Quand lever le bras devient un supplice, que la douleur vous réveille la nuit et vous empêche de dormir sur l’épaule, il y a fort à parier qu’une tendinopathie soit en cause. Plusieurs tendons dans l’épaule peuvent être impliqués : le tendon supra-épineux, infra-épineux, subscapulaires. Gestes répétitifs, surmenage, faux mouvement, les causes d’une tendinite sont multiples. Découvrez tout ce qu’il faut savoir dans ce guide : symptômes, causes, prise en charge, kinésithérapie, rééducation et récupération.
Qu’est-ce que la tendinite de l’épaule ?
Définition rapide et tendons concernés
La tendinite de l'épaule n’est autre qu’une inflammation des tendons qui forment la coiffe des rotateurs. Comme pour la plupart des tendinopathies, elle est souvent liée à des micro-traumatismes répétés ou à la sollicitation excessive des fibres tendineuses. Le tendon se modifie sous l’effet d’une surcharge ou de gestes répétés, ce qui le rend douloureux et moins fonctionnel.
Le souci avec cette zone précise est que lorsque vos tendons de la coiffe des rotateurs s’enflamment, tout l’équilibre biomécanique de l’épaule se trouve perturbé.
Quatres types de tendons de la coiffe des rotateurs sont souvent en cause :
- Le supra-épineux : c’est celui qui vous permet de lever les bras ;
- Le du long biceps : il sert à la flexion de votre avant-bras ;
- Le sous-scapulaire : c’est celui sans lequel vous ne pourriez effectuer de rotation interne du bras.
- Le infra-épineux: lui, sert à la rotation externe.
Quand l’un d’eux s’irrite, il s’épaissit, devient douloureux, perd en souplesse et là, attraper un objet ou enfiler un manteau devient tout de suite beaucoup moins anodin.
Tendinite aiguë ou chronique : quelles différences ?
Selon que vous souffriez d’une tendinite aiguë ou chronique, le traitement proposé ne sera pas le même. Il est donc important de bien faire la distinction entre les deux.
- La tendinite aiguë dure depuis moins de 6 semaines et apparaît soudainement. Elle est douloureuse avec des signes d’inflammation marquée. Elle répond aux traitements donnés.
- La tendinite chronique, elle, est installée depuis plus de 3 mois avec une douleur sourde et persistante. Elle entraîne des modifications structurelles du tendon et de ce fait, nécessite des soins plus complets.
Les causes et facteurs de risque
Dans la grande majorité des cas, c’est l’accumulation de petits traumatismes qui finit par irriter le tendon, jour après jour, sans que vous ne vous en rendiez compte. En causes :
- Des gestes répétitifs (travail manuel, mouvements au-dessus de la tête) ;
- La pratique sportive (natation, tennis, musculation) ;
- Le surmenage ou un mouvement inadapté ;
- L’âge (vieillissement) qui fragilise progressivement les tendons ;
- Une mauvaise posture, notamment épaules enroulées ou dos voûté.
Mis bout à bout, ils créent un terrain idéal pour que votre tendon se surcharge progressivement, développe une tendinopathie et finisse par faire parler de lui à coups de douleurs bien senties.
Comment savoir si j’ai une tendinite à l’épaule ? Diagnostic et examens
Cet article s’appuie sur les connaissances scientifiques disponibles au moment de sa mise à jour. Elles peuvent évoluer. Ce contenu est informatif : il ne remplace pas l’avis, le diagnostic ou les recommandations d’un médecin ou d’un autre professionnel de santé.
Les symptômes courants
Cette pathologie ne se manifeste pas d’un coup de tonnerre, mais plutôt par une petite alerte, jusqu’à ce que la vie de tous les jours devienne franchement compliquée. Les signes les plus fréquents sont :
- Une douleur : elle est localisée sur la face externe de l'épaule et elle peut irradier vers le bras. Elle est d’autant plus forte lorsque vous faites certains mouvements.
- La raideur : il n’est pas rare de ressentir une amplitude articulaire limitée, une sensation d’épaule bloquée, et d’éprouver une certaine difficulté pour les activité quotidienne.
- Une perte de force : vous pouvez ressentir une vraie faiblesse quand vous levez le bras et avoir du mal à porter certains objets en étant obligé de compenser avec d’autres muscles.
- Des douleurs nocturnes qui réveillent ou empêchent de dormir.
Pris isolément, ces symptômes sont souvent banalisés. Mais lorsqu’ils s’installent, ils révèlent un tendon qui souffre. Et plus vous attendez, plus l’épaule compense mal, et plus la récupération peut être longue.
Quand consulter ?
Cette douleur fait partie de ces petits soucis qu’on espère voir passer tout seuls. Sauf qu’un tendon qui souffre se calme rarement de lui-même. Mieux arrêter de serrer les dents à temps et consulter si :
- La douleur dure plusieurs jours malgré le repos ;
- Elle vous empêche de dormir ;
- Vous avez du mal à lever le bras ou à effectuer vos actions quotidiennes ;
- La douleur augmente ;
- Après un faux mouvement ou une chute.
Plus le diagnostic est posé tôt, plus la prise en charge est simple et plus vous évitez l’installation d’une tendinite chronique, bien plus longue à récupérer.
Le rôle de l’échographie et de l’IRM
Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), l’imagerie n’est pas systématique en cas d’épaule douloureuse non traumatique. [1]
Le diagnostic repose d’abord sur l’examen clinique : il vise à analyser le contexte, à faire des tests de mobilité spécifiques et à palper des points douloureux. Il permet aussi d’évaluer la force musculaire du patient.
Elle visualise en temps réel les tendons de la coiffe des rotateurs et permet de détecter une inflammation, un épaississement, une fissure ou une rupture.
L’IRM, elle, sert aux cas les plus complexes pour confirmer une lésion étendue ou une atteinte profonde. Elle peut aussi être utilisée en amont d’une chirurgie. Elle analyse les tendons, muscles, os et l'articulation.
La prescription d’une échographie ou d’une IRM n’est envisagée qu’après réévaluation clinique, en cas d’évolution défavorable ou de doute de diagnostic.
Quels sont les traitements efficaces pour la tendinite de l’épaule ?
Les mesures de base (repos relatif, adaptation des gestes)
Avant de sortir l’artillerie lourde, commencez par ce qui marche le mieux : lever le pied. Pas question de bloquer complètement votre épaule, mais de lui offrir un repos relatif. Évitez les gestes qui tirent, qui coincent, ou qui vous arrachent une grimace.
Ensuite, revoyez votre quotidien :
- Correction de votre posture;
- Aménagement d’un poste de travail mal réglé ;
- Limitation des gestes contraignants ;
- Apprentissage de gestes plus économes pour l’épaule.
Bref, avant les médicaments et le kiné, donnez un peu de répit à votre épaule.
La kinésithérapie
La kinésithérapie est le traitement de référence. Une vaste revue scientifique internationale montre que la physiothérapie active par l’exercice est à la fois efficace, sûre et bien acceptée par les patients pour traiter les tendinopathies. [2]
L'intérêt des exercices de mobilité, de flexibilité et de proprioception, sont parfois plus bénéfiques que le renforcement isolé. Lorsque le renforcement est utilisé, les meilleurs résultats semblent obtenus avec une combinaison de travail concentrique et excentrique, plutôt qu’un seul type de contraction.
L’efficacité de la rééducation est aussi améliorée lorsqu’elle est associée à une autre modalité de traitement conservateur (comme une infiltration ou une technique d’électro-thérapie).
La prise en charge repose donc sur :
- Un bilan ostéo-articulaire initial ;
- Un programme de renforcement musculaire progressif ;
- Des exercices de mobilité et d’assouplissement ;
- Un travail de rééducation gestuelle et posturale.
Contrairement aux idées reçues, l’arrêt total de l’activité n’est pas recommandé. En cas de douleur, il est préférable de maintenir une activité physique adaptée, en évitant uniquement les mouvements douloureux. [3]
Les options médicales
Un traitement médical peut être proposé pour compléter la kinésithérapie, surtout si la douleur est intense :
- Les antalgiques(comme le paracétamol) sont utilisés en première intention pour soulager la douleur.
- Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent être prescrits sur de courtes durées (7 à 10 jours) en phase aiguë, mais ils soulagent sans réparer et nécessitent des précautions d’usage.
- Les infiltrations de corticoïdes peuvent parfois apporter un soulagement rapide, utile pour reprendre les exercices de rééducation. Leur efficacité est temporaire et leur répétition doit rester limitée pour éviter d’affaiblir les tissus.
- Les ondes de choc extracorporelles sont parfois proposées dans certaines formes de tendinopathies. Elles peuvent aider certains patients, mais leur efficacité varie selon les situations et elles ne remplacent pas un programme de rééducation.
Chirurgie : quand faut-il envisager l'intervention ?
L'intervention chirurgicale n’a lieu que dans certains cas rares comme :
- La rupture complète de la coiffe des rotateurs ;
- L’échec du traitement conservateur après 6 mois ;
- La présence de calcifications volumineuses et symptomatiques.
Dans ces cas précis, certaines interventions chirurgicales peuvent être proposées aux patients.
Le temps de récupération
Une tendinopathie est une maladie à évolution lente.
Le patient observe le plus souvent une amélioration entre 6 et 12 semaines, à condition de respecter les traitements de la tendinite, d’adapter ses gestes et de reprendre le mouvement de façon progressive.
Les formes récentes récupèrent plus rapidement, tandis que les tendinopathies chroniques, notamment liées à un surmenage professionnel ou sportif, prolongent la durée de récupération et le maintien des douleurs.
Les premières semaines de soins visent à réduire les douleurs et à restaurer la mobilité afin de faciliter le retour au mouvement chez le patient. Le renforcement musculaire agit de façon plus progressive dans la prise en charge de la tendinopathie, maladie à évolution souvent lente.
L’évolution peut être irrégulière, avec des phases de mieux et de recrudescence des douleurs. Ce qui compte pour le patient, ce n’est pas un jour isolé, mais la progression globale dans le temps.
Comment prévenir une tendinite de l’épaule ?
Le renforcement et la mobilité
Pour éviter qu’une tendinite ne pointe le bout de son nez, le secret, c’est une épaule musclée et mobile. Pas besoin de devenir haltérophile, quelques exercices réguliers pour la coiffe des rotateurs et la stabilisation de l’omoplate suffisent à garder le tendon en forme.
La gestion de la charge et du geste sportif
Le tendon n’aime pas les coups de folie, augmenter trop vite la charge, répéter un geste mal exécuté ou forcer malgré la douleur, sont des conditions idéales pour déclencher ou entretenir une tendinopathie. Progressez graduellement, variez les mouvements et corrigez votre technique. En sport, un bon échauffement vaut souvent une demi-rééducation.
L’hygiène de vie et les facteurs aggravants
Le sommeil insuffisant, le stress, le tabac ou une posture avachie devant l’ordinateur, tout cela fatigue vos tendons. Améliorer votre hygiène de vie, c’est aussi prendre soin de vos épaules, des pauses régulières, un poste de travail bien réglé, des épaules ouvertes.
L’alimentation comme facteur de soutien
L’alimentation ne guérit pas une tendinopathie, mais elle peut améliorer le terrain chez le patient, accompagne les autres traitements et contribue à limiter l’inflammation de fond, souvent impliquée dans les douleurs et la chronicisation de la maladie. Associée à une hydratation et à des protéines, elle favorise la réparation, la récupération et le retour progressif au mouvement, sans se substituer à la prise en charge médicale.
La tendinite de l’épaule en bref
Une tendinite de l’épaule se soigne, à condition d’agir tôt et dans le bon ordre.
Son traitement repose sur la prise de médicaments pour calmer l’inflammation en phase aiguë. L’infiltration peut être proposée si les douleurs sont résistantes aux traitements. En parallèle, il est important d’adapter vos activités et de rectifier votre posture. Il faudra également faire de la rééducation pour réparer les tendons abimés. L’intervention chirurgicale est rare.
Pour prévenir cette maladie, il faut surtout éviter de faire des gestes répétitifs et adapter son quotidien.
Méfiez-vous des gestes qui demandent de lever constamment les bras au-dessus de la tête. Souvent effectués de manière répétitive au travail ou au sport, ils peuvent mener tout droit à la tendinopathie et aussi à la tendinite au bras.
Non, mais il faut souvent changer de stratégie. Certains sports deviennent momentanément inadaptés, tandis que d’autres restent possibles.
Oui. Lorsqu’on s’habitue à vivre avec une douleur “supportable”, le tendon peut s’installer dans un état d’irritation prolongé, plus long à récupérer.
Indirectement, oui. Le stress favorise les tensions musculaires, perturbe le sommeil et ralentit la récupération des tissus.
C’est possible, surtout quand les facteurs sont posturaux, professionnels ou liés à un sport bilatéral. Mais le plus souvent, un côté reste plus symptomatique que l’autre.