Le GABA (acide gamma-aminobutyrique) est un neurotransmetteur qui suscite un intérêt croissant, aussi bien dans le domaine des neurosciences que de la nutrition. Son rôle dans le fonctionnement du système nerveux central fait l’objet de nombreuses recherches, notamment dans le cadre des études portant sur le sommeil, le stress et les mécanismes de relaxation.
Dans cet article, nous vous expliquerons ce qu'est le GABA, comment il agit dans le cerveau et quels leviers naturels permettent de soutenir son fonctionnement.
Qu'est-ce que le GABA et quel est son rôle dans le cerveau ?
Le GABA est un acide aminé synthétisé par le corps qui fait office de neurotransmetteur inhibiteur. Il est fabriqué à partir du glutamate.
Pour mieux comprendre, il faut savoir que le cerveau fonctionne grâce à un équilibre permanent entre deux types de messagers chimiques :
- Certains stimulent l'activité des neurones, comme le glutamate (principal excitateur) ;
- D'autres la ralentissent, comme le GABA (principal neurotransmetteur impliqué dans l’inhibition neuronale).
Imaginez votre cerveau comme une voiture. Le glutamate appuie sur l'accélérateur, alors que le GABA appuie sur le frein. Cet équilibre entre les deux contribue à réguler l’activité des neurones.
Pour exercer son action, Le GABA se fixe sur des récepteurs présents à la surface des neurones :
- Les récepteurs GABA-A fonctionnent comme une porte qui s'ouvre au passage du GABA. Elle laisse entrer des ions chlorure chargés négativement dans le neurone. Le neurone devient alors moins réactif et plus difficile à exciter.
- Les récepteurs GABA-B produisent un effet plus lent en limitant la libération d'autres neurotransmetteurs.
On retrouve le GABA dans plusieurs régions cérébrales, notamment celles impliquées dans la mémoire, l'attention, l'éveil, la motricité et les émotions [1].
Le saviez-vous ?
Le GABA est généralement présenté comme un inhibiteur. Toutefois, son effet dépend du contexte, du type de cellule et de l'état du cerveau. Selon les conditions, sa signalisation peut également être associée à une réponse excitatrice, notamment lorsque l'équilibre du chlorure dans les neurones est modifié [2].
C'est notamment le cas pendant le développement cérébral. Chez le fœtus et le nouveau-né, le GABA exerce un effet excitateur et participe à la formation des réseaux neuronaux [1].
Que sait-on des effets physiologiques du GABA ?
Bien qu'aucune autorité européenne n’ait émis d’allégation concernant le GABA sous forme de complément alimentaire et que la littérature scientifique ne mette pas en avant de danger du gaba particulier aux doses usuelles, l’action physiologique de ce neurotransmetteur dans le cerveau est largement reconnue. Les études décrivent notamment son implication majeure dans l’équilibre de l’activité neuronale.
Le GABA dans le cerveau humain
Le GABA est largement présent dans le système nerveux central, où il participe à la coordination de nombreux réseaux neuronaux. Il intervient notamment dans des circuits impliqués dans :
- Les émotions ;
- La vigilance ;
- Le sommeil ;
- La motricité [3].
Stress et sommeil
Le GABA est souvent associé au sommeil, au stress et à l’apaisement en raison de son rôle inhibiteur dans l’activité neuronale. Mais on parle ici d’un mécanisme neurobiologique, pas de l’effet de compléments. La mélatonine peut également contribuer à favoriser l’endormissement et à améliorer la qualité du sommeil.
Certaines études cliniques explorent un lien entre GABA et relaxation, mais les résultats restent variables [3].
La principale réserve scientifique repose sur la question de la barrière hémato-encéphalique : une protection naturelle qui contrôle les substances pouvant entrer dans le cerveau qui filtre très strictement le GABA ingéré. Selon la majorité des données physiologiques, le GABA pris par voie orale ne parvient qu'en quantité minime à traverser cette barrière pour agir directement dans le cerveau.
Cependant, une hypothèse émergente suscite l'intérêt de la recherche : le rôle de l'axe intestin-cerveau. Le système nerveux entérique, souvent qualifié de « deuxième cerveau », possède ses propres récepteurs au GABA. Il est possible que le GABA ingéré interagisse directement avec ces récepteurs intestinaux [4].
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Comment soutenir naturellement le GABA au quotidien ?
Pour soutenir le fonctionnement des mécanismes associés au GABA, l'hygiène de vie et la nutrition constituent des leviers intéressants.
Pratiquer des activités qui stimulent le GABA
Plusieurs travaux scientifiques suggèrent que l'activité physique pourrait influencer le système GABAergique. Par exemple, une étude utilisant l'imagerie cérébrale a mesuré le taux de GABA avant et après 20 minutes de vélo à haute intensité. Les chercheurs ont observé une augmentation d'environ 7 % de ce taux dans une région du cerveau. Ce niveau est ensuite revenu progressivement à la normale dans les 30 minutes suivantes [5].
Les bénéfices ne semblent pas se limiter aux exercices intenses. Dans un essai contrôlé randomisé de 12 semaines, le yoga a été comparé à la marche à intensité équivalente. Les participants pratiquant le yoga ont présenté une meilleure humeur et une diminution plus importante de l'anxiété. Ces résultats étaient associés à une augmentation du GABA dans le cerveau, contrairement au groupe marche [6].
L'activité physique n'est pas le seul levier. Un sommeil suffisant contribue lui aussi au bon fonctionnement du système nerveux, dont dépend l'activité du système GABAergique [7].
La question de l'apport en acide glutamique
Comme mentionné précédemment, l’organisme génère le GABA à partir du glutamate, l’un des principaux neurotransmetteurs excitateurs du cerveau.
Mettre dans votre assiette des aliments riches en glutamate comme les aliments fermentés, les sauces poisson, la sauce soja ou des produits riches en protéines peuvent être intéressants pour soutenir cette synthèse naturelle [8].
Les co facteurs nutritionnels
Le bon fonctionnement du système nerveux repose aussi sur un apport suffisant en micronutriments.
Les vitamines du groupe B interviennent dans le maintien d'une fonction nerveuse normale, et le magnésium, lui, contribue :
- à des fonctions psychologiques normales
- au fonctionnement normal du système nerveux.
Les bienfaits du GABA en résumé
Le GABA est un neurotransmetteur essentiel au fonctionnement du cerveau. En régulant l'activité des neurones, il participe au maintien d'un équilibre entre excitation et inhibition, indispensable à la stabilité des réseaux cérébraux.
Le GABA est étudié dans le contexte de différents mécanismes liés aux émotions, au sommeil et à la relaxation. Toutefois, ces fonctions naturelles ne signifient pas qu'un complément alimentaire contenant du GABA reproduit automatiquement les mêmes effets dans l'organisme.
Pour soutenir le bon fonctionnement du système nerveux, plusieurs habitudes de vie peuvent être mises en place : une activité physique régulière, un sommeil suffisant et une alimentation variée apportant les micronutriments nécessaires.
Les informations mentionnées dans cet article sont fournies à titre indicatif uniquement et ne peuvent se substituer à l'avis d'un professionnel de santé.
Le GABA est souvent associé au sommeil, au stress et à l’apaisement en raison de son rôle inhibiteur dans l’activité neuronale. Mais on parle ici d’un mécanisme neurobiologique, pas de l’effet de compléments.
Certains aliments comme le thé, la tomate, le soja ou les produits fermentés en contiennent naturellement de petites quantités. Cela ne garantit toutefois pas une augmentation mesurable du taux de ce neurotransmetteur dans le cerveau après leur consommation.
Auteri M, Zizzo MG, Serio R. The GABAergic System and the Gastrointestinal Physiopathology. Current Pharmaceutical Design. 21(34):4996–5016 (2015)
Maddock, R. J., Casazza, G. A., Fernandez, D. H. & Maddock, M. I. Acute Modulation of Cortical Glutamate and GABA Content by Physical Activity. J Neurosci 36, 2449–2457 (2016).
Streeter, C. C. et al. Effects of Yoga Versus Walking on Mood, Anxiety, and Brain GABA Levels: A Randomized Controlled MRS Study. J Altern Complement Med 16, 1145–1152 (2010).
Fink, A. M., Bronas, U. G. & Calik, M. W. Autonomic regulation during sleep and wakefulness: a review with implications for defining the pathophysiology of neurological disorders. Clin Auton Res 28, 509–518 (2018).
Kurihara K. Umami the Fifth Basic Taste: History of Studies on Receptor Mechanisms and Role as a Food Flavor. BioMed Rrch International (2015).esea