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Thrombose : causes, symptômes et traitements du caillot sanguin

Ce qu'il faut retenir
Une thrombose est la formation d'un caillot (thrombus) obstruant une veine ou une artère. La thrombose veineuse profonde (jambe gonflée) risque de provoquer une embolie pulmonaire (urgence vitale).
Thrombose : causes, symptômes et traitements du caillot sanguin
Mis à jour le 07/08/2026 - Temps de lecture 11 min

Le sang qui circule dans nos vaisseaux obéit à un équilibre constant entre fluidité et coagulation. Quand cet équilibre se rompt, un caillot peut se former là où il ne devrait pas exister, perturbant durablement la circulation. C’est ce qu’on appelle la thrombose veineuse.

Cette maladie cardiovasculaire touche chaque année des dizaines de milliers de personnes en France, avec des conséquences allant de la simple gêne à l'urgence vitale [1]. Cet article détaille les mécanismes de la thrombose, ses symptômes, ses causes et les traitements disponibles pour agir rapidement.

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Qu'est-ce qu'une thrombose ?

Une thrombose correspond à la formation anormale d'un caillot sanguin, appelé thrombus, à l'intérieur d'un vaisseau sanguin, qu'il s'agisse d'une veine ou d'une artère. Ce caillot peut ralentir ou interrompre la circulation sanguine locale.

Ce mécanisme se distingue de la coagulation physiologique, un réflexe utile déclenché uniquement pour stopper un saignement après une blessure [1].

Les médecins expliquent l'apparition d'un thrombus par trois mécanismes réunis sous le nom de triade de Virchow [2] :

  • La stase veineuse : un ralentissement du flux sanguin, souvent lié à une immobilisation prolongée [1].
  • La lésion endothéliale : une altération de la paroi interne du vaisseau après un traumatisme ou une chirurgie [1, 3].
  • L'hypercoagulabilité : une tendance du sang à coaguler trop facilement, d'origine génétique, hormonale ou tumorale [1, 4].

Quels sont les différents types de thromboses ?

Les thromboses sont classées en deux grandes catégories selon le type de vaisseau sanguin atteint : les thromboses veineuses et les thromboses artérielles. Les thromboses veineuses se développent le plus souvent dans les veines des membres inférieurs, tandis que les thromboses artérielles surviennent généralement sur une plaque d'athérosclérose fragilisée. Bien que toutes deux résultent de la formation d'un caillot sanguin, leurs mécanismes, leurs conséquences et leur prise en charge diffèrent [1, 5].

La thrombose veineuse (phlébite superficielle et profonde)

Thrombose superficielle

Les thromboses veineuses surviennent lorsqu'un caillot sanguin se forme dans une veine, le plus souvent au niveau des membres inférieurs. Selon la localisation du caillot, on distingue deux formes principales :

  • La thrombose ou phlébite veineuse superficielle, qui touche une veine proche de la peau, souvent une varice. Elle provoque une veine dure, rouge et douloureuse, mais présente un faible risque de migration du caillot dans les poumons [1, 2].
  • La thrombose veineuse profonde (TVP), qui se forme dans une veine de plus gros calibre, nichée en profondeur, généralement au mollet ou à la cuisse. Elle est considérée comme la forme la plus grave, car le caillot peut se détacher et migrer vers les poumons [1].

La thrombose artérielle : l'urgence ischémique

La thrombose artérielle correspond à la formation d'un caillot sanguin dans une artère. Dans la majorité des cas, elle survient après la rupture ou l'érosion d'une plaque d'athérosclérose, ce qui entraîne l'activation des plaquettes et de la coagulation.

En obstruant brutalement l'artère, le thrombus prive les tissus situés en aval d'oxygène : on parle d'ischémie aiguë. Cette situation constitue une urgence médicale, car les cellules privées d'oxygène peuvent être rapidement détruites [5].

Les conséquences dépendent de l'artère concernée :

  • Artères coronaires : le caillot peut provoquer un infarctus du myocarde.
  • Artères cérébrales : il peut être responsable d'un AVC ischémique [5].
  • Artères des membres inférieurs : il peut entraîner une ischémie aiguë d'un membre [6].

Quels sont les symptômes d'une thrombose veineuse profonde ?

Contrairement à une simple sensation de jambes lourdes, une TVP provoque généralement des signes plus marqués : une jambe qui gonfle sans raison apparente, une sensation de chaleur et une douleur qui persiste au repos.

Ces manifestations touchent le plus souvent un seul membre inférieur, ce qui permet de comparer facilement avec le côté opposé pour repérer une anomalie.

La douleur reste le symptôme le plus fréquent. Elle se manifeste au mollet ou à la cuisse, sous la forme d'une crampe qui ne cède pas, même en position allongée.

Le gonflement (ou l'œdème) accompagne souvent cette douleur. La zone touchée peut devenir plus ferme au toucher, et l'asymétrie entre les deux jambes devient alors visible à l'œil nu.

La peau elle-même change d’aspect. Elle devient chaude, parfois luisante, avec une rougeur nette. Dans les formes les plus avancées, une teinte légèrement bleutée peut apparaître.

Thrombose profonde

Un signe clinique plus spécifique existe aussi : le signe de Homans. Il se traduit par une douleur qui apparaît lorsque le pied est fléchi vers le haut, en direction du tibia

Pris isolément, ces signes restent malheureusement peu fiables. Aucun n'est constant, et certaines personnes ne présentent qu'un seul de ces symptômes, voire aucun. Le caillot progresse alors silencieusement, et le diagnostic n'intervient parfois qu'au moment d'une complication [1, 7].

Quelles sont les causes et facteurs de risque de la thrombose ?

La formation d'un caillot résulte souvent de l'accumulation de facteurs (comportementaux, chirurgicaux, hormonaux, génétiques…) qui engendrent une mauvaise circulation sanguine.

Parmi les causes les plus fréquentes, on retrouve principalement :

  • L'immobilisation prolongée : un voyage en avion de plus de quatre heures, un alitement lors d'une hospitalisation ou le port d'un plâtre limitent l'activité de la pompe musculaire du mollet. Le retour du sang vers le cœur est alors moins efficace, ce qui favorise sa stagnation dans les veines [1].

  • La chirurgie et les traumatismes physiques : les interventions chirurgicales majeures, notamment les opérations orthopédiques de la hanche ou du genou, ainsi que les traumatismes importants, peuvent endommager les tissus et perturber l'équilibre de la coagulation. Ces situations favorisent la formation d'un thrombus en activant les mécanismes de coagulation [1, 3].

  • Le tabagisme et l'obésité : fragilisent le système vasculaire. Les toxines du tabac agressent la paroi interne des vaisseaux, tandis que l'excès de graisse viscérale entretient une inflammation favorable à la thrombose [8, 9].

  • Le statut hormonal : la grossesse et le post-partum modifient l'équilibre de la coagulation chez les femmes. Par ailleurs, certaines pilules œstroprogestatives augmentent l'activité de certains facteurs pro-coagulants [1, 10].

  • Le cancer et certaines anomalies génétiques : les tumeurs malignes libèrent des substances procoagulantes. De plus, certaines mutations génétiques augmentent le risque familial [3, 4].

Comment est diagnostiquée une thrombose ?

Le diagnostic d'une thrombose veineuse repose sur l'association d'une évaluation clinique et de deux examens complémentaires principaux : le dosage des D-dimères et l'écho-doppler veineux.

Les D-dimères correspondent à des fragments libérés lors de la dégradation de la fibrine, un constituant du caillot sanguin. Leur absence dans le sang permet généralement d'exclure une thrombose lorsque la probabilité clinique est faible ou modérée. À l'inverse, un taux élevé n'est pas suffisant pour poser le diagnostic, car il peut également être observé dans d'autres situations, comme une inflammation ou une infection.

L'écho-doppler constitue l'examen clé pour confirmer le diagnostic. Grâce aux ultrasons, il permet d'observer la circulation sanguine dans les veines et d'identifier la présence éventuelle d'un thrombus. Le médecin généraliste peut réaliser la première évaluation et orienter le patient, tandis que le diagnostic spécialisé est généralement assuré par un angiologue [1].

Quels sont les traitements de la thrombose veineuse ?

Les anticoagulants constituent la pierre angulaire du traitement. Contrairement à une idée reçue, ils n'éliminent pas le caillot déjà formé : leur rôle consiste à empêcher son extension et à bloquer tout risque de migration, le temps que l'organisme le résorbe naturellement.

Une héparine de bas poids moléculaire est administrée en premier, le plus souvent par injection, avant d'être relayée par un anticoagulant oral pendant une durée de 3 à 6 mois selon les situations [1, 7].

Les bas de contention accompagnent parfois ce traitement. Ces dispositifs exercent une pression dégressive sur la jambe qui facilite le retour veineux et limite l'œdème. Leur prescription n'est toutefois plus automatique : elle dépend désormais des signes présents et du contexte clinique de chaque personne [11].

Le saviez-vous ?
Une fois le traitement anticoagulant instauré, un alitement strict n'est généralement pas nécessaire. La reprise progressive de la marche peut être encouragée par le médecin chez les personnes présentant une thrombose veineuse profonde.

Dans certaines situations spécifiques, notamment lorsque les anticoagulants ne peuvent pas être utilisés en raison d'un risque hémorragique important ou d'une contre-indication, une autre stratégie peut être envisagée : le filtre de veine cave.

Ce petit dispositif métallique est placé dans la veine cave inférieure afin de retenir les caillots susceptibles de migrer vers les poumons et de provoquer une embolie pulmonaire. Il ne traite pas directement la thrombose, mais vise à prévenir cette complication grave lorsque le traitement anticoagulant n'est pas possible [12].

Dans les situations les plus sévères, notamment lorsque la thrombose entraîne un risque vital, des traitements visant à désobstruer rapidement le vaisseau peuvent être nécessaires. Une thrombolyse peut alors être réalisée afin de dissoudre le caillot grâce à des médicaments spécifiques [1].

Combien de temps dure une thrombose ?

La durée d'une thrombose dépend de son origine et du vaisseau touché. Une thrombose artérielle et une TVP n'évoluent pas de la même manière :

  • Dans le cas d'une thrombose artérielle, le caillot se forme souvent sur une plaque d'athérosclérose rompue. L'obstruction peut alors être brutale et provoquer une urgence ischémique, comme un infarctus du myocarde, un AVC ischémique ou une ischémie aiguë d'un membre. La prise en charge doit alors être rapide pour rétablir la circulation sanguine [5, 6].
  • Pour une thrombose veineuse profonde, le caillot est progressivement résorbé par l'organisme sous l'effet du traitement anticoagulant, qui empêche son extension et limite le risque de migration. Les anticoagulants sont généralement prescrits pendant au moins trois mois, avec une durée adaptée au risque de récidive et à la cause de la thrombose [1, 7].

Dans certains cas, des symptômes peuvent persister davantage, entraînant notamment des douleurs, une sensation de lourdeur ou un gonflement du membre atteint. Il s'agit du syndrome post-thrombotique [13].

Quelle est la complication majeure de la thrombose veineuse ?

La complication majeure d'une TVP est l'embolie pulmonaire, une urgence médicale pouvant engager le pronostic vital.

Elle survient lorsqu'une partie du caillot formé dans une veine profonde, le plus souvent au niveau d'un membre inférieur, se détache et migre jusqu'aux artères pulmonaires en passant par la circulation veineuse et le cœur. Le thrombus peut alors obstruer une ou plusieurs artères pulmonaires et perturber la circulation sanguine vers les poumons [1, 14].

Les principaux signes qui doivent alerter sont :

  • Un essoufflement brutal ou une difficulté à respirer ;
  • Une douleur thoracique, souvent aggravée par la respiration ;
  • Une toux, parfois accompagnée de crachats sanglants ;
  • Un malaise, une accélération du rythme cardiaque (palpitations) ou une perte de connaissance dans les formes graves [14].

En cas d'apparition de ces symptômes, il est important d'appeler rapidement le 15 (SAMU) afin de bénéficier d'une prise en charge médicale urgente.

Zoom sur l’insuffisance veineuse

À plus long terme, une TVP peut aussi favoriser une insuffisance veineuse chronique.

Le caillot peut endommager les valves des veines, qui ne parviennent alors plus à assurer correctement le retour du sang vers le cœur. Cette mauvaise circulation peut entraîner un gonflement persistant de la jambe, des douleurs ou une sensation de lourdeur [13].

Peut-on prévenir la thrombose veineuse ?

La prévention de la thrombose veineuse repose avant tout sur le maintien d'une activité régulière et sur des mesures spécifiques dans les situations où le risque de formation d'un caillot augmente.

Quelques habitudes simples permettent de limiter la stagnation du sang dans les veines :

  • Rester actif lors des périodes prolongées en position assise : pendant un long trajet en avion, en train ou en voiture, il est recommandé de mobiliser régulièrement les jambes. Des mouvements de flexion et d'extension des pieds permettent de solliciter la pompe musculaire des mollets et de favoriser le retour veineux.
  • Faire des pauses pendant les longs déplacements : lorsque cela est possible, se lever et marcher quelques minutes à intervalles réguliers permet d'éviter une immobilisation prolongée des membres inférieurs.
  • Utiliser des bas de contention en cas de risque élevé : chez certaines personnes présentant des facteurs de risque de thrombose, les médecins peuvent proposer des bas adaptés lors des voyages prolongés. Ils exercent une pression progressive sur la jambe afin de limiter la stagnation du sang dans les veines [1].

La prévention des complications liées à la thrombose passe aussi par un usage adapté des traitements. Chez les personnes traitées par anticoagulants pour une thrombose veineuse, la prise d'aspirine ou d'anti-inflammatoires non stéroïdiens doit être encadrée par un professionnel de santé. Leur association avec les anticoagulants peut augmenter le risque de saignement. Toute automédication est donc déconseillée [15, 16].

La thrombose en résumé

La thrombose correspond à la formation anormale d'un caillot sanguin dans un vaisseau, pouvant perturber la circulation. Elle peut toucher les veines, comme dans la thrombose veineuse profonde, ou les artères, avec des conséquences différentes selon le territoire atteint.

La thrombose veineuse profonde est une situation à surveiller en raison du risque d'embolie pulmonaire, mais aussi de complications à plus long terme comme le syndrome post-thrombotique. Un diagnostic rapide et une prise en charge adaptée permettent de limiter ces risques. Les traitements anticoagulants occupent une place centrale : ils empêchent l'extension du caillot et la survenue de nouvelles complications, le temps que l'organisme l'élimine progressivement.

La prévention repose principalement sur la limitation des périodes prolongées d'immobilité, le maintien d'une activité régulière et l'identification des facteurs de risque. Certains contextes, comme les longs voyages, la chirurgie ou certaines situations hormonales, nécessitent une vigilance particulière afin d'adapter les mesures préventives.

Les informations mentionnées dans cet article sont fournies à titre indicatif uniquement et ne peuvent se substituer à l'avis d'un professionnel de santé.

FAQ sur la thrombose

Les principaux facteurs de risque sont l'immobilisation prolongée, certaines chirurgies, le tabagisme, l'obésité, la grossesse, le post-partum, certains traitements hormonaux, les cancers et certaines prédispositions génétiques.

La gravité dépend du type de thrombus et de sa localisation. Une thrombose veineuse superficielle est généralement moins préoccupante qu'une thrombose veineuse profonde, qui peut se compliquer d'une embolie pulmonaire.

Références :
[5]

Athérosclérose · Inserm, La science pour la santé. 2017 Inserm

[6]

Natarajan, B., Patel, P. & Mukherjee, A. Acute Lower Limb Ischemia—Etiology, Pathology, and Management. Int J Angiol 29, 168–174 (2020).

[7]

Deep venous thrombosis and pulmonary embolism. Part 2--Prevention of recurrences: warfarin or low-molecular-weight heparin for at least 3 months. Prescrire Int 22, 129–133 (2013).

[8]

Samad, F. & Ruf, W. Inflammation, obesity, and thrombosis. Blood 122, 3415–3422 (2013).

[9]

Klein, J., Diaba-Nuhoho, P., Giebe, S., Brunssen, C. & Morawietz, H. Regulation of endothelial function by cigarette smoke and next-generation tobacco and nicotine products. Pflugers Arch 475, 835–844 (2023).

[10]

Stegeman, B. H. et al. Different combined oral contraceptives and the risk of venous thrombosis: systematic review and network meta-analysis. BMJ 347, f5298 (2013).

[11]

La compression médicale en prévention de la thrombose veineuse - Fiche BUTS. Haute Autorité de Santé

[12]

DeYoung, E. & Minocha, J. Inferior Vena Cava Filters: Guidelines, Best Practice, and Expanding Indications. Semin Intervent Radiol 33, 65–70 (2016).

[13]

Guanella, R. Syndrome post-thrombotique : la complication négligée de la maladie thromboembolique veineuse. Rev Med Suisse 372, 321–325 (2013).

[14]

Vyas, V., Sankari, A. & Goyal, A. Acute Pulmonary Embolism. in StatPearls (StatPearls Publishing, Treasure Island (FL), 2026).

[15]

Ghule, P., Panic, J. & Malone, D. C. Risk of bleeding with concomitant use of oral anticoagulants and aspirin: A systematic review and meta-analysis. Am J Health Syst Pharm 81, 494–508 (2024).

[16]

Davidson, B. L. et al. Bleeding Risk of Patients With Acute Venous Thromboembolism Taking Nonsteroidal Anti-Inflammatory Drugs or Aspirin. JAMA Intern Med 174, 947 (2014).

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