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Traitement des hémorroïdes : comment soulager et soigner efficacement la crise ?

Ce qu'il faut retenir
Le traitement des hémorroïdes associe mesures de soulagement rapide et hygiène de vie. Calmez la crise avec du froid et des crèmes. Misez sur l'eau, les fibres au quotidien pour éviter les récidives.
Traitement des hémorroïdes : comment soulager et soigner efficacement la crise ?
Mis à jour le 20/07/2026 - Temps de lecture 9 min

Les hémorroïdes correspondent à un réseau de veines naturellement présent dans la zone anale. Lorsqu’elles se dilatent de manière excessive, elles peuvent devenir sensibles, inflammatoires et douloureuses, qu’elles soient internes ou externes [1]. Il s’agit d’un trouble fréquent, qui touche une grande partie de la population au cours de la vie.

Dans cet article, vous découvrirez les traitements des hémorroïdes ainsi que les principaux conseils pour soulager une crise et prévenir les récidives. Nous aborderons également les options médicales et chirurgicales lorsque cela est nécessaire.

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Quelles solutions permettent de soulager rapidement une crise d'hémorroïdes ?

L'objectif des conseils est avant tout de diminuer la douleur, de limiter l'inflammation et de réduire la pression exercée sur les veines du canal anal.

Dans la plupart des cas, quelques mesures simples suffisent à améliorer les symptômes en quelques jours.

Il reste indispensable de toujours consulter et de demander conseil à votre médecin afin de confirmer le diagnostic et d'écarter toute autre complication.

Les antalgiques efficaces pour apaiser la douleur

L’aspect douloureux constitue souvent le symptôme le plus invalidant d'une crise hémorroïdaire, notamment lors d’une thrombose hémorroïdaire externe. Il s’agit de la formation soudaine d'un caillot de sang dans une veine située sous la peau de l'anus.

En première intention, le paracétamol reste le médicament antalgique de référence. Il permet de diminuer efficacement la sensation douloureuse tout en présentant peu de contre-indications lorsqu'il est utilisé aux doses recommandées.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme l'ibuprofène, peuvent également être utilisés chez certaines personnes afin de réduire l'inflammation. En revanche, ils ne conviennent pas à toutes les personnes (ulcère gastrique, insuffisance rénale, grossesse, traitement anticoagulant, etc.) et nécessitent de respecter les précautions d'emploi.

La cryothérapie locale : l’application de froid

L'application locale de froid fait partie des mesures les plus simples pour atténuer les symptômes. Le froid provoque une vasoconstriction, c'est-à-dire un resserrement temporaire des vaisseaux sanguins. Ce phénomène contribue à limiter l'œdème et procure un effet antalgique en diminuant la conduction nerveuse responsable des sensations douloureuses.

En pratique, plusieurs solutions peuvent être utilisées :

  • un bain de siège à l'eau fraîche pendant quelques minutes [2] ;
  • une poche de gel réfrigérée enveloppée dans un linge propre ;
  • une compresse froide appliquée délicatement sur la zone douloureuse.

En revanche, il est déconseillé d'appliquer directement de la glace sur la peau afin d'éviter les brûlures par le froid.

Les crèmes et suppositoires anti-hémorroïdaires

Parmi les traitements locaux disponibles en pharmacie, on retrouve certaines crèmes et suppositoires comme la Titanoréïne, utilisés pour protéger la muqueuse, limiter l’irritation et soulager l’inconfort lors des crises d’hémorroïdes.

Ils sont souvent délivrés sans ordonnance et peuvent contenir différents types d'actifs :

  • des agents lubrifiants qui limitent les frottements ;
  • des substances protectrices qui apaisent la muqueuse ;
  • des anesthésiques locaux destinés à calmer temporairement le mal ;
  • parfois de faibles doses de corticoïdes pour réduire l'inflammation, uniquement sur une courte durée.

Ces crèmes et suppositoires n'agissent pas sur la cause des hémorroïdes mais permettent souvent de réduire les sensations de brûlure, les démangeaisons ou l'inconfort. Leur utilisation doit cependant rester ponctuelle.

Les extraits de plantes

Certaines plantes sont traditionnellement utilisées pour améliorer les symptômes des hémorroïdes grâce à leurs propriétés veinotoniques ou anti-inflammatoires. Mauvaise circulation sanguine et fragilité capillaire sont en effet souvent liées à ce type de désagrément. Bien que les hémorroïdes soient un problème circulatoire très localisé et distinct d'une maladie cardiovasculaire globale, soutenir le réseau veineux s'avère précieux.

Parmi les plantes les plus connues figurent :

  • l'hamamélis, traditionnellement utilisée pour la bonne circulation du sang dans les microvaisseaux. Elle contribue à la santé vasculaire et à la circulation sanguine normale.
  • le marron d'Inde, il aide à maintenir des veines et des capillaires sains et favorise donc la santé circulatoire.
  • la vigne rouge, dont les polyphénols contribuent au maintien d'une bonne microcirculation veineuse.

Plusieurs études cliniques suggèrent que les phlébotoniques, notamment certains flavonoïdes d'origine végétale, pourraient réduire les douleurs, les saignements liés à la maladie hémorroïdaire ainsi que les démangeaisons autour de l’anus [3]. En revanche, la qualité des preuves reste modérée et ces produits doivent être considérés comme un complément des mesures hygiéno-diététiques, et non comme un traitement curatif.

Une personne qui boit une infusion pour la douleur

La décongestion mécanique grâce à une position physiologique

Lorsque vous allez à la selle, les efforts de poussée augmentent la pression exercée sur les veines du canal anal. Cela peut favoriser les crises d'hémorroïdes. Pour les limiter, l'utilisation d'un petit tabouret sous les pieds permet de surélever les genoux et de se rapprocher d'une position accroupie aux toilettes. Cette posture redresse l'angle ano-rectal et facilite l'évacuation des selles, réduisant ainsi les efforts de poussée.

Il est également conseillé de :

  • ne pas retarder systématiquement l'envie d'aller à la selle;
  • éviter de rester assis plusieurs minutes sur les toilettes en consultant son téléphone ou un livre ;
  • ne pas pousser excessivement lorsque les selles ne viennent pas spontanément.

Le traitement de fond : l’alimentation anti-constipation

Si les soins locaux permettent d'apaiser la zone anale, ils ne préviennent pas les récidives, ni les causes. Pour agir durablement sur les causes, il est indispensable de s'attaquer à l'un des principaux facteurs de risque : la constipation [4]. Des selles dures obligent à pousser davantage, ce qui augmente progressivement la pression dans les veines hémorroïdaires.

Augmenter progressivement les fibres alimentaires

Les fibres constituent le traitement de fond le mieux documenté contre les hémorroïdes. Les fibres (de son de blé, de seigle ou d’avoine par exemple) contribuent à augmenter le volume des selles et à une fonction intestinale normale.

Des données scientifiques indiquent qu'une supplémentation en fibres réduirait d'environ 50 % le risque de persistance des symptômes et diminuerait les épisodes de saignements [5].

Pour éviter les ballonnements, le conseil est d’augmenter progressivement vos apports. Voici quelques exemples d'aliments particulièrement riches en fibres à inclure régulièrement dans vos repas :

Aliments riches en fibres

Exemples

Légumes

Brocoli, artichaut, épinards

Fruits

Kiwi, poire, pomme avec la peau, pruneaux

Légumineuses

Lentilles, pois chiches, haricots blancs

Céréales complètes

Pain complet, flocons d'avoine, riz complet

Graines

Chia, lin (réhydratées)

Bien s'hydrater

Les fibres exercent pleinement leurs effets lorsqu'elles sont associées à une hydratation suffisante. Lorsque l'organisme manque d'eau, le côlon en réabsorbe davantage, ce qui dessèche les selles et les rend plus difficiles à évacuer. Les efforts de poussée augmentent alors, favorisant la maladie hémorroïdaire.

Boire environ 1,5 à 2 litres d'eau par jour, en fonction de l'activité physique, de la température extérieure et des besoins individuels, contribue à maintenir des selles plus souples.

L'eau reste la boisson de référence. Les tisanes non sucrées ou les eaux riches en magnésium peuvent également participer aux apports hydriques.

Bouger régulièrement

La sédentarité est souvent une cause associée à un ralentissement du transit intestinal. Pratiquer une activité physique régulière favorise le transit intestinal et contribue à prévenir la constipation. La marche, le vélo, la course à pied, la natation ou le yoga sont particulièrement adaptés. En période de crises, il peut être préférable de limiter temporairement les activités qui augmentent fortement la pression abdominale, comme le port de charges très lourdes.

Yoga et traitement hémorroïde

Quels sont les traitements médicaux et chirurgicaux ?

Lorsque la crème, les médicaments et les mesures hygiéno-diététiques ne suffisent plus à contrôler les symptômes, votre médecin ou votre proctologue peut vous proposer des interventions plus spécifiques.

Les prises en charge réalisées en cabinet

Pour les hémorroïdes internes persistantes ou récidivantes, plusieurs techniques peuvent être réalisées en consultation, sans anesthésie générale :

  • La ligature élastique : c’est aujourd'hui le traitement instrumental de référence. Elle consiste à placer un petit élastique à la base de l'hémorroïde afin d'interrompre sa circulation sanguine. Privé de son apport sanguin, le tissu se nécrose puis tombe spontanément quelques jours plus tard. Simple et rapide, cette technique permet de réduire les saignements et le prolapsus, avec un faible risque de complications [4].

  • La photocoagulation infrarouge : elle utilise une source de chaleur pour créer une petite cicatrice à la base de l'hémorroïde [4].Cette cicatrice limite l'afflux sanguin vers le plexus hémorroïdaire, ce qui entraîne progressivement sa rétraction. Moins efficace que la ligature élastique pour les formes avancées, cette technique peut néanmoins être proposée pour certaines hémorroïdes internes de faible grade.

Le traitement d'urgence de la thrombose hémorroïdaire

Lorsqu'un caillot sanguin se forme dans une hémorroïde externe, on parle de thrombose hémorroïdaire externe (formation d’un caillot de sang). Elle se manifeste par une douleur brutale et intense, parfois associée à une tuméfaction bleu violacé au niveau de l'anus.

Si la consultation intervient dans les premières 48 à 72 heures avec un aspect douloureux important, le médecin peut réaliser une petite incision ou une exérèse du caillot sous anesthésie locale.

Ce geste procure généralement un soulagement rapide et peut réduire le risque de récidive par rapport à une prise en charge uniquement médicale.

Lorsque les symptômes sont déjà en voie d'amélioration, les antalgiques, bains de siège et soins locaux au niveau de l’anus sont souvent privilégiés.

La chirurgie en dernier recours

La chirurgie est réservée aux formes sévères ou en cas d’échec des autres mesures [4].

La technique de référence est l’hémorroïdectomie. Elle consiste à retirer les hémorroïdes devenues très volumineuses ou douloureuses, tout en conservant de petites zones de peau et de muqueuse saine pour permettre une bonne cicatrisation. Elle est très efficace à long terme mais peut entraîner des douleurs postopératoires et une convalescence de plusieurs semaines.

D’autres options existent, comme l’hémorroïdopexie agrafée, dite aussi technique de Longo, qui repositionne les hémorroïdes internes sans les retirer [6]. Ou encore la ligature des artères hémorroïdaires sous contrôle Doppler, généralement moins douloureuse après l'intervention mais réservée à certaines indications en raison d'un risque de récidive plus élevé [4].

Le choix de la technique dépend du type d’hémorroïdes et est discuté avec le chirurgien.

Les traitements des hémorroïdes en résumé

Les hémorroïdes se soulagent le plus souvent avec des soins simples (médicaments antalgiques, froid, soins locaux, adaptation des habitudes). La prévention repose sur une alimentation riche en végétaux, une bonne hydratation et une activité physique régulière pour améliorer le transit intestinal. En cas de symptômes persistants ou compliqués, des traitements médicaux ou chirurgicaux peuvent être envisagés. Tout saignement anal doit toutefois faire l’objet d’un avis auprès d’un médecin ou d’un gastro-entérologue afin d’écarter toute autre maladie.

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de manifestations douloureuses importantes, de saignements répétés, de fièvre, ou si les hémorroïdes persistent malgré les mesures mises en place, consultez un professionnel de santé.

FAQ sur les traitements des hémorroïdes

Elle dépend de la gravité de la maladie hémorroïdaire. La crème comme la Titanoréine et les suppositoires en local, les antalgiques et les mesures hygiéno-diététiques sont souvent suffisants. Pour les formes persistantes, une ligature élastique ou une intervention chirurgicale peuvent être envisagées.

Elle dure généralement de quelques jours à une semaine. En cas de thrombose externe, la douleur est souvent plus intense pendant les 48 à 72 premières heures avant de diminuer progressivement.

Il est recommandé de consulter si les douleurs sont très importantes, si les manifestations désagréables persistent malgré les traitements, en cas de récidives fréquentes ou si des saignements apparaissent. Un examen médical permet de confirmer le diagnostic et d'écarter une autre pathologie.

Elles peuvent disparaître complètement après un soin adapté. En revanche, sans correction des facteurs favorisants, comme la constipation ou les efforts de poussée répétés, elles peuvent réapparaître.

Aucun aliment n'est directement responsable des hémorroïdes. Toutefois, les plats très épicés, l'alcool ou les repas gras peuvent aggraver l'inconfort chez certaines personnes. L'essentiel est de privilégier une alimentation variée et équilibrée ainsi qu’une bonne hydratation pour favoriser un transit régulier.

Références :
[5]

Alonso-Coello, P. et al. Laxatives for the treatment of hemorrhoids. Cochrane Database Syst Rev 2005, CD004649 (2005).

[6]

Watson A, Hudson J, Wood J et al., Comparaison de l’hémorroïdopexie agrafée avec la chirurgie excisionnelle traditionnelle pour la maladie des hémorroïdes (eTHoS) : un essai contrôlé pragmatique, multicentrique et randomisé

The Lancet, 2016 ; 388, 2375-2385

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