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Quelle vitamine prendre quand on a toujours froid ?

Ce qu'il faut retenir
Aucune vitamine ne réchauffe directement le corps. Une frilosité persistante peut toutefois révéler un manque de fer, de vitamines B ou un problème thyroïdien.
Quelle vitamine prendre quand on a toujours froid ?
Mis à jour le 04/09/2026 - Temps de lecture 9 min

Vous avez souvent froid, même lorsque les autres sont à l’aise ? Cette sensation peut concerner les mains, les pieds ou tout le corps. Elle peut aussi s’accompagner de fatigue ou de pâleur.

Alors, quelle cure de vitamine envisager ou quel nutriment privilégier quand on a toujours froid ? La réponse dépend surtout de la cause de cette frilosité. Certaines carences nutritionnelles peuvent y contribuer, mais elles ne sont pas les seules explications.

Voici comment identifier les principaux facteurs et adapter votre alimentation.

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Existe-t-il vraiment une vitamine contre le froid ?

Non, aucune vitamine ne permet à elle seule de lutter contre la sensation de froid. La température corporelle résulte d’un équilibre complexe entre production et perte de chaleur.

Le cerveau, notamment l’hypothalamus, coordonne cette régulation. Le corps peut réduire le débit sanguin vers la peau, augmenter l’activité musculaire ou modifier sa dépense énergétique pour conserver sa chaleur [1].

Les vitamines et minéraux, eux, interviennent dans plusieurs réactions indispensables au métabolisme, mais ne constituent pas une source directe d’énergie thermique.

Une supplémentation peut donc être pertinente en cas de déficit identifié ou d’apports insuffisants. Elle ne remplace pas un régime adapté ni la prise en charge d’une éventuelle maladie.

Quelles sont les causes de la frilosité ?

Le fait d’avoir toujours froid peut être lié à des causes nutritionnelles, hormonales, vasculaires, métaboliques ou être lié au mode de vie. Une carence en fer figure parmi les pistes à rechercher, mais d’autres causes existent.

Le manque de fer

Lorsqu'un manque de fer s'installe, il peut évoluer en anémie ferriprive.

Concrètement, le sang transporte moins efficacement l’oxygène vers les tissus, ce qui entraîne fatigue, pâleur, essoufflement, vertiges, maux de tête et une sensation de froid, notamment au niveau des extrémités (mains et pied) [2, 3].

Ce déficit touche particulièrement les femmes ayant des règles abondantes, les femmes enceintes et certaines personnes ayant un régime pauvre en fer (notamment les végétariens) [2,4].

Ne prenez toutefois pas de fer sans raison. Un bilan biologique permet de statuer sur la nécessité d’une supplémentation.

Les déficits en vitamines B12 et B9

À l'instar du fer, une carence en vitamines B12 ou B9 peut entraîner une anémie et réduire l'oxygénation des tissus, générant ainsi cette fameuse sensation de froid [5, 6].

De plus, la vitamine B12 étant indispensable au fonctionnement normal du système nerveux, une carence prolongée risque de provoquer des troubles neurologiques (fourmillements, baisse de sensibilité) [7]. Ces désagréments touchent en priorité les extrémités, où la sensation de froid peut-être plus marquée.

Les personnes végétaliennes doivent particulièrement surveiller leurs apports en vitamine B12 car cette vitamine se trouve naturellement surtout dans les aliments d’origine animale. En cas de frilosité persistante, rechercher une éventuelle carence permet donc de ne pas passer à côté d’une cause nutritionnelle.

L’hypothyroïdie

Une thyroïde moins active peut expliquer une sensation de froid persistante.

Dans la mesure où les hormones thyroïdiennes participent au contrôle du métabolisme, l’hypothyroïdie se traduit souvent par une sensibilité accrue au froid, une grande fatigue, une prise de poids, une onstipation ou une peau sèche [8].

Bien que l’iode participe à la synthèse de ces hormones et qu'une carence sévère perturbe la thyroïde, se supplémenter en iode ne suffit pas à traiter une hypothyroïdie avérée. Un excès d'iode pourrait même aggraver la situation [9].

Les variations hormonales féminines

Les hormones sexuelles influencent la régulation thermique du corps.

En effet, la température fluctue au rythme du cycle menstruel : sous l'action de la progestérone, elle s'élève de 0,3 à 0,7 °C durant la phase lutéale (après l’ovulation) [10].

Les variations conjointes d’œstrogènes et de progestérone modifient également ponctuellement les réponses du corps aux changements de température (chaud ou froid) [10].

Si ces fluctuations hormonales expliquent des perceptions changeantes de la température au cours du mois, elles ne justifient pas une frilosité permanente.

La faible masse corporelle

Le tissu adipeux sous-cutané faisant participant à l’isolation thermique naturelle, une faible masse corporelle augmente la sensibilité au froid.

De même, une perte de poids importante peut réduire les réserves énergétiques disponibles de l'organisme. Face à des apports alimentaires insuffisants, le corps adapte sa dépense globale : la frilosité peut alors s’installer aux côtés de la fatigue, d'une baisse des performances ou de difficultés de récupération.

Le diabète

Diabète et vitamines quand on a toujours froid

Le diabète peut modifier la perception du froid et la circulation sanguine, notamment au niveau des pieds.

Effectivement, une hyperglycémie chronique peut progressivement endommager les petites fibres nerveuses et peut alors altérer la perception de la température, notamment du chaud et du froid [11].

Le diabète peut également favoriser l’artériopathie des membres inférieurs (un rétrécissement et une obstruction des artères qui apportent le sang aux jambes). En réduisant le flux sanguin vers les pieds, ceux-ci peuvent devenir plus froids et plus pâles [12].

Une sensation de froid associée à des fourmillements, une perte de sensibilité ou des douleurs méritent donc un avis médical.

La mauvaise circulation

Une mauvaise circulation sanguine peut surtout donner une sensation de froid aux mains et aux pieds.

Le phénomène de Raynaud en constitue un exemple fréquent. Les petits vaisseaux des extrémités se contractent temporairement en réponse au froid ou au stress. Les doigts deviennent alors blancs, froids et parfois insensibles. Ils peuvent ensuite devenir bleus, puis rouges lorsque la circulation revient [13].

Le phénomène de Raynaud est généralement bénin. En revanche, des crises asymétriques, tardives, douloureuses ou associées à des lésions doivent être évaluées médicalement [13].

Le surmenage et la fatigue

Le manque de sommeil et la fatigue peuvent modifier les réponses de l’organisme au froid.

Des données scientifiques suggèrent effectivement que la privation de sommeil peut perturber certains mécanismes de thermorégulation lors d’une exposition à des températures extrêmes, notamment au froid. Les données restent toutefois limitées, et le lien avec une sensation chronique de froid reste à préciser [14].

Le stress chronique, via l'activation du système nerveux sympathique, peut également influencer la thermorégulation [15].

Une fatigue persistante associée à une frilosité mérite donc une recherche de cause plutôt qu’une supplémentation systématique.

La déshydratation

Bien qu'elle n'explique pas à elle seule une frilosité chronique, une hydratation insuffisante peut réduire la capacité de l’organisme à maintenir son équilibre thermique lors d’une exposition à la chaleur ou à l'effort [16].

En cas de frilosité permanente, il convient toutefois de chercher des facteurs plus profonds.

Le vieillissement

Avec l’âge, les mécanismes de perception et de régulation thermique évoluent. La sensibilité aux variations de température peut notamment diminuer, tandis que certains mécanismes de thermorégulation deviennent moins efficaces [17].

Les personnes âgées sont ainsi plus vulnérables aux variations importantes de température.

Certains médicaments

Certains traitements peuvent modifier la régulation thermique ou la circulation périphérique.

Les bêta-bloquants, par exemple, peuvent être associés à des extrémités froides chez certaines personnes. D’autres médicaments peuvent également modifier la thermorégulation [18].

Si cette sensation apparaît après l’introduction d’un traitement, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien. N’arrêtez jamais un traitement de votre propre initiative.

Que peut changer votre alimentation contre la sensation de froid ?

Le contenu de votre assiette participe aussi au maintien de votre température corporelle. Votre organisme a besoin d’énergie pour assurer la thermogenèse et maintenir sa température interne.

manger quand on a froid

Lorsque les apports énergétiques deviennent insuffisants, notamment en cas de restriction alimentaire importante, certaines adaptations métaboliques permettent de limiter les dépenses énergétiques. Cette faible disponibilité énergétique peut donc s’accompagner d’une sensibilité accrue au froid, en particulier lorsqu’elle devient chronique [19].

L’effet thermique des protéines

Lorsque vous avez froid, votre organisme augmente sa production de chaleur pour maintenir sa température interne. L’alimentation participe à cette production de chaleur, notamment grâce à la thermogenèse alimentaire [20].

Les protéines ont justement l’effet thermique le plus élevé parmi les macronutriments. Leur digestion, leur absorption et leur métabolisme nécessitent davantage d’énergie que ceux des glucides et des lipides.

Cette dépense énergétique s’accompagne d’une production temporaire de chaleur. Cela ne signifie pas qu’un repas riche en protéines suffit à lutter contre la frilosité, mais un apport protéique suffisant participe au fonctionnement normal du métabolisme énergétique.

Le saviez-vous ?
La thermogenèse alimentaire varie selon les macronutriments. Les protéines demandent davantage d’énergie à l’organisme pour être digérées et métabolisées que les glucides et les lipides [20].

L’importance des lipides et de la densité énergétique

L'apport énergétique global joue un rôle direct dans le maintien de la température corporelle. À ce titre, les lipides constituent des alliés précieux : ils apportent une densité énergétique élevée dans un faible volume alimentaire, tout en entrant dans la structure même des membranes cellulaires.

Pour soutenir votre métabolisme sans alourdir votre digestion, privilégiez les sources de graisses de qualité : huiles de colza et d’olive, fruits à coque (noix, amandes, noisettes), graines, poissons gras ou encore œufs.

L’objectif n’est évidemment pas de manger excessivement gras pour vous réchauffer, mais plutôt d’éviter une alimentation inutilement restrictive qui priverait votre corps du carburant nécessaire à sa thermorégulation.

Les compléments pour soutenir les apports nutritionnels

Les compléments alimentaires type vitamines peuvent être intéressants lorsque l’alimentation ne couvre pas correctement certains besoins. Ils ne sont cependant pas un traitement de la frilosité, ils soutiennent seulement les fonctions physiologiques normales.

Un complexe multivitamines peut par exemple contribuer aux apports en vitamines et minéraux suivant :

  • L’iode pour soutenir la production normale des hormones thyroïdiennes et une fonction thyroïdienne normale [9].
  • La vitamine B6 pour contribuer au métabolisme énergétique normal et à la régulation de l’activité hormonale [21].
  • La vitamine B9 et B12 pour prévenir les carences.
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Le fer peut également être intéressant en cas de carence puisqu’il contribue au transport normal de l’oxygène et participe au métabolisme énergétique normal [2].

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En cas de manque de fer, de B12, de B9 ou d’iode, identifiez d’abord la cause du déficit avec votre professionnel de santé. Une supplémentation inadaptée peut être inutile, voire problématique avec certains nutriments [22].

Les vitamines contre le froid en résumé

Aucune vitamine ne constitue un véritable “anti-froid”. Toutefois, certains nutriments jouent un rôle essentiel dans les fonctions impliquées dans la production d’énergie et le fonctionnement de l’organisme.

Le fer contribue notamment au transport normal de l’oxygène et au métabolisme énergétique, tandis que les vitamines B9 et B12 participent à la formation normale des cellules sanguines. De son côté, l’iode contribue à la production normale des hormones thyroïdiennes et à une fonction thyroïdienne normale. La vitamine B6 contribue quant à elle au métabolisme énergétique normal et à la régulation de l’activité hormonale [2,5,6,9,21].

En cas d’apports insuffisants, corriger le déficit peut donc contribuer au fonctionnement normal de l’organisme. Mais si vous avez toujours froid, une supplémentation ne doit pas être automatique : il faut avant tout rechercher la cause de cette frilosité persistante.

Les informations de cet article sont données à titre éducatif. Elles ne remplacent pas un avis médical. Consultez votre médecin ou votre pharmacien avant toute décision de santé.

FAQ sur la vitamine à prendre quand on a toujours froid

Une carence en fer, notamment lorsqu’elle entraîne une anémie, peut favoriser la fatigue et la sensation de froid. Les déficits en vitamines B12 et B9 peuvent également provoquer une anémie.

Aucune vitamine ne lutte directement contre le froid. En cas de déficit, le fer, les vitamines B9 et B12, ainsi que l’iode contribuent toutefois au fonctionnement normal de l’organisme et peuvent aider à corriger les conséquences d’une carence.

La régulation de la température corporelle repose principalement sur l’hypothalamus, une région du cerveau qui intègre les informations thermiques et coordonne les réponses permettant de maintenir la température corporelle.

Références :
[5]

Anses. Tout savoir sur la vitamine B9 (2024).

[6]

O'Leary, F. & Samman, S. Vitamin B12 in health and disease. Nutrients 2, 299–316 (2010).

[7]

Stabler, S. P. Vitamin B12 deficiency. N. Engl. J. Med. 368, 149–160 (2013).

[8]

NHS. Underactive thyroid (hypothyroidism) (2025).

[9]

Anses. Iode : pourquoi et comment en consommer ? (2022).

[10]

Baker, F. C. & Driver, H. S. Temperature regulation in women: Effects of the menstrual cycle. Temperature 7, 1–19 (2020).

[11]

Pop-Busui, R. et al. Diabetic neuropathy: a position statement by the American Diabetes Association. Diabetes Care 40, 136–154 (2017)

[12]

Eid, M. A. et al. Diabetes and peripheral artery disease: A review. World J. Diabetes 12, 1625–1641 (2021).

[13]

Herrick, A. L. Raynaud’s phenomenon. J. Scleroderma Relat. Disord. 7, 2–10 (2019)

[14]

Keramidas, M. E. & Botonis, P. G. Short-term sleep deprivation and human thermoregulatory function during thermal challenges. Exp. Physiol. 106, 1139–1148 (2021).

[15]

Nakamura, K. & Morrison, S. F. Central sympathetic network for thermoregulatory responses to psychological stress. Auton. Neurosci. 237, 102918 (2022).

[16]

Kenefick, R. W. & Cheuvront, S. N. Physiological adjustments to hypohydration: Impact on thermoregulation. Auton. Neurosci. 196, 47–51 (2016).

[17]

Stachenfeld, N. S. Acute effects of ovarian hormones on body fluid balance. Curr. Opin. Endocrinol. Diabetes Obes. 17, 478–483 (2010)

[18]

Khouri, C. et al. Peripheral vasoconstriction induced by β-adrenoceptor blockers: a systematic review and network meta-analysis. Br. J. Clin. Pharmacol. 82, 549–560 (2016).

[19]

McInnis, K., Haman, F. & Doucet, É. Humans in the cold: Regulating energy balance. Obes. Rev. 21, e12978 (2019).

[20]

Quatela, A., Callister, R., Patterson, A. J. & MacDonald-Wicks, L. K. The energy content and composition of meals consumed after an overnight fast and their effects on diet induced thermogenesis: a systematic review, meta-analyses and meta-regressions. Nutrients 8, 670 (2016).

[21]

EFSA. Dietary reference values for vitamin B6 (2016).

[22]

Anses. Les compléments alimentaires, nécessité d’une consommation éclairée (2025).

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