’arthrose ou un conflit articulaire. Identifier la cause reste essentiel pour adapter la prise en charge.
Après la phase aiguë, une reprise progressive du mouvement, des exercices de mobilité, de proprioception et de renforcement, avec ou sans l’aide d’un spécialiste, permettent de retrouver une cheville fonctionnelle.
Sport, alimentation équilibrée, sommeil suffisant et chaussures adaptées participent également à préserver vos articulations sur le long terme.
Ce contenu est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de symptômes persistants ou de pathologies, consultez un professionnel de santé.
FAQ sur les douleurs de cheville
Pour soulager une cheville douloureuse, adaptez temporairement vos activités, protégez l’articulation puis reprenez progressivement la mobilité et la mise en charge en guise de rééducation.
L’application d’une compresse froide peut temporairement atténuer l’inflammation, mais les remèdes maison ne remplacent pas un diagnostic lorsque les douleurs persistent ou font suite à un traumatisme important.
L’huile essentielle de gaulthérie est traditionnellement utilisée en application locale pour les douleurs musculaires et articulaires, mais ses contre-indications imposent de demander conseil à un professionnel de santé avant utilisation.
Guo, R. et al. Associations of collagen type 1 α1 gene polymorphisms and musculoskeletal soft tissue injuries: a meta-analysis with trial sequential analysis. Aging (Albany NY) 16, 8866–8879 (2024).