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Dyspepsie : comprendre les troubles digestifs et soulager l'inconfort

Ce qu'il faut retenir
La dyspepsie fonctionnelle est un phénomène courant avec des symptômes digestifs hauts. Elle se traite avec des solutions naturelles : alimentation adaptée, gestion du stress, soutien digestif ciblé.
Dyspepsie : comprendre les troubles digestifs et soulager l'inconfort
Publié le 03/09/2025 - Temps de lecture 9 min

La dyspepsie, aussi appelée syndrome dyspeptique, est un trouble digestif très courant qui correspond à un ensemble de troubles digestifs hauts. Elle donne une sensation de lourdeur, des ballonnements, des douleurs ou parfois même des brûlures après les repas. Même si les symptômes de la dyspepsie sont bien souvent bénins, ils impactent la qualité de vie au quotidien. En comprenant l’origine de cette pathologie, vous pourrez donc adapter votre hygiène de vie, votre alimentation et votre gestion du stress afin de retrouver du confort.

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Qu'est-ce que la dyspepsie exactement ?

La dyspepsie désigne un ensemble de symptômes digestifs localisés dans la partie haute de l'abdomen, entre le sternum et l’ombilic. Elle survient le plus souvent après les repas. Comme beaucoup de personnes, vous parlez probablement de cette condition en disant que vous avez une mauvaise digestion. Vous avez d’ailleurs raison puisque le terme dyspepsie vient du grec et se découpe comme suit : « dys » (mauvais) et « pepsis » (digestion).

Dyspepsie fonctionnelle vs dyspepsie organique

  • La dyspepsie fonctionnelle est la forme de dyspepsie la plus courante. Elle présente des symptômes classiques de dyspepsie, mais sans lésion identifiable lors des examens médicaux. Autrement dit, votre système digestif fonctionne de manière altérée, mais sans cause organique décelable.
  • La dyspepsie organique, au contraire, trouve sa cause dans une pathologie. Elle peut provenir d’un ulcère gastroduodénal, d’un reflux gastro-œsophagien, d’une infection à Helicobacter pylori ou encore d’une inflammation de la muqueuse gastrique. Cette distinction entre les deux formes de dyspepsie est importante car elle va permettre d’orienter votre prise en charge thérapeutique.

Dans une étude référencée dans PubMed (2006), il est expliqué que la dyspepsie fonctionnelle implique souvent une hypersensibilité viscérale et des troubles de la motricité gastrique. Cette dyspepsie est donc plus facilement soulagée avec des approches naturelles axées sur la régulation du système nerveux digestif. [1]

Quels sont les symptômes typiques de la dyspepsie ?

La dyspepsie se manifeste par des sensations digestives inconfortables, variables d'une personne à l'autre. Ces symptômes arrivent généralement dans les heures qui suivent les repas et ils peuvent persister plusieurs heures.

Symptômes digestifs les plus fréquents

Les douleurs ou brûlures épigastriques sont le symptôme principal de la dyspepsie. Cette sensation peut vous donner l’impression d’avoir une sorte de boule ou de barre au niveau de l'estomac. Beaucoup de patients décrivent cette douleur comme une sensation de brûlure interne plutôt qu’une crampe. Selon les critères Rome IV, ce signe doit être présent au moins une fois par semaine pour entrer dans le diagnostic de dyspepsie fonctionnelle.

Quant aux ballonnements et sensations de lourdeur post-prandiale, elles concernent également la plupart des patients comme le démontre cette étude référencée dans PubMed (2021). [2]

L'estomac semble gonflé et la digestion ralentie, ce qui est assez inconfortable après les repas.

La satiété précoce est également évocatrice en donnant une sensation de trop-plein dès le début du repas. Elle oblige à réduire les portions alimentaires. Ce symptôme touche surtout les personnes qui souffrent de troubles de la vidange gastrique.

Viennent enfin les nausées et la digestion lente, avec parfois des remontées acides ou un goût désagréable dans la bouche.

Le saviez-vous ?
La dyspepsie peut s'accompagner de symptômes extra-digestifs comme des maux de tête, de la fatigue ou des troubles du sommeil. Ces symptômes démontrent la connexion existante entre le système digestif et le système nerveux.

Cette distinction entre les 2 est essentielle, mais savez-vous pourquoi ? La dyspepsie organique nécessite une attention spécifique (traitement ciblé, éventuellement endoscopie systématique). En revanche, la dyspepsie fonctionnelle, bien que plus fréquente, est gérée via des stratégies complémentaires (modifications du mode de vie, médicaments, prise en charge du stress, etc.). [1][2][4]

Quand les symptômes doivent alerter ?

Vous devriez consulter un médecin rapidement si vous présentez les symptômes suivants :

  • Amaigrissement involontaire supérieur à 5% de votre poids corporel ;
  • Vomissements répétés ou présence de sang dans les vomissements ;
  • Douleurs nocturnes persistantes qui vous réveillent ;
  • Anémie ou fatigue inexpliquée (peuvent signaler un saignement digestif) ;
  • Dysphagie (difficulté à avaler) ou douleurs à la déglutition.

Dyspepsie : reflux ou estomac ? Comment faire la différence ?

Les douleurs après les repas ne viennent pas toujours du reflux acide. Entre dyspepsie et reflux gastro-œsophagien, les symptômes peuvent se ressembler, mais les mécanismes sont différents. Voici un tableau simple pour y voir clair.

Syndrome dyspeptique

Reflux gastro-œsophagien (RGO)

Douleur ou brûlure au niveau de l’estomac (épigastre)

Brûlure derrière le sternum, qui peut remonter

Lourdeur, ballonnements, satiété rapide

Remontées acides, régurgitations

Apparaît surtout après les repas

Aggravé allongé ou penché en avant

Souvent lié à une digestion lente et au stress

Lié aux remontées acides

Peu influencé par la position

Très influencé par la position

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Quelles sont les causes possibles de la dyspepsie ?

La dyspepsie provient souvent d'une association de facteurs digestifs, alimentaires et nerveux. En comprenant ces mécanismes, vous pourrez donc plus facilement adapter la prise en charge et vous soulager.

Causes digestives et physiologiques

L'hypersensibilité gastrique est un mécanisme à la base de la dyspepsie fonctionnelle. Cela signifie que l'estomac réagit de manière excessive à des stimuli normaux comme la distension alimentaire ou la sécrétion acide.

La vidange gastrique ralentie affecte également généralement la plupart des patients dyspeptiques. Les aliments stagnent plus longtemps dans l'estomac, ce qui crée des ballonnements et des lourdeurs. Une étude référencée dans PubMed (2021) confirme cette altération de la motricité gastrique. [3]

Quant au reflux gastro-œsophagien, il peut aussi s'associer à la dyspepsie, en donnant des remontées acides et des brûlures épigastriques.

Plus rarement, mais également possible : l'infection à Helicobacter pylori. Cette bactérie peut provoquer une inflammation chronique de votre muqueuse gastrique.

Facteurs alimentaires et mode de vie

Prendre des repas trop copieux ou trop rapides peut perturber la phase céphalique de votre digestion. Manger dans le stress est également mauvais, car cela empêche la sécrétion optimale d'enzymes digestives et ralentit votre vidange gastrique.

De la même manière si vous consommez trop de graisses, d'alcool ou de café, cela peut déclencher les symptômes de la dyspepsie ou l’aggraver. Pourquoi ? Tout simplement car les graisses ralentissent la vidange gastrique et l'alcool et la caféine augmentent la sécrétion acide.

Le stress chronique et la tension nerveuse jouent un rôle important dans l’apparition et l’aggravation de la dyspepsie fonctionnelle. En effet, le système nerveux entérique, qu’on appelle également le deuxième cerveau, réagit directement aux émotions et au stress psychologique.

Les observations cliniques, appuyées par plusieurs études, démontrent aussi que les troubles du sommeil et les rythmes irréguliers perturbent l'horloge digestive, ce qui peut déclencher l'apparition de symptômes dyspeptiques. [4]

Comment diagnostiquer une dyspepsie?

Le diagnostic repose avant tout sur l'analyse de vos symptômes et l'exclusion de pathologies sous-jacentes. Le médecin va d'abord réaliser un interrogatoire clinique approfondi pour en savoir plus.

Bilan médical et examens possibles

L'interrogatoire clinique est la première étape de la consultation médicale. Il consiste à mettre en évidence la chronologie des symptômes, leur relation avec les repas, les facteurs déclenchants et l'impact sur votre qualité de vie.

Des tests de dépistage d'Helicobacter pylori peuvent également vous être proposés : test respiratoire à l'urée, recherche d'antigènes dans les selles ou sérologie. Chez certaines personnes, traiter H. pylori avec des antibiotiques améliore les symptômes, d’où la stratégie ‘tester et traiter’ recommandée.

L'endoscopie digestive haute n'est recommandée que si vous présentez des signes plus alarmants ou si vous avez plus de 60 ans avec des symptômes récents (cela peut être avant selon le contexte clinique). Elle permet de visualiser directement votre muqueuse gastrique et d'exclure une pathologie organique.

Dans la grande majorité des cas, il n’est pas nécessaire de faire d’autres examens pour diagnostiquer une dyspepsie fonctionnelle. Le tableau clinique peut suffire.

Quelles solutions pour soulager la dyspepsie au quotidien ?

Le traitement de la dyspepsie consiste à réduire l'inconfort digestif et à améliorer la tolérance des repas. Il repose sur des mesures combinées d’ajustements alimentaires, de gestion du stress et de soutien digestif naturel.

Ajustements alimentaires simples à faire en cas de dyspepsie

  • Fractionnez vos repas en 4 à 5 prises quotidiennes pour diminuer la charge digestive. En consommant de plus petites portions, vous aiderez votre vidange gastrique et diminuerez vos sensations de lourdeur.
  • Mangez lentement et dans le calme pour optimiser la phase céphalique de votre digestion. Prenez environ 20 à 30 minutes pour manger et concentrez-vous sur la mastication des aliments.
  • Limitez les aliments irritants comme : les graisses cuites et les fritures, les épices fortes et les agrumes, les boissons gazeuses et l'alcool.
  • Limitez fortement votre consommation de café.
  • Privilégiez les cuissons douces (vapeur, papillote) pour conserver la digestibilité des aliments et limiter l'irritation gastrique.

Gestion du stress et du système nerveux

Puisque le stress est impliqué, apprenez également à gérer ce dernier.

  • Vous pouvez agir directement sur votre nerf vague en réalisant des techniques de respiration et de relaxation. Le nerf vague est le régulateur principal de votre digestion. Par exemple, faites 5 minutes de cohérence cardiaque avant les repas.
  • Maintenez un rythme de repas régulier pour synchroniser votre horloge digestive. Manger aux mêmes heures chaque jour optimise la sécrétion d'enzymes digestives.
  • Essayez d’avoir un sommeil de qualité (7 à 8 heures). Un sommeil insuffisant peut aggraver la perception des symptômes et la qualité de vie : c’est un levier souvent sous-estimé. La littérature médicale le confirme (2022) : les troubles du sommeil aggravent la dyspepsie fonctionnelle. [5]

Compléments alimentaires : quand peuvent-ils aider ?

Comme beaucoup de personnes, vous vous demandez probablement si les compléments alimentaires sont une solution à la dyspepsie. Effectivement, le fait de soutenir la digestion naturellement peut être une bonne approche avec une alimentation et une hygiène de vie adaptées. Certains actifs naturels ont d’ailleurs démontré leur intérêt dans la dyspepsie fonctionnelle.

Les enzymes digestives facilitent la dégradation des macronutriments, particulièrement utiles en cas de digestion lente. Une supplémentation ciblée peut donc réduire les ballonnements et les lourdeurs post-prandiales, selon l’origine de la dyspepsie.

Vous avez également les plantes amères comme l'artichaut ou le radis noir qui stimulent naturellement la sécrétion biliaire et pancréatique. Ces actifs sont intéressants pour soulager l’inconfort de la dyspepsie.

Les probiotiques spécifiques peuvent aussi moduler l'axe intestin-cerveau et réduire l'hypersensibilité viscérale. Selon une étude publiée dans PubMed (2023), certaines souches probiotiques montrent des résultats encourageants. [6]


Important :
Les compléments alimentaires s'utilisent toujours en complément d'une approche globale : modifications alimentaires et bonne gestion du stress.

Dyspepsie : combien de temps ça dure ?

La durée peut varier selon la cause sous-jacente. Une dyspepsie fonctionnelle peut, par exemple, évoluer par phases, avec des périodes d'amélioration et de récidive. Elle pourra même devenir chronique si elle n’est pas prise en charge correctement.

Rassurez-vous toutefois, si vous la traitez bien, vous devriez voir une amélioration notable entre 4 à 8 semaines.

Conclusion

La dyspepsie est un trouble digestif fréquent, qui touche près d’une personne sur cinq. La plupart du temps, elle est de nature fonctionnelle. Les symptômes sont inconfortables mais généralement bénins. Ils nécessitent rarement de faire des examens complémentaires approfondis.

La bonne approche pour traiter une dyspepsie ? Combinez des méthodes pour soutenir la digestion, gérer le stress et bien s’alimenter. C’est le meilleur moyen de retrouver un confort digestif durable. Les ajustements alimentaires, la gestion du stress et un soutien digestif naturel ciblé apportent souvent une amélioration significative des symptômes.

Ce contenu est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de symptômes persistants ou inhabituels, consultez un professionnel de santé.

FAQ sur la dyspepsie

Le syndrome dyspeptique se manifeste par des douleurs et ballonnements dans la partie haute de l'abdomen, alors que le reflux provoque des remontées acides et brûlures remontant vers la gorge. Nota bene : il est possible de combiner les deux.

Oui, le stress chronique est un facteur de dyspepsie fonctionnelle. Il perturbe la digestion, car en situation de stress, votre corps va privilégier les fonctions de survie au détriment de la digestion.

La dyspepsie fonctionnelle est considérée comme bénigne, même si elle peut effectivement altérer la qualité de vie du patient. Elle n’évolue pas vers des maladies graves et ne provoque pas de lésions digestives.

Certains aliments sont mieux tolérés par les personnes dyspeptiques :


  • Les légumes bien cuits (courgette, carotte, haricot vert, potiron) ;
  • Les féculents simples et digestes (riz blanc, pommes de terre, quinoa) ;
  • Les protéines maigres (poisson blanc, œufs, volaille) ;
  • Les compotes et fruits cuits ;
  • Les huiles végétales crues en petite quantité (huile d’olive, colza).
Références :
[1]

John Keohane et al. Functional dyspepsia: the role of visceral hypersensitivity in its pathogenesis.2006. PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16718751/

[2]

Kimberly N Harer et al. Functional Dyspepsia: A Review of the Symptoms, Evaluation, and Treatment Options. 2021. PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34035704/

[3]

Tadayuki Oshima. Functional Dyspepsia: Current Understanding and Future Perspective. 2024. PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37598673/

[4]

Alvin Billey.The Bidirectional Relationship Between Sleep Disturbance and Functional Dyspepsia: A Systematic Review to Understand Mechanisms and Implications on Management.2024. PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39229406/

[5]

Fabien Wuestenberghs. Sleep Quality and Insomnia Are Associated With Quality of Life in Functional Dyspepsia.2022. PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35210990/

[6]

Georgios Tziatzios et al. Probiotics in Functional Dyspepsia.2023. PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36838317/

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